‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 12 sur 133 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ENRIQUE

Tu connais cette Mauresque?

FAREZ

Zoraya?

ENRIQUE

Elle s'appelle Zoraya?

FAREZ

Oui, seigneur : c'est-à-dire en langue arabe, YÉtoile du matin. Je la connais de longue date. J'étais à Grenade, avant la conquête, serviteur de son père, Abou Abaza, savant homme et médecin du dernier roi Boabdil.

ENRIQUE

Fille, femme ou veuve... cette Zoraya?

FAREZ

Veuve, seigneur! — Quelques mois avant le siège elle avait épousé un Maure très vaillant, qui fut tué dans une sortie.

ENRIQUE

Comment, étant Grenadine, est-elle à Tolède?

FAREZ

Après la prise de Grenade, le sage évêque Talavera, gouverneur de notre ville, prisant fort le savoir d'Abou-Abaza, le fît venir céans avec sa fille. La mère n'était plus de ce monde.

ENRIQUE

C'est donc à Tolède qu'elle demeure?

FAREZ

Non pas, seigneur; mais ici près, sur le flanc du coteau, dans la maison construite par son père, qui est mort l'an passé. Elle vit là, seule avec d'anciens serviteurs et ne fréquente âme qui vive. Mais sa porte est toujours ouverte à ceux de sa religion et de sa race qui ont recours à elle, dans leurs misères ou leurs maladies.

ENRIQUE

Ah ! elle se mêle aussi de guérison?

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