ACTE DEUXIÈME
prudence... J'étais dans la pièce à côté, mais j'ai vu la robe... Oh! une robe d'un garni! mais d'un garni!... Une robe!... Enfin, vous savez, une robe mamilla,quoi !. .. sans compter le petit colloque avec la demoiselle pre mière que j'entendais par la porte entr'ouverte : « Mais, Mademoiselle, je ne suis pas habillée... Tout cela est d'une indigence !... Garnissez! garnissez — mon Dieuf Madame la baronne, c'est que... je ne ne voudrais pas empaler les lignes... Les lignes de madame la baronne sont d'une telle distinction... J'ai peur... — N'ayez pas peur! Ganissez! garnissez! je vous dis!... Mon mari adore cela... » (Riant.) Ah ! ah ! ah !
MAXj ri:uit.
Ah! ah ! ah ! (a part.) Elle va bien aussi !
rÉPA, liant.
Ah! ah! pauvre homme! C'était un rêveur! Vous êtes comme le mari, vous, il parait? Ah! ah! ah! En tous cas, si vous ne reculez pas devant les dames d'un certain âge, épistolaires et raseuses, qui vous réveillent tous les malins dès l'aurore, avec des lettres de huit pages, débutant par : « Il est minuit, je suis seule, et je pense à vous. » et finissant par : « Mais je deviens folle! Adieu, ami! » vous y avez la main avec la dame Sagancey, vous pouvez l'aimer hardiment.
Hélas! mademoiselle Pépa, je suis le monsieur d'un C3rlain âge, moi aussi; je ne peux plus aimer hardiment.
PÉPA
Modeste et prudent! Vous savez que vous m'intriguez tout à fait, monsieur de Simiers ?
MAX
Vraiment! Et pourquoi?
PÉPA
Vous n'êtes pas du tout... oh ! mais pas du tout ce que je me figurais... Est-ce vrai, que vous êtes dangereux?
MAX
Vous pouvez en juger.
PÉPA
Non! mais enfin, quel homme ètes-vous, au fond? Dites-moi cela, ou plutôt, non... c'est moi qui vais vous le dire. Donnez-moi la main.
MAX
Ma main ?
PÉPA
Oh ! rien de l'auscultation, n'ayez pas peur!
MAX, piqué, lui donnant sa main.
Peur! Ah ! je n'en suis pas encore là !
PÉPA, regardant sa main.
Tiens ! tiens ! Oh ! mais je ne vous plains pas !
MAX
Parce que?...
PÉPA
Parce que... Vous voyez bien cette barre, là. dans le petit creux?
MAX
Oui, eh bien?