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Introduction
Lane écrit
« La stase intestinale chronique est un état morbide caractérisé par une série de troubles réflexes, toxiques, trophiques, dus au retard des matières intestinales dans le tractus digestif. Gette maladie est d’une extrême fréquence. Un grand nombre de malades chroniques en sont atteints. Si on ne la reconnaît pas plus couramment, c'est parce que le médecin ne fait pas systématiquement radioscoper le tube digestif complet des malades chroniques qui se plaignent d’un ou de quelques-uns des troubles suivants : indigestion chronique, troubles gastralgiques, troubles intestinaux, troubles circulatoires, (palpitations, refroidissement), troubles nerveux (céphalée, migraine, dépression, névralgies multiples), troubles articulaires (rhumatisme chronique, douleurs rhumatoïdes), troubles thyroïdiens et surrénaux, troubles génitaux (dysménorrhée, aménorrhée, ménorragies, stérilité, agenesie), état subfébrile, amaigrissement, etc.
La selle quotidienne n’est pas le critérium d’un fonctionnement intestinal normal. C’est unique-
ment le transit du repas baryté constaté aux rayons X par une série d'épreuves qui permet de faire le diagnostic de la stase intestinale.
Cette stase intestinale chronique est le plus souvent méconnue. Elle produit des troubles les plus variés. Les diagnostics les plus divers sont posés maladie de Glenard, appendicite chronique, entérite, ulcère d'estomac, dyspepsie, tuberculose intestinale, rein mobile, -cholécystite, angiocholite, ovaires scléro-kystiques, neurasthénie, voire hystérie. C’est ce qui à fait dire à M. Pauchet, devant la multitude des diagnostics que peut faire poser la slase intestinale chronique : « Que tout malade qui en dehors d’une crise aiguë nette et fébrile, souffre de la fosse iliaque droite, ne doit pas être opéré sans un examen radiologique complet du transit intestinal.
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Définition
IE y à dans la définition de Lane une faute de langage. Ce qu'il réunit sous le nom de stase intestinale chronique, pourrait s'appeler accidents dus à la stase, mais ce n'est pas la stase elle-même. Il importe donc du point de vue diagnostic, en présence d’une série d'accidents qui la font soupçonner, où même affirmer, de savoir dans quel cas on peut dire qu'on en apporte la preuve palpable.
Nous dirons d’abord que la stase intestinale ne peut être affirmée que lorsque on en à constaté une ou plusieurs fois la réalité radiologique, et que cette réalité seule compte pour la certitude. Nous essayerons done d'en donner une définition inspirée de cette réalité radiologique.
— En quoi ralentissement, stase, constipation, occlusion ne sont-ils pas une seule et même chose si l'on veut à des degrés divers ? En quoi l'un ne cède-t-il pas la place à l’un des autres ? Voilà ce qui va Gtre le travail ardu de cette définition. Avant de l'entreprendre, on est obligé d'affirmer au prix de le prouver dans la suite que Ja stase est une entité morbide ayant une personnalité bien marquée, en-
tourée d’autres maladies qui lui ressemblent, mais en aucun cas ne se confondent avec elle, et qu'à ce litre elle mérite, nous semble-t-il, l'effort de délimitation que nous allons entreprendre.
Nous tâcherons de la délimiter de dehors en dedans : en disant d'abord ce qu’elle n’est pas, puis ce qu'elle est,
Pour M. Delort, la S. I. €. tierit le milieu entre l’occlusion et la constipation
1° Elle n'est pas la constipation. En effet, la conslipation comporte peu de phénomènes toxiques et infectieux, change de seoment, est large, est de préférence localisée à la fin du gros intestin. Enfin alors que la stase ne peut jamais comporter de changement en occlusion, au contraire la constipation se charge de stase. Elle est le premier et dangereux Stade d’une immobilisation stercorale qui se compliquant de l'effondrement segmentaire d’une partie de l'intestin crée la stase.
2° Elle n’est pas l’ocelusion : parcequ'elle n’est pas un arrêt complet des matières et des gaz: el notamment pas des gaz.
Parce qu’elle n’impose pas le traitement! d’'urgence, parce qu'elle ne crée pas un état de déséquilibre qui ne peut demeurer. Alors qu'au contraire, elle est par essence un état de quasi-équilibre, et c'est°ce qui constitue un de ses plus grands dangers.
3° Ce qu'elle est : a) La stase est une stagnation, un arrêt des matières, mais
b) Cet arrêt est produit par un obstacle non progressivement sténosant, Il se sépare en cela de la plupart des causes d’occlusion chronique.
c) Elle ne peut jamais provoquer d’occlusion aiguë,
d) Elle est segmentaire, à segment étroit (alors que la constipation occupe toujours une large zone).
e) Elle n’est pas spécialement colique.
f) Elle à un siège particulier : fréquemment la fin de liléon et le cœcum, « zone dangereuse » qui est, on le sait : la zone habituellement la plus infectée, la zone d'absorption :maxima des poisons et des microbes.
g) Elle se caractérise par ses effets infectieux et toxiques toujours importants, par la multiplicité de ses effets nocifs, par limportance, le nombre, la largeur et la profondeur des dégâts.
h) Elle se caractérise enfin par la modestie et la lenteur de la progression de ses symptômes, l'effacement de ses symptômes personnels. Un grand nombre des dégâts attribués à la constipation sont des dégâts de la stase.
Telle est la définition que l’on peut établir de la stase intestinale chronique, et sa différenciation avec la constipation et locclusion. Il convient de rappeler que le caractère fondamental de la $S. T. C. réside dans ce fait qu’un obstacle indirect retarde temporairement et incomplètement le transit des matières mais non celui des gaz (Jordan).
Gb ve.
RADIOLOGIE.
Le diagnostic de la stase intestinale chronique repose donc, avant tout, sur l'examen radioscopique. C’est à lui que l’on devra toujours avoir recours lorsque l’on suspecte l'existence d’une stase et bien souvent ce sera au cours d’un examen radiologique pratiqué pour une toute autre raison que l’on découvrira sa présence.
Devant l'importance d’un tel examen il convient donc de préparer soigneusement le malade. Voici ce que dit M. Gally
Ne rien changer autant que possible aux habitudes du malade : heures des repas et régime alimentaire ;
Supprimer, par contre, tout médicament : laxatif ou purgatif pendant la période de l'examen ;
Lui faire prendre, en temps voulu, un repas d’épreuve dont le transit gastro-intestinal sera la matière de l'examen radiologique.
Chez un sujet normal en moyenne
1) Au bout de # heures + après son ingestion, un
repas opaque a complètement quitté l'estomac, et \ r L4 LL commence à pénélrer dans le cœcum.
2) À la 8° heure ou au plus tard à la 10° heure qui suit le repas, celui-ci a pénétré en entier dans le gros intestin : la tête de la colonne opaque atteint alors la partie moyenne du côlon transverse ou même l'angle splénique.
ton le.
3°) Entre la 10° et la 16° heure l'S iliaque est atteint.
4°) Entre la 18° et la 24° heure, l’ampoule rectale est remplie ; alors se produit la première évacuation de la matière opaque. Elle vide de leur contenu l’ampoule rectale, l'S sigmoïde et Ja plus grande partie du côlon descendant.
5°) Après 48 heures au plus tard, il ne reste aucune trace de substance opaque dans le gros intes- ‘ tin.
La stase reconnue à un examen après 24 à 36 heures et après une garde-robe, il convient de connaître sa durée par des examens journaliers en notant bien dans le compte rendu le nombre et les heures des gardes-robes.
Au cours de cette étude, il nous arrivera d’étendre le mot de stase à des arrêts plus ou moins prolongés de la matière opaque dans des segments de l'intestin qui ne correspondent pas aux segments électifs de la stase. Nous le ferons en connaissance de cause soit que cet arrêt lointain coïncide avec un arrêt dans le segment électif, soit que nous ayons besoin pour la simplicité de l’exposé d'étendre le mot stase afin de relier entre eux des malades comparables. Cela fera sentir une fois de plus que la stase est autant une entité clinique et, nous espérons le démontrer, thérapeutique, qu'une entité anato-
mique.
Physiologie générale de l'Intestin Principes des Causes
Dynamiques de la Stase