NUMÉRO TROIS
La boîte dite aux bonbons , à double tiroir.
Çette boite, très-simple dans sa composition, est, sans contredit, une des plus ingénieuses pièces que l’on ait imaginées à l’usage de la physique amusante.
Il y en a de toutes grandeurs, mais voici la dimension la pins usitée : 26 centimètres de longueur, 14 de largeur et 9 de hauteur.
Le corps de la boite est ordinairement lait en planchettes de bois blanc de 10 millimètres d’épaisseur. On met autour de l'ouverture une moulure, pour l’orner, que l'on ceHe sur l’épaisseur du bois.
11 n’y a pas d’autre mécanisme à cette boite qu’un bout de ressort de pendule, plié en crochet par un bout. Ce ressort est cloué, par l’autre extrémité, dans une entaille faite an talus sous la boite, à quelques millimètres de son extrémité de derrière.
En poussant ce ressort par-desso>is avec le doigt, le crochet formé au bout entre dans une petite rainure faite transversalement dans la planche.
.Ce crochet sert pour arrêter une des parties du double tiroir dont nous allons parler.
Quand la boite est faite, on la .plaque et on colle dessous un, morceau d’étoffe, qui , semble être mis en vue de propreté, m^isbiep pour masquer le ressort.
C’est dans le tiroir que consiste tout le mystère* II* emplit toute la capacité de la boite, et, comme nous le disions, il est double.
TOURS DE SALON
On doit le faire en planchettes très-minces , de chêne, parce que ce bois est moins .sujet à se tourmenter que les autres.
La première partie, celle dans laquelle l’autre doit entrer, est faite comme les tiroirs ordinaires, à l’exception qu’il n’y a point de planche sur le derrière. Ce vide est réservé pour donner entrée à la seconde partie du tiroir.
Les deux côtés de cette première partie sont assemblés à queue d’aronde ou à pointes dans des feuillures faites à chaque bout de la planche qui forme le devant, laquelle planche porte environ 15 à 16 millimètres d'épaisseur. On met un bouton au milieu de ce devant, il sert à tirer le tiroir. Le fond de cette boîte entre dans des rainures faites à demi-bois dans les côtés ; et, sur l'épaisseur de ces côtés, comme sur le devant, on fixe de petites tringles plates, qui sont saillantes en dedans, de l’épaisseur des planchettes qui composent le second tiroir. L’extrémité de derrière de ces tringles est coupée à onglet, pour se joindre aux extrémités de la tringle de la planchette de derrière du tiroir intérieur, lesquelles extrémités sont aussi coupées à onglet.
Les côtés du tiroir intérieur sont cloués à pointes sur le fond, le devant et le derrière. Sous le fond de ce même tiroir, de chaque côté, à un centimètre des bords, est poussée tout du long une rainure à demi-bois de profondeur, dans laquelle entrent deux petits bouts de chevilles rondes qui passent au travers du fond de la première boite, tout au bout, sur le derrière.
Ces deux petits tourillons servent à diriger le mouvement du tiroir intérieur, et, surtout, à arrêter ce tiroir, afin qu'il ne se sépare pas de l’autre.
Comme tous les côtés sont saillants de quelques millimètres sous le fond de ce double tiroir, le ressort à. crochet de t la boite sert à arrêter le tiroir intérieur, par la saillie de la planche de derrière de ce même tiroir, quand on veut ne tirer que le tiroir extérieur.
On a, depuis peu, ajouté à ce tiroir un perfectionnement qui consiste à pouvoir mettre ce tiroir entre les mains de toutes les personnes, sans qu’on puisse détacher le second tiroir du premier. Voici le moyen :
On fait une entaille sur le devant du tiroir, dans laquelle on ajuste une petite planchette, au bout de laquelle ou a fixé une mince lame de fer pliée à son extrémité. Le bouton du tiroir entre à vis dans la planchette et peut se mouvoir un peu de haut en bas, parce qu’on a fait pour cela une ouverture au placage assez grande, et comme la partie de derrière du bouton est suffisamment large, elle fie laisse paraître rien de cette ouverture dans son léger mouvement. La lame de ter qui est au bout de la planchette placée dans l’entaille, et qui passe en dedans, est courbée de façon à ce que son crochet puisse entrer dans une petite fente faite sur l’épaisseur du bois de la planche de devant du tiroir intérieur. Par ce moyen, ce tiroir est retenu, en supposant que l’on ait appuyé sur le bouton pour faire descendre le crochet.
Quand on veut dégager le tiroir de dedans, on lève le bouton.
Pour que le crochet qui arrête le tiroir puisse se lever suffisamment, il faut faire une entaille sous la tringle placée sur le devant du tiroir.