ACTE CINQUIÈME
PADILLA
Je saurai bien t'y contraindre.
ZORAYA.
Tu ne me brûleras pas deux fois!...
PADILLA
Ail ! maudite !
Tu as été, comme ces moines, sans pitié pour moi ! Tu m'as torturée par mon amant, je te torture par ta fîUe! Invoque tes prêtres, sonne tes cloches, agitez vos encensoirs ! Chantez vos cantiques! Elle ne se réveillera qu'à ma voix! Et quand mon corps ne sera plus que cendre,... elle dormira son dernier sommeil.
Murmures indignés de la foule. Zoraya fait un mouvement comme pour aller au bûcher.
PADILLA descend vivement les marches, furieux. Saisissez-la! (Mouvement des geôliers sur Zoraya.) Nou !
non ! Attendez ! (n les fait reculer du geste.) Attendez ! (a zoraya.) Ah! misérable! je suis à ta merci!... C'est ta grâce que tu veux?
ZORAYA.
Non! La vie ne serait que douleur pour moi! Je préfère la mort qui me venge !
E N R I Q U E , entre Zoraya et le bûcher, vivement.
Non ! non ! Ne te venge pas ! Et en échange de la vie sauve que l'on t'offre... rends-lui sa fille!
ZORAYA.
Ah! malheureux, qui m'implores pour cet homme ... Si tu savai s . . .
EN RI QUE, à mi-voix.
Je sais tout ! . . .
ZORAYA, tressaillant et les yeux dans ses yeux.
Ah!
EN RI QUE, tendrement, de même.
Tout!... Et c'est pour cela qu'avec le salut de cette innocente, je veux le tien... Zoraya!...