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J'en ai conclu, à propos des solutions phosphatées, que l’on fabriquait d'excellents verres dépourvus de chaux, et j'en ai expérimenté quatre qui n’en contenaient que des traces : verre Serax, verre Legras, verre d'Iéna, verre de Cologne.
Un fait que J'ai noté également est que ces quatre verres,
réalablement lavés, essayés au point de vue de leur résistance vis-à-vis de l'eau, se comportent différemment. Trois d'entre eux ne cèdent pas d'alcali après 20 minutes de chauffage à 120°. Le verre Legras (au zinc) cède, au contraire, une quantité d'alcali qui équivaut sensiblement à celle qu'abandonnent les verres blancs du commerce. Le fait que le verre au zinc (verre alcalin) se comporte aussi bien que les verres neutres, pour la stérilisation des solutions phosphatées, prouve que le but unique à atteindre, dans ce cas, est de priver totalement le verre d'éléments calcaires. Malheureusement, nous
l'avons vu, cette élimination n'est jamais absolument fofale,
du moins dans tous les verres que j'ai pu essayer. Il en résulte que pratiquement on devra utiliser :
1° Pour les solutions de composés hvdrolysables (type cocaïne) des verres neutres, c'est-à-dire ne cédant pas d'alcali appréciable à l’alizarine sulfoconjuguée, dans les conditions habituelles de la stérilisation à l’autoclave. Ex. : verre d'Iéna (Shott et Genossen), Serax (Appert), de Cologne (Ehrenfeld).
2° Pour les solutions salines formant avec la chaux des composés insolubles (phosphates, arséniates), des verres non calcaires (verres à base d’alumine, de zinc, de magnésie) : verres précédemment cités, par exemple, et verre Legras.
3° Pour les substances un peu moins altérables (cacodylate de soude, méthylarsinate de soude, sels de strychnine, de spartéine, de mercure, ete.,) on aura cependant recours de préférence aux verres très peu alcalins, cédant par exemple moins de 5°%3 en soude centinormale pour 100: d’eau, dans un ballon de capacité correspondante et après 30’ de chauffage à 120°.
4° Pour les solutions de chlorures, bromures, iodures, on devra exclure les verres qui renferment du plomb.
On comprend enfin que les récipients de quartz et de silice fondue, qui sont à la fois non calcaires, non plombiques, et neutres dans toutes les conditions de température et de
durée de chauffe (alors que les meilleurs verres contiennent encore de la chaux et cèdent de l'alcali à l'eau pour peu que
l’on prolonge le chauffage), réalisent l'idéal en matière de stérilisation.
Malheureusement, le travail en est difficile et le prix de revient très élevé; mais il n’est pas impossible que lon arrive
sa
à des perfectionnements rendant ces produits utilisables commercialement.
Il ressort, en outre, de cet exposé qu'il existe bien peu de substances médicamenteuses décomposables par la chaleur seule, c'est-à-dire dont la stérilisation à 120°, à l’autoclave (seule méthode vraiment pratique, assurant une rigoureuse asepsie), soit absolument impossible.