ACTE PREMIEK
FAREZ
Si A utre Grâce veut me suivre... Mais elle n'ira pas loin. — La voici!...
ENRIQUK.
La Mauresque ?
FAREZ
En personne! — Je la vois gravir le talus.
EN RI QUE , à Farez.
Tu peux rentrer chez toi. (a Ramiro et Arias.) Vous ici, à l'écart, sans bruit. Et observons ses mauvaises pratiques.
Farez disparaît par la droite. Enriqiie, Ilamiro et Arias gagnent la gauche où, abrités et cachés à la vue de Zoraya par la roche et les broussailles, ils l'observent. Zoraya paraît au fond, par la brèche, surgissant peu à peu sur le sentier en pleine clarté de lune jusqu'au sommet. Elle a une faucille d'argent à la main, et sur ses bras une gerbe de fleurs sauvages. Elle descend lentement le sentier, récoltant les plantes sur son passage.
ENRI QUE , bas, à Ramiro, derrière lui.
Voilà une étrange besogne !
ARIAS , derrière Enrique et Ramiro, se haussant pour voir^ à mi-voix.
Voyez, seigneur, dans sa main?.^
ENKIQUE, même jeu.
Celte faucille d'argent?
ARIAS
Qui luit comme ce croissant de lune.
RAMIRO
Celui de Mahomet. — La Lune est sarrasine et sorcière?
ENRIQUE
Plus bas donc ! — Quelle moisson fait-elle au milieu de ces roches?
RAMIRO
Elle cueille les herbes maudites, pour ses philtres et poisons!...
ENRIQUE
Une belle créature, en vérité! Voyez quelle grâce et quelle souplesse en tous ses mouvements !
RAMIRO
On en peut dire autant de la couleuvre ! , . .