SCÈNE X
MORAND
Pour voir ce monsieur, faut-il bien cependant qu’il soit visible quelque part?
LUCILE
Oh ! voilà que vous vous fâchez encore !
Non ! non ! non ! Mais enfin, où se cache-t-il ce monsieur ?
LUCILE, montrant de l’œil la slatactlr.
Vous ne devinez pas?
MORAND
Qu’est-ce que tu veux que je devine?... Un buste !... un portrait!... (Regai dant la statuette.) Hein?... quoi?... ce serait...
LUCILE, laissant les yeux.
Oui.
MORAND
Ce bonhomme de plâtre ?
LUCILE
Un bonhomme de génie, mon père !
MORAND
Oh ! un roman ! j’en étais sûr ! (a part.) Ah ! ah ! ma chère sœur ! (Haut.) La la, voyons, voyons, mon enfant, soyons sérieux. (il s’assied à droite.) Viens ici, et tout simplement, tout bonnement, statuette et génie à part, quel est ce monsieur ?
• LUCILE
Un grand cœur... un noble esprit... le meilleur ami de mon frère... celui que Léon m’avait fait jurer de n’oublier jamais.
MORAND, se levant.
Jamais !
LUCILE
Oh! je ne veux pas vous contraindre à me donner à lui... mais je yous supplie, je vous demande en grâce de ne me donner à personne ! c’est un caprice, c’est une folie peut-être, mais j’en ai fait le serment à mon frère, et tout ce que j’ai su depuis, tout ce que j’ai lu de monsieur Julien de Valneige...
MORAND
Valneige !... je connais ça !
LA STATUETTE D’UN GRAND HOMME
;ci
LUCILE
Il se nomme Yalneige.
MORAND
Drôle de nom !
LU CI LE, se levant.
Oui, mon père, tout ce que j’ai su de monsieur de Valneige a fait passer dans mon cœur l’attachement , l’admiration que mon frère éprouvait pour lui, et je sens là... (elle met la main sur son cœur) que je ne pourrai jamais en aimer un autre.
MORAND
Là, non! (pot tant la main à la tète de Lucile ) mais là... car c’est une folie, et je prétends bien...