‹ La StratégieChapitre 142 sur 197 · PAR M. D. MERCIER · texte numérisé non relu

PAR M. D. MERCIER

2 D . 7CD éch

3 C . 4D éch déc.

3 R . 4 ou 6TD 4 G . 6FD ou D . 3CD, échec et mat.

Solutions justes, — MM. les Amateurs bordelais; Grosdemange, à Commercy; Camîtlo; Fabrice, à Sèvres; Emile Frau, à Lyon; Henry Frau, à Lyon; A. Demasure, à Beauvais; F. Escorne, à Bordeaux; Paul Tagliaferro, à Avranches; Cercle littéraire de Bastia ; Félix Dupin, à Alais.

M. F. Escorne, de Bordeaux, nous fait remarquer qu'il existe une deuxième solution de ce Problème commençant par 9 C . 5D échec, ^

PAR M. S. LOYD

G joue.

D prC

FprD

F joue.

F . 2CR, échec et mî

it.

Solutions justes, — MM. Grosdemange, à Commercy; les Amateurs bordelais; E de Vergés, à Alger; Fabrice, à Dieppe; Emile Frau, à jLyon ; Henry Frau, à Lyon; D. Mercier, à Argelliers; Camille; A. Demasure, à Beauvais; F. Escorne, à Bordeaux; Paul Tagliaferro, à Avranches ; Don José S. Fabregas, à Tarragone ; Cercle littéraire de Bastia ; Félix Dupin, à Alais.

Le directeur-gérant, Jean Prctl.

Pariii. — iMprimerie Batit««t, Queitrot et C", 7, rue 9aMK tl rat de YbIoU, 18;

J,À snuiaii PrvMèittc n* feS, par M. S. liOjà.

Les Blancs jouent et font échec et mat en deux coups. Problème n" A4, dédié à la Stratégie par M. A. Demasure.

La position des pièces figure la laltra S.

Les Blancs jouent et font échec et mat en trois coups.

[. d'£cbbcs ProMème ii<> S», par M. S. Loyd.

Les Blancs font échec et mat en trois coups.

ProblèHie n.° Ml, par M. Grosdemange.

Le» Blaaos jouent et font échec et mat en quatre coups.

Pr*l»lèMic n" tm, par M. Conrad Bayer.

Premier prix du Concours de Londres.

Les Blancs jouent et font échec et mal en quatre coups. ProMème n" AS, par M. Conrad Bayer.

Premier priï du Concours de Londres.

Les Blancs jouent et font échec et mat «s cinq coups.

1" AimÉE. 16 M^Tembré tSttV. vMl.

JOURNAL D'ÉCHECS

LE TESTAItlENT DE SÉBASTIEN. HAHUCHET, JOUEUR D'ÉCHECS

La vieillesse m'accable comme le juif errant; après une vie pendant laquelle j'ai subi tant d'échecs, je sens que le mat ne saurait se faire attendre, notais j'y suis pr.éparé par les épreuves de ma vie tout entière. Je veux mettre un peu d'ordre dans mes idées et faire, pendant qu'il en est temps encore, mes ultièmes dispositions. Ma fortune (! ! !) est toute mobilière ; je n'ai ni palais, ni villa, ni chaumière. Je ne possède pas de rentes sur l'État français, pas la plus petite obligation mexicaine, je suis à l'abri des actions du Crédit Mobilier. Le gros lot de la Ville de Paris m'a toujours produit l'effet d'un conte bleu mis en circulation par des gens qui aimaient à rire aux dépens des malheureux. Mon inventaire sera bientôt fait.

1° Un Échiquier, garni de ses pièces, conquis par moi sur un Anglais le 17 octobre 1820. Ce triomphe a été le plus beau jour de ma vie. Après une lutte de quinze heures, j'ai fait mon adversaire échec et mat sur la propre case du Fou de sa Dame ; et quel mat I Quelle galerie pour l'admirer 1 On voulait me porter en triomphe, mais je m'y suis modestement refusé. Il fallut cependant me résigner à voir cette partie, qualifiée de sublime, inscrite sur l'airain et destiniâe à conserver aux âges futurs le nom de Sébastien Mahuchet. Mais bannissons ces idées glorieuses et revenons au sentiment de la triste réalité.

2* Le livre de Philidor, annoté par moi, enrichi de variantes nouvelles et mis au courant de la jurisprudence

250 LA STRATiOIl

échiquéenne. Philidor f reçois ici le juste tribut d'admiration dû à ton génie ; l'étude de tes œuvres magistrales a charmé bien des fois mes heures de solitude et m'a fait souvent oublier le chemin de mon maigre restaurant. Si quelque parcpUe de notre être survit à la dissolution, si le souvenir de ce que nous avons été subsiste après notre mort, quel vœu plus agréable pourrais-je former que celui d'assister daps les Champs-Elysées à tes merveilleuses leçons?

3** Le Traité des Amateurs.En ce moment solennel, j'aurais voulu qu'aucune pensée d'amertume ou de blâme ne vînt se glisser sous ma plume. Mais la vérité me force à dire que l'ouvrage est des plus médiocres et, qu'en un moment difficile, l'administration du Mont-de-Piété n'a pas voulu m'avancerr dix centimes sur ce gage que ma pénurie lui offrait. I^eut-être le souvenir de cet affront entre-t-il pour / quelque chose dans le jugement que je viens de rendre ; en ce cas, que les ombres des amateurs ne me fassent pas un trop mauvais accueil.

4* Les Œuvres de Labmrdonnaisl Salut au grand promoteur de la science moderne ! Salut au premier qui sut trouver un fil conducteur dans le labyrinthe des Gambits, dans le dédâie des fins de partie et qui laissa pour héritage à ses successeurs un, champ tout préparé pour de riches mois^ sons ! Dans une partie célèbre chantée par Méry, le Napoléon des Échecs, seul, sans autre secours que des soldats d'ébène, a su prendre sur les Anglais la revanche de Wa* lerloo. Bien plus, il osa opérer une descente dans cette île jusqu'alors inviolable, et mourut comme un nouveau Machabée, enseveli dans ses triomphes. Mais je m'aperçois que les cordes de ma lyre sont surexcitées et je me hâte de les détendre.

5* U Encyclopédie des ié'cA^cs d'Aleiandre. Comme témoignage de Pamitié qui m'unissait à cet homme de bien, je Veux dire quelques mots de son ouvrage, diversement apprécié par les auteurs contemporains. Bêlas I à l'exception d'un petit nombre de fidèles, qui se soucie aujourd'hui en France du père Alexandre et de son encyclopédie ? M. de Basterot, dans son Traité élémentaire du Jeu des Échecs, en fait une mention, sinon dédaigneuse, tout au moins sévère, et le bonhomme, cependant, méritait mieux que cela. V Encyclopédie des Echecs a été publiée à Paris en 1837. C'est le résumé comparatif en tableaux synoptiques des

JtURNÂL D'icsscs 25 1

meilleurs auteurs français et étrangers, tant anciens que modernes. Tous les débuts sont contenus dans cinquante-et-un tableaux, comprenant chacun trente-cinq variantes princi-* pales, dont un grand nombre sont conduites jusqu'au trentequatrième coup, limite moyenne où le sort d'une partie est décidé en principe. Les débuts sont classés en quinze grandes catégories, dont les divisions et les subdivisions ont reçu, par la suite, les honneurs d'une dénomination spéciale. Ainsi, le Cavalier du Bot, au deuxième coup, comprend tous les débuts connus maintenant sous les noms de gambit écossais, défense Pétroff, défense des deux Cavaliers, Giuoco Piano, Ruy-Lopez, défense Philodor, etc., la nouvelle nomenclature est plus exacte, plus correcte, et préférable à tous égards, mais il serait facile à tout amateur studieux d'indiquer, par un en-tête écrit à la main, les nouvelles dé* nominations.

La notation de V Encyclopédie est très-simple ; sans désigner pièces et Pions elle indique, au moyen d'une lettre et d'un chiffre, les cases de départ et d'arrivée. 11 n'y a donc pas d'erreur possible, tandis qu'avec la notation adoptée actuellement en France et en Angleterre. Il peut arriver que si les évolutions ont été nombreuses^ il devienne difficile de distinguer à première vue les Tour^ et les Cavaliers du Roi, des Tours et dés Cavaliers de la Dame.

L'absence complète de notes et éclaircissements présente dans l'ouvrage une lacune regrettable. L'auteur a répondu d'avance à ce reproche. «Outre que les notes eussent rendu le volume beaucoup trop considérable, elles m'ont paru superflues, parce que les variantes elles-mêmes sont les notes les plus claires. Le coup de défense, lorsqu'il réussit, fait toujours voir où est la faute, et pourquoi il y a faute. Je ne me suis jamais placé sur la même ligne que les grands joueurs, mais je crois que Ton ne peut me contester le plan de cet ouvrage, son utilité, le courage et la patience qu'il a fallu pour l'entreprendre et l'achever* » Ces raisons sont bonnes, aussi bonnes du moins que peufent l'être de mauvaises raisons, car, nous sommes tous des paresseux qui voijlon^ bien nous mettre en route, mais à la condition d'àvoir un guide qui nous fasse admirer les beautés du paysage et nous tienne en garde contre les accidents du chemin*

JiCS auteurs les plus connus et les plus renommes se sont donnés rendez-Vous dans les galeries d*Alexandre. Philidor y côtoie Stamma, Greco se trouve en face de Georges Wal-

252 LA STRATÉOIE.

kcr, Lewis y défie Allgaier. Stein, LoUi, Salrio, Ruj-Lopez et tant d'autres célébrités défilent à l'instant sous les yeux du lecteur comme les héros de Vllltade. C'est dire que Tou- > yrage renferme d'excellentes choses. Mais à défaut d'autres titres, V Encyclopédie d'Alexandre aurait encore des droits à l'éternelle reconnaissance des joueurs français, parce qu'elle contient les quatre-vingt-sept parties jouées par Labourdonnais . contre Mac-Donnell à différentes reprises. Sur ces parties disséminées sans ordre dans les cinquante-et-un tableaux de l'ouvrage,

Quarante-trois ont été gagnées par Labourdonnais,

Trcnte-et-une par Mac-Donncll,

Treize ont été remises.

Les débuts choisis par les deux illustres antagonistes ont été les suivants :

Ouverture du Fou du Roi. . 7

Gambit Evans 29

Gambit écossais 2

Gambit du Fou du Roi. . . 4

Gambit IVfuzio 3

Gambit Salvio. , .... 2

Gambit de la Datoe. ... 17

Débuts irréguliers 23

Dans le nombre de quatre-vingt-sept, Labourdonnais a eu quarante-trois fois le trait. Sur ces parties, .vingt-deux ont été gagnées par lui, douze perdues, huit remises.

Mac-Donnell, ayant eu le trait quarante-quatre fois, a gagné dix-neuf'parties, perdu vingt, remis 5.

Il résulte de cette petite statistique, que, pour établir une égalité parfaite entre les deux rivaux, Labourdonnais aurait dû céder le trait à son adversaire. Mais devant ces chefsd'œuvre le livre du père Alexandre reste froid. C'est toujours le même rond, la même potence ou le même delta pour exprimer le gain, la perte ou la remise. Il y a loin de cette formule «Igébrique aux accents passionnés des amateurs privilégiés qui ont pu assister à ces parties célèbres.

Nous ne dirons rien du côté théorique de V Encyclopédie ; compilation immense, œu^re de bénédictin ou de philosophe. Un auteur, quelle que soit sa supériorité, ne fait pas autorité à lui seul ; il faut donc compulser tous les chefsd'œuvre, réunir une masse imposante de faits et n'admet-

JOURNAL d'Échecs 253

trc que ceux qui ont été consacrés par l'emploi le plus général. Alexandre n'a rie» créé; il a lu, il a comparé, il a choisi. Ses travaux n'ont pas le caractère personnel et exclusif de ceux qui l'ont précédé. Avec un génie inférieur, il a cependant rendu pltis de services à' la cause des Échecs, Son livre est un foyer où sont venus se condenser tous les rayons lumineux jusqu'alors épars dans une foule de volumes écrits dans toutes les langues. C'est une vérité maintenant incontestable que la science théorique se borne à l'observation des règles adoptées par les grands joueurs ; c'est dans leurs ouvrages qu'il faut chercher le code de la pratique. En effet, où trouver mieux que chez ces régulateurs avoués, des solutions à tous les problèmes, des éclairciâsements à toutes les difficultés. Est-il avis ou opinions qui puissent faire loi comme ceux qui émanent, p^ur ainsi dire, d'un jury d'amateurs d'élite. Mais la tâche n'était pas facile à remplir, et le plus grand mérite d'Alexandre a été d'avoir compris cette vérité et de l'avoir mise en œuvre dans la mesure de son talent.

Pour copie conforme :

Ernest Nivernais.

(La suite à un prochain numéro»)

Nota. Nous n'acceptons pas la responsabilité des opinions du testateui*, surtout en ce qui concerne les (Euvres de Labourdonnais, qui fut incontestablement le premier jouejar de son époque, mais qui, sous le rapport théorique, n'a pas laissé des choses vraiment dignes de son nom.

U SmATÉGlE

PARTIES D'ÉTUDE

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