‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 20 sur 251 · NUTRITION DE LA CELLULE · texte numérisé non relu

NUTRITION DE LA CELLULE

Nous verrons dans la quatrième partie de cet ouvrage que la nutrition cellulaire doit se comprendre comme une succession graduée de triages par voie d'osmose et de modifications chimiques par double réaction qui rapprochent progressivement la constitution du suc ziutritif de celle des diverses parties qu'il doit nourrir, jusqu'à l'amener à l'identité, Vassimilatioîi est une ad-similation graduée et progressive. Elle ne pouvait être mieux nommée

Nous ne savons pas grand' chose sur la nature des réactions assimilatrices. Tout ce que l'on peut dire, c'est que des fermentations interviennent parmi elles, puisqu'on a trouvé des ferments dans des cellules autres que celles chargées de les sécréter, et qu'elles sont réductrices. A. Gautier (81 et 9'*), en effet, et d'autres ont constaté que beaucoup de cellules ne constituent jamais un milieu oxydant et que dans celles où se manifestent des oxydations, la fixation d'oxygène n'a lieu que pour le travail dynamique ou matériel-.

parfois gazeuses comme CO^dans la fonction chloryphyllienne) ; mais l'osmose s'exerce aussi bien sur les gaz que sur les liquides. Chez les êtres supérieurs qui ont un sang ou une sève, cela ne fait aucun doute pour les cellules baignées par cette sève ou par ce sang. 11 en est de même pour les racines des plantes et pour les Bactéries pour lesquelles le liquide où elles plongent est nutritif par lui-même. Mais il semble que les êtres unicellulaires ou certains pluricellulaires inférieurs fassent exception. Une Amibe, un Infusoire, une cellule à collerette d'Eponge incorporent des particules solides sur lesquelles l'osmose semble n'avoir aucune prise. Il n'en est rien. Lorsque l'on examine le phénomène de près, on voit que toujours la particule alimentaire est contenue dans une vacuole. Or, le liquide de cette vacuole n'est pas de l'eau, c'est un suc digestif sécrété par la paroi de la vacuole, le tonoplaste de De Vries (85). La particule alimentaire est partiellement dissoute dans cette vacuole et le liquide nutritif provenant de cette dissolution est absorbé par osmose à travers la paroi tonoplastique. La cavité de la

vacuole est pour le cytoplasma une partie du monde extérieur ; tout se passe donc comme si cette digestion préliminaire avait lieu en dehors de lui, comme si la cellule avait baigné par sa surface externe dans le liquide nutritif.

Les travaux de Fabre Domergue (88), Metschnikof (89), Le Dantec (91) ont parfaitement montré qu'il y avait sécrétion d'acides et de ferments dans ces vacuoles alimentaires. La digestion et l'absorption s'y font comme dans un estomac d'animal supérieur. Le Dantec nie que la paroi de la vacuole soit aucunement différenciée. Cela d'ailleurs n'a pas d'intérêt dans la question actuelle et sans doute DE Vries (85) n'a pas eu l'intention de dire que toutes les vacuoles sans exception étaient des toiioplastes.

1 Cependant V ad-similation ne va pas jusqu'à l'identification complète. J'espère montrer, dans la 4'' partie de ce livre, que réciproquement la cellule est modifiée elle aussi quelque peu par son aliment et qu'il peut y avoir là une explication du phénomène si obscur de Différenciation cellulaire dans l'ontogénie.

^ Le fait est démontré pour le muscle par

LES FAITS

I>. Accroissement.

Lorsque l'on conçoit l'Assimilation de la manière que nous avons admise, l'Accroissement n'est plus un prol)lème. Pour toutes les parties liquides ou facilement pénétraLles par les liquides, il se conçoit sans aucune peine. La difficulté n'existe que si l'on se borne à envisager les parties fig-urées. Mais si l'on va, comme nous l'avons fait, jusqu'aux substances chimiques qui les constituent, elle s'évanouit. Chaque organe de la cellule, quelle (jue soit sa structure, se compose de masses de substances chimiques juxtaposées ou plus ou moins intimement mélangées. Or chacune de ces masses s'accroit pour son propre compte par simple addition de molécules nouvelles de même espèce aux groupes de molécules déjà existants, en sorte que l'organe s'accroit sans que l'arrangement de ses parties soit en rien modifié. C'est de V intiissiisception aussi intime que possible allant jusqu'aux constituants chimiques. L'accroissement se fait par addition moléculaire dans le sens chimique de ce mot. Il est impossible de concevoir l'accroissement des parties par juxtaposition 1 .

Mais pour les parties solides, comme les grains d'amidon et surtout la membrane cellulaire, bien des auteurs pensent encore que l'accroissement se fait par addition superficielle de nouvelles couches parce que l'état solide de l'organe embarrasse pour concevoir une addition de molécules nouvelles au sein de sa masse. Cette addition a lieu cependant et les membranes, comme les autres parties de la cellule, s'accroissent sinon exclusivement, du moins en grande partie par intersusception ~. Le phé-

unc intéressante expérience de Chauveau.

Une aiguille d'acier poli, piquée dans un muscle, reste brillante tant que le muscle est au repos; elle se ternit par oxydation dès tiue le muscle entre en action . Voir la note de la page 57.

^ BijTSCHLi, dans sa théorie de la structure vacuolaire du protoplasma, admet que laccroissement se fait par formation de vacuoles nouvelles dans la substance fondamentale qui occupe les espaces étoilés entre les vacuoles déjà présentes.

Ces nouvelles vacuoles d'abord fort petites augmentent peu à peu de volume par absorption de chylema.

^ La possibilité de l'introduction de molécules au sein de la membrane est démontrée par ce fait qu'elle se produit dans des conditions où elle est autrement malaisée.

Ainsi, un cristal calcique déposé dans une solution magnésienne finit par se transformer en cristal magnésien sans que sa forme ait été modifiée, par substi-

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