HALE DU VISAGE
Appliquer un emplâtre fait avec de la farine de Fèves [Fève-commune^ Fève- de-marais, Faba vulgaris, Faba major] grillées.
XCX Laver avec de la décoction de Lis [Augoeides, Chrynostates, Liliiim album].
Lotions de fleurs de Romarin [Encensier, Rose-marine, Herbe- aux- couronnes, Libanotis, Rosmarimis officinalis] bouillies dans du vin blanc.
XCX Pespinard et le porreau Florit le lys clair de la peau.
[Epinard, Spinacia oleracea — Poireau, Allium Porrum].
XCX Poui* éclaircir le teint, se baigner souvent et se laver avec quelques gouttes d'esprit-de-vin, avec du lait virginal(l), ou enfin avec les eaux distillées du Mouron [AnagaUde, Aiiagallis arvensis], d'Argentine (2) et de fleurs de Fève [V. cidessus]. (Le véritable Dragon Rouge),
XCX Vous prendrez deux pintes d'eau, dans quoi vous aurez fait cuire des Fèves fageoles (?) tant qu'elles se réduisent presque en pâte ; cette eau étant mise dans un alambic, vous y joindrez deux poignées de Mouron [AnagaUde, Aiiagallis arvensis], deux poignées d'Argentine (2j, une livre de veau haché, avec six œufs frais, et, sur tout cela, une chopine de vinaigre blanc. Vous distillerez cette mixtion au bain-marie, et vous aurez une eau excellente pour dissiper les rougeurs du visage en le lavant matin et soir. (Petit Albert),
(1) Cosmétique très réputé au XVII® siècle, [«/e ne vois partout que blancs d'œufs, lait virginal et mille autres brimborions que je ne connais point (Molière)]. Ce cosmétique se préparait avec de la teinture de benjoin, de l’eau de rose, du baume du Pérou, de l’ambre, du suc d’amandes et autres ingrédients mélangés avec de l’eau dans différentes proportions variables. — On le prépare aujourd’hui en mélangeant 5 grammes de teinture de benjoin avec 500 grammes d’eau de rose.
(2) Ce nom s’applique à la fois au Ceraiste cotonneux [Cerastiiim tomeiitosum] et à la Potentille ansérine [Potentilla anseriiia].
XtXt Eau de Venise. •
- Ceux ou celles qui ont le visage brun ou un peu basané pourront le faire devenir blanc comme neige en se servant de la véritable Eau de Venise qui se fait en la manière suivante : Vous prendrez une pinte de lait d'une vache noire, au mois de mai ; une pinte d'eau de la vigne quand elle pleure (1), huit Citrons [Citrus medica] et quatre Oranges [Oranges douces, Citrus aurantium] (2) hachées (3) menu par tranches, deux onces de sucre candi, une demi-once de borax bien pulvérisé, quatre oignons de Narcisse [N arcisse-des-prés, Narcisse-sauvage, Clochette- desbois, Porrülon- Jeannette, Narcissus pseiido-narcissus] pilés, et vous mettrez tout cela distiller et rectifier au bain-marie, et vous en conserverez l'eau dans une bouteille bien bouchée {Petit Albert).
XXXI Vous prendrez trente pieds de mouton et six pieds de veau ; vous ôterez toute la chair, et ne vous servirez que des os qui sont longs ; vous les concasserez le mieux que vous pourrez, et vous prendrez bien garde à la moelle qui s'y trouvera ; vous les mettrez bien cuire dans un grand pot de terre neuf, et aurez soin, dans le commencement du bouillon, de l'écumer doucement, pour en ôter l'ordure sans graisse ; quand ils auront bouilli l'espace de trois heures, vous les laisserez bien refroidir, puis, avec une cuiller d'argent (!?!), vous lèverez la graisse et la moelle qui sera congelée sur la surface du pot, sans en laisser aucunement ; vous prendrez une égale pesanteur de pane de chevreau ; et si ces deux graisses pèsent une demi-livre, vous y ajouterez une drachme de borax et autant d'alun de roche calciné, deux onces d'huile des quatre semences froides (4) et vous ferez bouillir le tout dans une pinte de vin blanc qui soit bien clair, et vous le laisserez refroidir ; vous lèverez toute la superficie de la graisse qui sera congelée, et vous la laverez et modifierez plusieurs fois dans de l'eau de rose, jusqu'à ce qu'elle soit devenue fort
(1) Sève de vigne.
^2) Il existe des oranges, telles le citrus vulgaris qui ne remplissent pas les mêmes conditions-
(3) Coupées.
(4) Il existe deux huiles des quatre semences froides : celle qui est faite avec les semences froides majeures : concombre, melon, courge et citrouille ; — et celle qui est faite* avec les semences froides mineures : chicorée sauvage, endive, laitue et pourpier. Il existe aussi deux huiles des quatre semences chaudes : majeures et mineures. Tout ceci faisait surtout partie de la pharmacopée des XVII® et XVIII® siècles.
blanche, et vou^ la mettrez dans de petits pots de faïence pour s'en {sic) servir (Petit Albert),