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La St-Valentin, ou Le collier de perles, comédie-vaudeville en un acte

Représentée, pour la première fois , à Paris , par les Comédiens ordinaires et sur le Théâtre de son altesse royale Madame le 3 octobre 18181

ÈM |pyHP|)UBÎONT> Éditeur , Rue des Sablô^^^L

WIXE DE BRUXELLES - STAD BRUSSEL Archives - Archfëf

PERSOMAGES. ACTEURS.

HEMI MORTON , canonnier Je marine. M. Paul. NIGEL, son oncle , greffier du slierif. . M. Klein.

Sir BELTON , riche Anglais M. Perrin.

Macl. WILLIAMS, veuve d'un médecin. . Màd. Julienne. JENNY WILLIAMS , fille de Madame

Williams Mlle. Léontine-fay

BETTY, jeune paysanne Mlle. Minette.

La scène se passe en 1801 ? dans xi}i village

du comté d'Yorck,

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Le Théâtre représente une place de village ; à gauche la maison de madame Williams ; plus loin un bosquet.

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IS cette |(lcemièt*e*

Mad. WILLIAMS, BELTON.

BELTON.

Ainsi, madame Williams, vous êtes inquète de mes assiduite's auprès de votre fille, la charmante Jenny?

Mad. WILLIAMS.

Mais écoutez, sir Bdlton ma fille est jeune, elle est

pauvre; et plus nous vous devons de reconnaissance, pouf ce qus vous avez fait en notre faveur....

BELTON.

Ah! si nous entamons le chapitre de la reconnaissance ; qu'est-ce que je dirai donc?... il y a deux ans, a la suite de mon duel , ne m'avez-vous pas recueilli chez vous ?... se ijné ?.. . guéri?... il me semble qu'à présent...

Mad. WILLIAMS.

A présent , les choses sont changées... je suis veuve, et ma fille a dix-huit ans ; son père ne nous a laissé que cett« maison... vous revenez dans ce pays, au moment où un impitoyable créancier allait la faire vendre h l'enchère... votre générosité nous rend notre asile... vous demandez a y passer quelques jours avec nous...

BELTON.

Ab ça! ma cbère madame Williams, avez-vous résolu dé me faire endurer ainsi le procès-verbal de ce que j'ai fait , depuis mon retour auprès de vous?

Mad. WILLIAMS.

C'est que, voyez-vous, sir Belton, vous faites la cour à ma fille; vous, le neveu de l'amiral Nelson '....vous qui pouvez prétendre aux plus riches partis...

BELTON.

Mon caractère est fait ainsi. Ma famille est composée de héros et d'originaux... n'ayant point trouvé place dans la première cathégorie, j'ai dii me ranger dans la seconde.... je

La Saint Valenlin» l

passe pour un original... où est le mal?... j'ai Lien le droit dô faire le bonheur de votre fille , si vous y consentez.

M ad. WILLIAMS.

Sans doute , sir Belton... mais en attendant, vos assiduités peuvent nous compromettre; et l'honneur de ma Jenny...*

BELTON.

Ah! madame Williams; quelle pensée!

Mad. WILLIAMS.

air de Turenne.

Ma fille est pauvre autant que sage >

Déjà , monsieur , vous Pavez vu : Celte maison est son seul héritage ;

Eli' n'a pour dot que sa vertu, (lis.) Lorsque je vois qu'eli' conduite est la vôtre ,

Je puis craindre que l'amitié ,

De sa forlun' n'ait sauvé la moitié

Que pour l'empêcher d' sauver l'autre.

BELTON.

Ce soupçon serait injurieux pour moi; mais de la part d'une mère, je ne puis le blâmer... apprenez donc, pour achever de vous rassurer, qu'hier au soir j'ai parle' à miss Jenny de mes projets, de mon amour... qu'enfin je lui ai fait formellement l'offre de ma main...

Mad. Williams, vivement.

Et que vous a-t-elle répondu ?

BELTON.

D'ahord * elle a hésité.... puis elle a fini par me dire l « Pariez à manière si elle le veut, je suis à vous. »>

Mad. WILLIAMS.

Vraiment! elle vous a dit cela ?... cela m'étonne.... comme elle avait refusé ce présent que vous lui aviez offert, après m'en avoir demandé la permission.

BELTON.

Elle ne l'a pas refusé du tout.

Mad. WILLIAMS.

Quoi! ce magnifique collier de perles*

BELTON»

Oui... ce collier de perles.

Mad. WILLIAMS.

Mais elle ne le porte jamais.

BELTON.

En le lui donnant, je ne lui ai pas fait la condition de le

porter je ne suis pas un tyran ; un despote.... au fait,

elle est mille fois plus jolie avec une simple parure de fleurs... ces hluets surtout quelle semMe affectionner.

Mad. WILLIAMS.

Eh hien! sir Belton, s'il faut vous parlera cœur ouvert cest précisément ce goût qu'elle a, conserve' pour les hluels qui me fait douter...

BELTON.

Je vous demande mille pardons... mais je ne comprends pas du tout le rapport...

Mad. WILLIAMS.

Vous allez le savoir... Jenny entrait a peine dans sa quatorzième année , lorsqu'elle parut accorder une préférence exclusive a un jeune homme du village... un assez bon garçon... mais emporte' , colère ; fier , surtout.

BELTON.

Comme tout Anglais.

Mad. WILLIAMS.

Deux fois plus.

C'est de l'exagération... dites comme un Ecossais, et n'en parlons plus.

Mad. WILLIAMS.

C'était le neveu de M. Nigel , le greffier du shérif... il est parti comme canonnier de la marine.

BELTON.

Corps estimable!..,, un de ces braves, lors de J'expédie tion de Te'nériffe , sauva la vie à mon oncle l'amiral ; et vous dites que votre jeune homme...

Mad. WILLIAMS.

Depuis deux ans, il est prisonnier en France.... on n'a pas de ses nouvelles.... pendant long-temps Jenny a pensé à lui.

BELTON.

Ah ça* je ne vois pas encore le rapport que vous voulez établir entre les bluets et le canonnier; à moins que ce ne spit la couleur de son uniforme.

Mad. WILLIAMS.

Un rapport bizarre , puéril , si vous voulez... ça n'a d'importance qu'à cause des coutumes du pays; comme ils avaient été une fois Valentins ensemble, et p.ir le choix de la même fleur.

BELTON.

Valentins ensemble?.,, je ne comprends pas.

Mad. WILLIAMS.

Ah! c'est juste.... vous autres habitans de la capitale , vous ne connaissez pas la fête de Saint- Valentin , le patron des hameaux de l'Angleterre.

BELTON.

Attendez donc... j'y suis. . je crois avoir vu Un jour une pièce , sur un sujet de ce genre , au théâtre du roi; je crois. même que Shakespeare en parle.... Comment, cet usage -là subsiste encore ?

Matl. WILLIAMS.

Je crois bien qu'il subsiste , et c'est aujourd'hui même le

( 6 ) retour cle la cérémonie... les garçons et les filles de' chaque village tirent une fleur au sort, pour être mari et femme pendant tout un jour... il faut se garder une fidélité' inviolable,

BELTON,

Vous dites que l'union dure... ï>

Mad. WILLIAMS, éi. -4

Un jour.

BELTON.

Je conçois.

air : De sommeiller encor, ma chèr$.

Prendre une belle en mariage , Etre quitté le lendemain , C'est ce que, selon votre usage, On appelle être Valenlin ; Mais on suit partout dans le monde L'usage de votre patron.

Des Y alentins l'espèce abonde ; Mais on leur donne un autre nom.

Mad. WILLIAMS.

Oui, mais tant que dure la fête, une jeune fille ne peut danser , se promener , causer qu'avec celui que le sort lui a donne' pour Valentin ; celle qui serait trouve's en tête-à-tête avee un autre , deviendrait l'objet de toutes les railleries, et finirait par être forcée de quitlerson village j mais il est sans exemple dans le comte'..,

Cela fait l'éloge du pays... et vous dites que c'est aujour-. d'hui même...

Mad. WILLIAMS.

Tout-à-l'beure , la fête va commencer.

BELTON.

C'est qu'il me vient une ide'e... mais j'aperçois la belle Jenny...

Mad. WILLIAMS.

Pern ettez-moi de rester seule un instant avec elle... ;je de'sire lui parler.

BELTON,

A votre aise , madame Williams ; je vais profiter de ce temps pour mûrir mon projet. (Il sort.)

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