‹ La sorcellerie des campagnesChapitre 95 sur 132 · PLAIES · texte numérisé non relu

PLAIES

Toutes les plaies sont guéries par des applications de petite Consolide [Ajnga reptans].

l^a Digitale [Gant- de- Notre- Dame, Digitalis purpurea], soumise à une distillation prolongée, donne une liqueur bonne à l’usage externe, en lotions astringimtes, contre les plaies.

(1) Quelle espèce ? on en connaît plus de cent cinquante, dont environ quarante sont très communes en France.

XXXt Applications locales d(‘ feuilles d'Ortie broyées [Urüca iirens] (surtout pour arrôtcT la gangrène).

XXXX On dessèche les plaies en y appliquant un rameau de Frêne [Fraxinus exeelsior] cueilli par un jeune garçon vierge.

Lotions de suc d’Hérbe-de-la-Saint-,Jean [Armoise, Hypéricon, Millepertuis, Couronne-de- Jean- Baptiste, Artemisia vulgaris].

Lotions de décoction de Pulmonaire [Il erhe-aux- poumons, Piilmonaria ot'fieinalis].

Emplâtres de racines de Quintefeuille [Pedactilius, Pentaphyllon, Poteiitilla reptans].

Prenez de rAristoloche rdnde (?), le poids de deux écus, de Graine de Laurier [Laurier-noble, Laurier-sauce, Laurier- d' Apollon, Laurus nobilis], autant d'écrevisses d'eau douce séchées au four, et qu'elles aient été prises en pleine lune ; Musc en poudre, le poids d'un écu ; l'herbe appelée Prunelle, autrement consolide moyenne [ ? Symphytum tuborosum ?] le poids de quatre écus ; il faut que cette herbe soit cueillie avec ses fleurs et séchée à l'ombre entre deux linges. Vous réduisez toutes ces drogues en poudre, et, après les avoir bien mêlées, vous les mettez dans un sachet de toile neuve qui soit cousu ou lié avec un fil ; puis vous aurez un pot de terre neuf vernissé, dans lequel vous mettrez votre sachet avec une vingtaine de petites branches de Pervenche [Vinca major ou V. minor], et trois chopines du meilleur vin blanc que vous pourrez trouver et, après avoir bouché votre pot avec trois ou quatre feuilles de papier, en sorte que la vapeur n'en sorte point, vous le mettrez au feu de charbon et le ferez bouillir tant que vous puissiez croire que la décoction est diminuée du tiers ; pour lors, vous la retirez du feu, et, l'ayant laissée refroidir, vous coulerez la décoction dans un double linge fin et la mettrez dans un bocal de verre fort pour vous en servir dans le besoin : prenez garde surtout que le bocal soit si bien bouché qu'il ne puisse prendre vent.

Voici de quelle manière on s'en sert pour la guérison des plaies. Vous aurez une petite seringue qui sera toujours bien pure et nette, afin de vous en servir pour les plaies qui seront creuses, lesquelles il faudra panser trois fois par jour de cette sorte : vous nettoierez doucement la ])laie avec un petit linge lilanc de lessive, imbibé de la décoction, puis vous seringuerez trois ou quatn* fois la décoction dans la

plaie, et vous la couvrirez d'un petit linge fin (jui soit imbibé de cette décoction, et la couvrirez d'un morceau de feuille de chou rouge, et mettrez sur cette feuille encore un linge mouillé de la décoction sous forme de compresse, et banderez légèrement la plaie qui viendra à guérison en peu de temps. Prenez garde de la bien nettoyer, à mesure qu'elle se fermera, afin de ne pas laisser le loup dans la bergerie (Petit Albert,)

XXIX Faire une application de cendres de hérisson (Cardan).

XXXX Four guérir les plaies d'autrui, voici : — Lavez bien votre bouche et vos dents avec de l’eau-de-vie, puis avec de l'eau-de-rose (1), afin d'avoir l'haleine douce et sans mauvaise odeur ; puis découvrez la plaie du malade ; nettoyez-la bien en la lavant avec de l'eau du plantain (2) [Plantago major]; étanchez-en tout le sang en la pressant doucement, et l'essuyant avec un linge imbibé d'eau de plantain ; puis approchez votre bouche de la plaie en sorte que votre haleine réfléchisse dessus, et prononcez les paroles suivantes, en faisant le signe de la croix comme il est ici marqué : « Jésus-Christ est né t; Jésus-Christ est mort t ; Jésus- Christ est ressuscité t ; Jésus-Christ commande à la plaie

que le sang s'arrête t ; Jésus-Christ commande à la plaie

qu'elle se ferme t ; Jésus-Christ commande à la plaie qu'elle ne fasse ni matière ni puanteur t, ^insi qu'ont fait les cinq plaies qu'il reçut en son saint corps t »• Continuez à dire : « N. (nommez Vinstrument qui a blessé) je te commande, au nom et par la puissance de Celui à qui toutes créatures obéissent, de ne faire non plus de mal à cette créature que la lance qui perça le sacré côté de Jésus-Christ, étant pendu a l'arbre de la croix. Au nom du Père tj du Fils t» c^t du

Saint-Esprit t- Amen ». — Si la plaie perce de part en part,

il faut faire la même cérémonie de l'autre côté, et on la couvre d’une compresse imbibée d'eau de plantain que l’on renouvelle de douze heures en douze heures, et le malade reçoit une prompte guérison. (Ibid).

XXtX Si la plaie est envenimée, versez-y du jus de Coing [fruit du Cydoiiia viilgaris].

Si la plaie est profonde et mortelle, prenez du Vinea

(1) Essence provenant (ie la distillation des corolles de roses très odorantes.

(2) Produit de la distillation d’une macération de plantain dans l’eau

purviîiea (1) avec les racines, laissez cela dans dn vin, donnez-en à boir(‘ qiKdques jours de suite an blessé ; s'il se trouve du bois, du fer ou autre chose sur la plaie, tout cela sortira et le malade guérira sans autre médecine (Grimoire de sorcier, cité par Papus).

La fiente de bœuf ou de vache, récente, enveloppée dans des feuilles de vigne ou de chou et cuite sous les cendres guérit les plaies les plus envenimées.

XaXX Une toile d'araignée, appliquée sur une plaie, en empêche l'inflammation. (2)

Page 1