SCÈNE II
Les Précédents, ENRIQUE, Deux Valets DE chasse.
ENRIQUE, à la vue des gens arrêtés.
Oli ! oh ! — C'est un vrai coup de main !
RAMIRO
J'allais conduire ces gens à Tolède pour y être interrogés. Votre Honneur peut m'en épargner la peine !
LES PAYSANS, parlant tous à la fois.
Grâce! monseigneur... Pitié!... Nous sommes innocents!... Ce n'est pas nous!... etc.
RAMIRO , exaspéré.
Paix là, braillards... N'étourdissez pas Sa Seigneurie de vos jérémiades !
ENRIQUE
Doucement, Ramiro. — Ils ont bien le droit de se défendre! — Voyons, vivement, (ii s'assied sur un quartier de roche, à droite de la scène, après avoir donné son arbalète à Arias.) De quoi s'agit-il?
RAMIRO
Votre Seigneurie n'a pas perdu le souvenir d'un jeune Maure, armurier de son éiat; un nommé Kalem?
ENRIQUE
Kalem? Oui, un habile ouvrier et, de plus, beau garçon, qui travaillait pour moi.
RAMIRO
Malheureusement de ces moricauds têtus et rebelles qui ne veulent pas admettre que, depuis la prise de Grenade par notre glorieux sire (iise découvre, tous s'inclinent.), c'ou ost fait de la domination des Maures en Espagne et du culte de leur grand diable Mahomet.
ENRIQUE
Oui, — Kalem m'a toujours refusé de se convertir.