MORAND, LUCILE
MORAND
Il s'en va... et tu ne lui dis rien?... tu ne fais rien pour le ' retenir?...
Je suis un peu fatiguée, mon père, et je vous demande...
( Elle va du côté de sa chambre, |à gauche.)
MORAND, la retenant. ,
Moi, je te demande une réponse. Là, voyons, expliquonsnous, et soyons clairs ; il se passe ici quelque chose que je ne puis comprendre, et que je veux savoir ! Continent ! je vous laisse tous les deux d’accord... il m’avoue son amour pour toi, tu conviens avec moi de ton amour pour lui...
LUCILE
Moi ! je suis convenue ?... Ah ! je comprends maintenant d’où vient tout le mal... et si vous me juriez de m’écouter sans colère...
MORAND
De la colère ? moi ! Mais tu sais trop que je n’en ai jamais contre ma fille?... Voyons, parle, parle vite, et que je sache où j’en suis avec toi !
LUCILE
Eh bien , mon père, ce matin même, quand vous m’avez interrogée, quand vous m’avez dit que vous saviez tout... vous vous êtes trompé.
MORAND
Trompé ! elle aussi !...
LUCILE
Là ! voyons, mon père, ai-je rien dit qui fût un assentiment à vos soupçons?...
Comment! ici même, tout à l’heure, tu ne m’as pas dit que lu aimais Julien ?