ANTIDOTES
Vous prendrez, dans la saison, des feuilles de Millepertuis [Herhe-de-Saint-Jean^ Chasse- diable^ Trascalan^ Hyparc um perforatiim] avant qu’il ait jeté la fleur, autant que vous pourrez tenir dans vos deux mains ; mettez-les à infuser au soleil dans quatre livres d’buile d’olive, durant dix jours ; puis vous les exposerez sur le fourneau au bain-marie, dans de l’eau cbaude, et ensuite vous en exprimerez le suc à la presse et le mettrez dans un vaisseau ou bouteille ou bocal de verre fort ; et, quand le millepertuis sera fleuri et en graine, vous mettrez une poignée de cette semence et de ces fleurs dans ce bocal, et les ferez bouillir sur le feu, au bain-marie, l’espace d’une heure, puis vous y ajouterez trente scorpions, une vipère et une grenouille verte, dont vous ôterez les têtes et les pieds ; et, après les avoir fait bouillir encore un peu de • temps, vous y mettrez deux onces de cbacune des drogues suivantes, pilées ou bacbées : racine de Gentiane [Gentiaiia lutea] de Dictamnum blanc, [Origanum Dictamus ?] de la petite et grande Fortelle (?) ou sa racine, de la Tormentile [Tormentilla erecta], de la Hliubarbe [Rheum officinale ou rheum palmatum] du bol d’Arménie (1) préparé, de la bonne thériaque (2), et un peu d’émeraude pulvérisée. Vous exposerez tout cela au soleil durant les jours caniculaires, après avoir bien bouché le bocal,et enfin vous le mettrez en digestion durant trois mois dans du fumier chaud ; et après ce temps, vous passerez cette composition dans un tamis et la garderez précieusement, dans un vase d’étain ou de verre fort, pour vous en servir. L’usage est de s’en frotter autour du cœur, aux tempes, aux narines, aux flancs et au long de l’épine
(1) On appelait Bol (V Arménie ou Terre de Lernnos une ocre rouge qui s’extrayait, par le lavage, de certains sables très abondants en Arménie et dans l’île de Lernnos. On lui attribuait jadis des propriétés merveilleuses, et il entrait dans la composition de la thériaque, du diascordium. En France, on le préparait avec une argile des environs de Blois et de Saumur.
(2) V. la note, à l’art. RAGBL
dorsale, et vous éprouverez que c'est un antidote contre toutes sortes de venins. Il est bon aussi pour guérir les morsures des bêtes venimeuses. (Petit Albert),
XCX L'empoisonnement par la Jusquiame se traite par le suc de Pourpier [Portulaca oleracea] mêlé avec du vin cnit.
XCX Porter sur soi une pierre d'opale (J. -B. Porta),
XtXt La fiente de poule est l'antidote des champignons.