SCÈNE XIV
LUCILE, à pari.
Je ne me trompais pas... c’est lui !
MORAND
Comprends-tu cela, ma fille ? il m’a joué, il nous a joués effrontément. Comme il savait que j’aimais et que j’honorais les jeunes gens tout simples qui ont du talent, de la modestie, et qui laissent la fumée et le bruit à leur machine, ce jeune monsieur avait renoncé à la Grèce, à Sparte, à son empire : Apollon s’était fait contre-maître chez Admète, et le pauvre Admète n’avait pas deviné qu'il avait un dieu à son service ! Aussi, maintenant que je sais tout, vais-je dire nettement à ce grand homme...
LUCILE
Mon père !
MORAND
Monsieur, vous avez eu tort, un très-grand tort de me cacher qui vous aviez été; j’ai l’humeur prompte, c’est vrai ! j’ai des préjugés intraitables, d’accord. Mais avant tout, je suis un homme de cœur; avant tout aussi, j’aime les honnêtes gens, les gens simples, et puisque vous êtes double, puisqu’il y a deux hommes en vous, le grand homme et le chef d’usine, Valneige etDaubrée,chbien, morbleu! (mouvement très-vif, à Lueiie et b Danbrée) à chacun son lot... à ma fille Valneige ! à moi, Daubrée, mon cher Daubrée, mon gendre, mon ami.
JULIEN
Eh quoi ! monsieur, vous m’accordez...
MORAND, le poussant vers Lticile. et passant à Rauriie.
Je vous accorde, prenez vite !
JULIEN, à Lorile.
Mais vous, vous !
LUCILE
Oh !... moi, je suis une rêveuse, et ne vous en déplaise, le rêve était si beau, qu’il me semble que je rêve encore.
MORAND
Réveille-toi ! il est temps !
* LUCILE
Que voulez-vous ! je tiens à mes rêves !...
LA STATUETTE l)’UN UHANI) HOMME
Lucile !
4 U 1. 1 K N, trôs-iiKjuiel.