Cl LE, touie troublée
Mon bon père...
MORAND
Ab ! parbleu ! (Lui ouvrant ses bras.) Viens m’embrasser ! (Lucile se elle dans ses bras. — Bas, à Lucile.) Tu penses donc bien à lui?
A qui donc, mon père?
M o R A N. D, descendant toujours et à voix liasse.
Allons, ne rougis pas. Je sais tout... Je sais la cause de tes rêveries... Je sais combien lu l’aimes?
lucile.
Quoi! on vous a dit ?
SCEiNE VII
MORAND
Est-ce qu’un père ne devine pas toutce qu’il y a dans le cœur de sa fille ?
LUCILE
Ah ! mon père, pardonnez-moi !
MORAND
Te pardonner! Mais je suis ravi, enchanté !...
LUO ILE, surprise, avec joie.
One dites-vous? Et votre opinion! et vos préjugés!
MORAND
Quels préjugés ? Est-ce qu’il y en a de possibles contre un homme pareil? Tu es plus riche que lui? qu’importe!... 11 a des talents... il a du cœur... cela vaut pour un père toute? les richesses du monde. Mais, dis-moi, là, bien franchement, qui a fait naître en toi ce vif amour pour ce brave homme-là?
LUCILE
Son meilleur ami... mon frère, qui m’en parlait sans cesse, et qui m’a fait jurer de n’être jamais qu’à lui !...
MORAND
Quoi ! c’est ce cher Léon?...
LUCILE
Oui... c’est mon frère qui m’a appris à l’admirer, à l’apprécier comme il le mérite.
MORAN D
Ah ! tout cela me rend bien heureux, et mon fils ne se trompait pas! Cette union fera ton bonheur et le mien.
LUCILE
Mais, mon père, il ignore. . .
MORAND
Ton affection pour lui ?... bon ! bon ! je me charge de la lui apprendre.
LUCILE
Vous?
MORAND
Aimerais-tu mieux la lui apprendre toi-même?
LA STATUE'rTE D’UN GRAND HOMME
l.UCl I.E, l'inlerrompanl vivement en Int faisant un signe (le silence.
Chut !
MORAND
Quoi donc ?
LUCILE, à mi-voix. > ■'
Si monsieur Daubrée nous entendait !
MORAND
Je te comprends, il y a ici quelqu’un de trop!... (Appelant naubrée.) Daubrée? je vais vous laisser seuls!... Elle a tout avoué !
julien.
Avoué?...
MORAND
Ce que j’avais deviné !
julien. '
Il serait possible !
MORAND
Si c’est possible?... Voyez ce trouble, cette émotion! Ah vous ôtes un heureux mortel ! Mais il faut lui parler maintenant... elle doute de votre amour... Allez... et faites comme moi! soyez aimable, éloquent, habile... Je ne puis pas tout faire !
JULIEN
Je crois ré ver !
Ce n’est pas le moment.
LUCILE, b pari.
Que dit-il à monsieur Daubrée?
MORAND
Tout marche à merveille... je suis au comble de la joie. I.ouison?
Monsieur ?
MORAND
Fais-moi seller un cheval ; je vas faire un tour de promenade.