‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 17 sur 133 · ACTE PUEMfER · texte numérisé non relu

ACTE PUEMfER

ZOn \YA.

Ceux qui me haïssent. Parce que je suis Mauresque et fidèle à la loi du Koran.

Murmures d'Arias et Ramiro.

Paix là! (AZoraya.) Si ce n'est pour quelque œuvre magique, que viens-tu faire ici la nuil, à la clarté de la lune, complice de tous les sortilèges?...

Je viens cueillir ces herbes la nuit, pour être seule : et à la clarté de la lune, pour mieux les reconnaître.

Et pour quel emploi cette récolte?

ZORAYA.

De l'âme de ces fleurs, monseigneur, j'extrais des essences et des parfums pour moi, des onguents, des élixirs et des poudres, pour la guérison des malades.

ENRIQUE

Des remèdes, ces herbes vénéneuses?...

ZORAYA.

Mais salutaires aussi et compatissantes. Le fruit vermeil de la jusquiame noire et celui de la belladone provoquent le délire et la folie. Elles endorment aussi les souffrances. Ainsi des autres. Il en est d'elles comme de toute chose au monde, l'amour lui-même : suivant le cas et la dose, remède ou poison.

ENRIQUE

Oh ! pour cela, je gagerais bien que tu fais commerce de philtres amoureux !

A quoi bon, mon cher seigneur? — L'amour naît plus vite d'un sourire que d'un philtre.

ENRIQUE, railleur.

En fais-tu si souvent l'épreuve?. ..

ZORAYA.

Jamais ! . . .

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