CHAPITRE II
DÉCLIN DE LA STATUAIRE POLYCHROME
1. (page 20). — Ces statues un peu plus grandes que nature sont en bois polychromé et doré. Les couleurs apaisées par le temps devaient être très vives. Il s’agit des portraits de Vespasien, duc de Sabbioneta, de Louis Gonzague, second marquisde i\Iantoue, ancêtre du précédent et chef de la branche, puis de Louis de Traghetto, dit Rodomonte, père de Vespasien et enfin de l’aïeul Jean François, marquis de Rodigo. Les personnages portent des costumes usités au xviP siècle. On a cru reconnaître dans l’auteur un élève de Berrugucte ou de Montanes. Peut-être le sculpteur et le polychromiste étaient-ils espagnols mais, à coup sùr, ni Berruguete ni Montanes n’ont collaboré à une œuvre curieuse bien que d’un art médiocre.
2. (page 20). — Des fresques couvrent les murs de fond et complètent les scènes sculptées qui se rapportent à la vie du Christ. On a travaillé pendant tout le xvi* siècle h cette entreprise d’art et de piété qui du reste a été imitée dans d’autres sanctuaires, à Varèse, à Orta, etc., mais qui n’a jamais été égalée.
3. (page 21), — Les comptes de la Seo de Saragosse établissent que le retable du maître-
autel, qui avait été peint et doré, subissait des lavages annuels afin de le tenir en parfait état de blancheur. Tout récemment encore, à l’occasion du congrès eucharistique, il a été l’objet d’un lessivage méthodique et cependant, dans les plis profonds et mal éclairés, on relève des traces de peinture qui viennent témoigner du sacrilège.
4. (page 21). — On applique le nom de mudejar (de mudajjan, sujet musulman des monarques chrétiens) à des œuvres d’art hispano-moresque dues, en pays chrétien, soit à des musulmans, soit à la collaboration de chrétiens et de musulmans.
5. (page 21). — La qualification de mo^ârabe (de mustarab^ arabisé, passant pour arabe) se donnait aux chrétiens qui étaient en Espagne sujets des musulmans.
6. (page 22). — Il existe bien à l’extérieur des édifices quelques bas-reliefs en bois qui participent à la décoration, mais ils sont très rares et ont perdu toute trace de polychromie. Le bas-relief qui orne le tympan d’une porte de la cathédrale de Barcelone iphot. 89) et celui qui surmonte la porte de l'ancien hôpital de Huesca {phot. 91) sont dans ce cas.