‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 54 sur 133 · TROISIÈME · texte numérisé non relu

TROISIÈME

Le soir. Un patio espagnol attenant au palais du gouverneur. Il est vu obliquement. Au premier plan et sur les trois autres côtés, un portique sur colonnes entourant la partie centrale qui est à ciel ouvert. Cette cour est garnie de fleurs, arbustes, grenadiers, orangers, myrtes, lauriersroses, etc., dans des pots de terre rouge, et de sièges de toutes sortes. Au fond, au rez-de-chaussée, la grande salle, avec porte au milieu et fenêtres latérales. A droite, premier plan, sous le portique, un petit escalier de cinq marches, garni d'un tapis, fait face au public et aboutit à un palier qui donne accès à un vestibule et au logement des nouveaux mariés ; on voit de profil les fenêtres vaguement éclairées. Les colonnes du portique sont décorées de palmes, feuillages, fleurs, reliés par des rubans de soie. Et partout, grimpant sur les murs, des rosiers et des jasmins. A gauche, très en vue, la porte sur la rue qui paraît vivement éclairée par la lune, quand la porte est ouverte. De même sur le mur de face de la maison et Taile de droite, clarté de lune intense. On voit, au-dessus du portique du fond, le premier étage avec fenêtres éclairées. Aux piliers des portiques, lanternes... Contre le pilier à gauche, une madone avec lampe éclairant l'avant-scène. Portes à droite et à gauche, au fond, à l'extrémité des portiques.

Par la porte et les fenêtres du rez-de-chaussée, on aperçoit dans la grande salle les dîneurs encore à table... Sur

la scène, cavaliers, dames, bourgeois, invités de toutes sortes, assis ou debout; des valets circulent portant des bassins d'argent, avec fruits, gâteaux, etc. Les senoras, assises, s'éventent, caquetant, jacassant. C'est un grand brouhaha de paroles et de rires. Musique dans la salle du banquet où éclatent de temps à autre des vivats, des applaudissements et de grandes clameurs de joie. Petits airs espagnols, avec instruments très doux, flûtes, violes, hautbois.

Page 1