I.OEISON
Eh bien, ce petit bonhomme de plâtre auquel monsieur Léon tenait tant...
MORAND, vivement.
Tu l’auras cassé?
LOOISON.
Cassé! le petit bonhomme se porte bien... mais mademoiselle l’a apporté elle-même ce matin dans ce salon... et elle lui a fait le plus joli petit lit de fleurs!... tenez, là, sur la cheminée.
MORAND
Je ne vois rien dans tout cela...
LOU ISO N.
C’est vrai ! vous n’v voyez rien.
MORAND
Tu dis?
L0UIS0N
Mam’ selle Lucile non plus n’y voit pas clair; monsieur Daubrée non plus...
MORAND
Enfin ?
i.onsoN.
C’est visible à l'œil nu ce qii’elle a... c’est-à-dire ce quelle n’a pas !
MORAND
Je ne lui ai rien refusé?
LA STATUETTE DU .N GRAND HOMME
Oh ! que si...
MORAND. '
Oh! que si? Je voudrais bien savoir ce qui lui manque. LorisoN.
Peu de chose... un mari.
MORAND
La belle découverte, un mari ! (Passant au milieu.) En vérité, je Suis plus fou que tu n’es folle, d’écouter tes sornettes.
Monsieur... mes sonnettes sonnent juste.
MORAND
Lucile n’aime que son père.
Eh ! monsieur, nous autres femmes; nous avons le cœur grand, il y a place pour le père d’abord, puis pour le mari, et puis après plus tard... pour le petit monde.
MORAND
Fort bien... mais pour que Lucile aime d’amour... encore faut-il qu’on la recherche. Eh! que diable! on ne se brûle pas à la chandelle, quand il n’y en a pas.
I.OUISON, montrant Julien fort occupé, en cet instant, à travailler sur son plan.
Pourquoi donc que vous prenez monsieur Daubrée?
MORAND, la poussant à l’extrême droite.
Daubrée ! Que me dis-tu là? ma fille penserait à Daubrée ? coin S on, même jeu.
Elle y pense.
MORAND, avec explosion.
Il serait possible? Qui te l’a dit?... Où sont tes preuves?
Mes preuves ? Tenez, en fait de preuves, qu’est-ce que vous pensez... (Lucile entre de la gauche.) Chut! voilà mademoiselle.