‹ La souris; comédie en trois actesChapitre 14 sur 118 · SCÈNE IV HERMINE, PÉPA, MADAME DE MOISAND · texte numérisé non relu

SCÈNE IV HERMINE, PÉPA, MADAME DE MOISAND

M A D A M E DE M 0 I S A N D, tfirant un verre de sirop à Pcpa.

Glacée. (A Hermine.) Et VOUS, rien ?

HERMINE

Moi ! mais je n\ii jamais soif!...

PÉPA, buvant à petits coups d'abord.

Oh ! Hermine, elle, c'est un corps glorieixK... mais moi. ..j'ai besoin de me ravitailler... de temps en temps...

(Elle boit d'un Irait.)

HERMINE, pour altirer son attention.

Hum !

PÉPA, avec soulagement.

Ail ! chère Madame, vous me sauvez la vie toiU bonnemenl.

HERMINE

Hum !

PÉPA, à part.

Ah! oui... (Répondant.) Hum! (Haut.) Tout bonnement! (Elle

va poser son verre sur la cheminée devant la pendule.) HeiU ? Uh !

mon Dieu ! Hermine, trois heures !

HERMINE; regardant la pendule,

Trois heures ! Ah! mon Dieu, Pépa!

14 LA SOUTxlS.

Eh bien, et notre train?...

HERMINE

Oui, notre train !

MADAME DE MOISAND.

Voire train?

PÉPA

Je ne vous ai donc pas dit?... C'est bien de moi, ça!... Il faut que nous reprenions le train de quatre heures.

MADAME DE MOISAND, conslernéc.

Pas possible !

Si, si! Oh! absolument!... C'est vrai! vous ne saviez pas... Nous ne sommes descendues à voire station que pour vous serrer la main, il faut que nous repartions pour Luchon, ce soir! oh! ce soir! Et nos amis qui nous attendent là-bas !... et qui doivent piaffer!... Ah! bien, s'ils ne nous voyaient pas demain, ils casseraient le brancard !

MADAME DE MOISAND, ne comprenant pas.

Le brancard?

PÉ PA

Et les eaux, donc! Et votre médecin, Hermine?

HERMINE

Hélas! oui, chère Madame, comme toujours ma misérable santé commande à ma vie... J'eusse été si heureuse de partager voire solitude !

Page 1