‹ La Spéculation et les Troubles monétairesChapitre 17 sur 32 · LEE · texte numérisé non relu

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se règlent en grande partie sur ceux du marché mondial. Les graphiques de «La Situation Economique et Financière » ont donné les chiffres suivants :

PLOMB La tonne angl. à Londres Janvier 1919: 40 livres sterl.

FONTE La tonne anglaise à Glascow.

Janvier 1919 : 120 snillings » 1920 : 175 »

Juin

Mai 1920209217 » Avril 1920 : 52 »

CUIVRE La tonne anglaise à Londres Février 1919 : 74 shillings Juillet 1919 : 107 »

Novembre 1919 : 94 »

PÉTROLE CHARBON Raffiné en barils) : w > :

Ge galon: 31. 785) à New-York a tonne à Cardiff) Avril 1919 : 17 cents 75 | Janvier 1919 : 40 shil. Novembre 1919 : 20 » Septembre 1919 : 83 » 6 Février 1920 : 23 » 60 | Janvier 1920 : 110 » Janvier 1921 : 25 » Mai 1920 : 116 »

Re core LAINE BLÉ (la livre à Londres) Le bushel: 35 lit. 1/4 à New-York Avril 1919: 3 shil. 1/2 | Janvier 1919 : 237 cents 1/2

Octobre 1919 : 4 » 3/2 » 1920 : »

Janvier 1920 : 5 » 1/2 | Mai 1920 : 338 Mai «1990: Doux 4 1/4 RO EME EE PER NP DU ESS ETC EN MSEENNRRE e;à 0 SR ne 1 SUCRE COTON

Le C. W. T. à Londres (la livre à Londres) Janvier 1921 : 57 shil9 | Mars 1919 : 15 pence 24 Septembre 1919 : 92 » Juillet 1919: 21 » 2i Janvier 1920 : 107 » 1/2 | Décemb. 1920 : 29 » 50 Mai Juin 1920 : 153 » 1/2 | Mai 1920 2:31, » 16

MOTS CAFÉ ARGENT les 10 kgs à Santos l'once à Londres Janvier 1919: 11.800 reis'| Janvier 1919: 48 pence Juin 1919: 18.900 » Août 1919: 62 y Novembre 1919: 15.000 » Novembre 1919: 76 »

Décembre 1919: 10.800 » Janvier 1920: 85% Avril 1920: 13.600 » Mai 1920: 89 »

CAOUTCHOUC la livre à Londres Juin 1919 : 1 shillings 9 Septembre 1919: 2 » 3/3 Janvier 1920: 2 » 9 1/4

Ainsi des matières essentielles comme le cuivre, le plomb, la laine, le coton, le blé, le sucre, le caoutchouc atteignirent leur maximum en Mars, Aril, Mai 1920, c’està-dire que ce mouvement se produisit au cours de l’année qui vit en France la circulation des billets s'accroître de plus de 6 milliards et demi et les sommes thésaurisées par les campagnes durant la guerre sortir de leurs cachettes pour acheter des terres, rembourser des hypothèques et augmenter d'autant la circulation.

La surabondance des moyens monétaires et l’activité de la consommation rendaient en somme les affaires extraordinairement faciles et on se laissait aller à toutes les illusions qu'entraîne une prospérité inattendue. Commerçants et agriculteurs étendaient sans mesure leurs opéra-

tions et cherchaient d'autant plus à renouveler les expé-

riences trop heureuses qu'ils ne faisaient pas la dinstinction entre l'élévation des prix durables résultant de l'inflationnisme et la plus value éphémère issue de l'intensité

des échanges.

FAQ NA

Les commandes : étaient poussées sans limite parce qu'on n'obtenait pas toujours livraison des marchandises comme on l'aurait voulu et il s’en suivit que le volume des négociations à terme dépassait de beaucoup les marges de la consommation et les possibilités des systèmes monétaires.Finalement on vit partout des excès de stocks.

Ainsi à l'Inflation fiduciaire s'était ajoutée pendant la guerre et surtout après l'armistice un inflation spéculative de plus en plus intense. Elle a été particulièrement fiévreuse au Japon en raison d'avances anormales de la part des Banques. Les chiffres suivants (1) indiquent le mouvement des billets et des crédits accordés au Cours des 4 mois qui ont précédé la crise :

Dates Emission des billets. Avances.

6 Janvier 1920..... 1.446.800.000 yen (2) 667.200.000 yen 16 5 NET 1.220.700.000 » 439.700.000 »

9 Février ‘».:.... 1.260.800.000 » 483.200.000 » 12 Mars PRET 1.183.809.000 » 503.200.000 »

ALAN OMS 1.368.100.000 » 676.600 G00 »

Depuis l'armistice, la balance commerciale du Japon était redevenue défavorable (3). En 1919 les importations avaient présenté un excédent de 75 millions de yen sur les exportations et cet excédent s'était accru au cours ds 1920. Pourtant la spéculation japonaise surexcitée par les gains

(1) — « The Econouwisr » du 12 Juin 1920.

(2). Le yea 2, 55 au pair. L'émission des billets du Japon à la fin de 1914 n'était que de 385. 589. 096 ven.

(3). Avant la guerre, la balance commerciale du Japon était déficitaire. Mais dès 1915 on relevait un excédent d'exportation

de 175 millions de yen, en 1916 de 370 millions, en 1917 de 566 :

millions et en 1918 de 294 millions.

considérables réalises auparavant continuait d'accumuler des stocks sans se soucier de la réduction possible des débouchés extérieurs de sorte que le marché était à la merci du moindre évènement.

Prenons l'exemple dela soie : Elle constitue le principal article japonais d'exportation puisqu'elle entre pour 40 % dans la valeur totale des envois de marchandises à l'étranger, et le plus gros débouché est l'Amérique du Nord. Le 5 Janvier 1920, 167.000 balles de soie étaient achetées par les Etats-Unis sur le marché de Yokonama.

Les spéculateurs américains avaient acheté à terme et avaieut pris pour base de leurs opérations le cours du dollar chinois ou du yen du début de 1920, mais la chute en quelques mois du dollar chinois entraîna celle des prix de la soie, et les mêmes facteurs qui encourageaient auparavant les spéculateurs agirent en sens inverse. Ils cherchèrent à réaliser et les banques américaines qui avaient favorisé ces opérations resserrèrent leurs crédits. Ce qui se produisit pour la soie, se produisit également pour les autres marchandises : C'est ainsi que les exportateurs japonais ont finalement dû vendre leurs produits à des prix inférieurs à ceux du marché mondial et même au-dessous du prix de revient, parce que l'excédent des importations, en partie d'origine spéculative, avaient déterminé un engorgement du marché. Avant la guerre, l'importation annuelle moyenne de coton brut était de 1.606.000 balles de 400 livres (1). En 1920, les importations à la fin

(1), Le coton représente 34 °/, des importations japonaises. Il vient surtout de l’Inde.

du mois d'Août s'élevaient déjà 2. 900.009 balles et finalement la balle de fils de coton a dû être vendue à 300 yen alors que le prix de revient était de 400 yen.

Les nitrates du Chili qui revenaient dans les ports du Japon à 170-180 yen étaient cotés 130-140 yen... etc.

Beaucoup d'ordres spéculatifs avaient été passés, conséquence de la prospérité des années précédentes et les entrepôts et magasins étaient congestionnés par les stocks. Les exportations continuaient à décroître et le commerce maritime était si calme que le nombre de navires inoccupés augmentait de jour en jour, amenant le prix du frêt à tomber sibas qu'il était de moins d'un 1/3 du chiffre atteint dansla période de hauts prix (1). Il y eut de même une spéculation formidable sur le sucre à Cuba, qui finalement tomba en quelques mois de 24 cents à 6 cents la livre. Non seulement les grandes maisons perdaient des stocks de sucre, mais les banques ecubaines avaient avancé des sommes considérables sur la garantie de ces stocks en prêtant jusqu'à 10 cents par livre, et les banques américaines, entre autres la NaTroNaL Crry Bank, avaient aidé à cet accaparement par des avances de plus de 250 millions de dollars.

Les banques ont fini par être assiégées à Cuba comme au Japon et il fut stipulé des moratoria et des interdictions aux déposants de retirer plus de 10 % de leurs soldes. Ce furent les positions de spéculation sur la soie, le

(1). Rapport de M.Ixouye, Gouverneur de la Banque du Japon à l’Assemblée des actionnaires du 19 Février 1921. C’est au cours de eette réunion qu'il dénonça le maintien desprix exorbitants de la soie brute comme entièrement dû à la spéculation.

EN 4 Res

coton et le sucre qui ont ébranlé le marché américain parce que le Japon a été obligé de jeter ses stocks sur le marché etles Etats-Unis de ce fait ont vu leur grand acheteur disparaître et devenir vendeur.

Il se produisit au « Stock exchange » de New-York une baisse dans les principales valeurs industrielles spéculatives, qui entre février et avril 1920 avaient haussé de 25 à 150 points, hausse due essentiellement, et dans certaines valeurs exclusivement, à une accumulation à crédit de la plus grande partie de ces valeurs par plusieurs groupes de spéculateurs professionnels qui paraissaient avoir perdu la tête. Finalement ils ne parvinrent pas à distribuer leurs titres dans le public et durent même acheter d'autres valeurs pour maintenir les cours.

Is furent obligés de le faire alors qu'il se produisit d'énormes ventes de réalisation et que leurs banques les pressaient de plus en plus de rembourser les crédits accordés. La baisse qui se manifesta comme résultat immédiat d'une hausse de l'argent à vue à 30 % descendit jusqu’à 50 points alors que le public était engagé sur une très grande échelle dans la spéculation et avait une confiance absolue dans une hausse indéfinie des cours.

Nous n'avons pas ici à entrer dans tous les détails de cette crise de 1920 qui en raison de la solidarité économique du monde se produisit dans tous les pays, mais

pas en même temps (1) et avec des intensités diverses. Il

(1). — Commencée hors d'Europe, l'Angleterre a commencé à en-sentir les premiers effets en Mars et Avril 1920 alors que sur te marché de Paris le mois d'Avril était un mois de pleine effervescence et que ce n’est qu’en Mai que les premiers symptômes s’y sont produits.

Fe, Pr

nousa suffi de montrer comment l'Inflation développe la spéculation, comment dans tous les pays des stocks

avaient été accumulés ou des engagements spéculatifs contractés et comment finalement arrive la baisse des pfix. >

Le cuivre qui était coté 120 livres la tonne au printemps 1920 en valait 73 en Janvier 1921 et 67 en Décembre (1).

Le coton qui était coté 31 pence la livre au printemps 1920 en valait 12 en Janvier 1921, 6.52 en mars et 10 Décembre.

La laine qui était cotée à 7 shilling 1/4 la livre au printemps 1920 en valait 3 en Janvier 1921 et 1.3 en Septembre.

Le charbon qui était coté 116 shillings la tonne au printemps 1920 en valait 57 en Janvier 1921 et 25 en Novembre.

Le pétrole qui était coté 23 cents 50 le galon se maintint jusqu'au début de 1921 mais descendit jusqu'à 12 en Septembre.

L'Argentqui était coté 89 pence l'once au printemps 1920 en valait 30 1/4 en Mars 1921.

Le plomb qui était coté 52 livres la tonne au printemps 1920 en valait 25 en Janvier 1921.

La fonte qui était cotée 217 shillings la tonne au printemps 1920 se maintint jusqu'au début de 1921, mais tombe brusquement à 120.

Le blé qui était coté 338 cents le bushel au printemps

(1). — Graphique de la « Situation Economique et Finaucière ».

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