‹ La souris; comédie en trois actesChapitre 51 sur 118 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

HERMINE, MADAME DE MOISAND et par moments I El A, qu'on voit passer et courir, se rapprocher de la scène ou s'en cioii,'ner selon les hasards du jeu, et parfois rentrer pour une réplique rapide entre deux coups de raquette.

Mais qu'est-ce qu'elle a? Mais elle est folle, mais je ne m'en mêle pas!... Voyons, Madame, est-ce que j'ai l'air de m'en mêler?

MADAME DE MOISAND.

Vous? Oh ! par exemple, (a part.) M. le curé m'a dit : « Puisque Tune ne réussit pas, laissez faire l'autre. » Moi, je laisse faire l'autre... (Haut.) Par exemple! Seulement vous ne pouvez pjs empêcher ce monsieur de vous trouver aimable, n'est-ce pas?

HEilMINE.

Mais ne croyez donc pas cela! Si elle n'arrive pas, c'est sa faule. Il est impossible d'être plus maladroite.

PÉPA, du fond.

Merci, ma chère !

HERMINE, de loin à Pûpa.

Ail! je le dis comme je le pense, ma chère, (a madainde Moisand.) Ce ii'esl pas avec ces extravagances qu'elle lui fera oublier Clotilde. Car enfin, dans toute cela, il ne s'agit que de Clotilde Je ne vois que celte pauvre CloHlde !

PÉPA, du fond.

Eh bien ! et moi, donc?

HERMINE, à madame de Moisand.

Non, elle le prend tout à fait au rebours, elle Tciourdit, elle le surmène. M. de Simiers n'est plus un lycéen pour qui la turbulence ait des charmes et l'inconvenance des séductions... C'est un homme délicat, distingué, un peu sur ses fins... Il est dans la galanterie assise, enfin! Il a plutôt des besoins de cœur. Il cherche, je dirai, à appareiller son àme. Les hommes très aimés sont comme les femmes très coquettes : elles tournent à la dévotion, ils tournent au sentiment... C'est par le sentiment qu'il fallait le prendre... (Souiiam dédaigneusement.)

Il est vrai que le sentiment et Pépa...

PÉPA, du fond.

Allez, allez ! cassez votre petit sucre !...

HERMINE

Et le langage! et les allures! Elle n'a rien... mon Dieu!... elle peut plaire... mais elle n'est pas de celles que l'on aime.

PÉPA, du fond.

Pas de celles?... Comment ? comment?

Acri: ni:uxiÈME. 83

MARTHE, à Pôpa, du fond.

iMatlemoiselle! à vous!

HERMINE, ù madame do Moisand .

Voyons! chère Madame, entre nous, croyoz-vous que Pépa soit de celles...

PEPA, toujours au fond.

,!i; ne suis pas de celles que l'on aime, mais je suis de celles que l'on prétere...

HERMINE

Oh! ceci...

PÉPA

Et vous en savez quelque chose i

HERMINE

Moi?

PÉPA

Dame! Il me semble que voire petit d'Esniont m'a fait assez la cour, ma chère.

HERMINE

Oli ! avec ma permission, ma chère .

PÉPA, en donnanl un cmip de raquet'o.

Et le i^rand Durummel ? Et d'Osborn?

Oh! Dieu! gardez-les!

PÉPA, s'avaacai.t un scène.

Et votre colonel?

HERMINE, suffoquée.

Le colonel?

PÉPA, descendant toujours.

Oui, que j'ai eii.mené.

HERMINE

Oli! cela, par exemple!...

PÉPA, descendant de plus en plus,

Je n'ai pas emiiiené le colonel!...

MARTHE

Mademoiselle ! mais c'est à vous, Mademoiselle !

PÉPA, lui donnant sa raqucllc et redescendant tout à fait en scène.

Jouez pour moi! (a Hermine.) Jo n'ai pas emmené...

lA Marthe qui couil au jeu.) Uu iuStanl! (A Hermine) Je Il'ai paS

emmené le colonel !

Vous?

Moi!

Où dune?

A Florence.

Quand donc?

HERMINE

PÉPA

HERMINE

PÉPA

HERMINE

PÉPA

L'hiver dernier quand il vous a dit qu'il allait lever des plans dans le Midi... Vous vous rappelez? Eh bien.

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