‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 200 sur 251 · LE PROTOPLASMA · texte numérisé non relu

LE PROTOPLASMA

dont les parties constitutives sont disposées suivant un arrangement déterminé.

Le premier point est démontré par l'analyse chimique et n'est contesté par personne. Le second résulte de ce fait qu'il n'existe point d'êtres ou de cellules formés de protoplasma exclusivement hyalin. Il existe partout au moins des granulations et, le plus souvent, des fibrilles, ou des granules.

Le dernier caractère invoqué dans la définition semble être une hypothèse. Ce n'en est point une. Il résulte de ce fait que l'on peut tuer le protoplasma par des actions mécaniques, en l'écrasant, par exemple, par compression entre deux lames de verre. Ses propriétés changent instantanément, ses mouvements cessent, sa nutrition s'arrête. Un mélange homogène de subtances chimiques ne se comporterait pas ainsi : on peut broyer les substances albumineuses les plus complexes sans rien changer à leurs propriétés. Quand on broie la cellule, on ne change rien aux substances chimiques, mais on dérange leur agencement et, ce faisant, on détruit le protoplasma. C'est donc bien par l'arrangement des parties constitutives que celui-ci diffère de celle-là et c'est de cet arrangement que résulte plus spécialement la vie , bien que la composition chimique des parties en soit une condition indispensable.

On peut conclure aussi de ce qui précède que les parties dont l'arrangement produit la vie sont plus volumineuses que les plus grosses molécules chimiques , car celles-ci échappent par leur petitesse à nos moyens grossiers d'écrasement. Mais on ne peut aller plus loin et induire de là que ces parties sont des agrégats d'ordre supérieur, permanents, ayant une individualité matérielle comme les Plasomes ou les Micelles par exemple. Car, d'abord, la preuve ne vaudrait rien, vu que les microsomes eux-mêmes ne peuvent être écrasés ou altérés par nos moyens mécaniques, et, d'autre part, l'arrangement dont il s'agit peut porter sur des substances chimiques non individualisées en agrégats permanents. Une masse protoplasmique vivante est sans cesse parcourue par des substances en voie de déplacement osmotique, les uns entrant, les autres sortant. Ces substances dessinent donc dans sa masse des zones plus ou moins concentriques dont la constitution physico-chimique varie de l'une à l'autre par le seul fait que les couches les plus externes sont les plus riches en substances qui entrent, et les internes les plus riches en substances qui sortent. Cette distribution inégale des substances osmosées peut réagir chimiquement sur le mélange protoplasmique et déterminer une inégalité dans la distribution des substances du protoplasma. Il résulterait de là une struc-

LA THÉORIE DES CAUSES ACTUELLES

ture instable tendant sans cesse à s'effacer par diffusion des couches les unes vers les autres, mais sans cesse rétablie par le courant osmotique qui ne cesse qu'avec la vie ' .

Cette constitution du protoplasma est parfaitement compatil)le avec les nécessités expresses de la théorie. Neegeli et ceux qui l'ont suivi ont fait xme œuvre vaine lorsqu'ils ont inventé des facteurs de propriétés élémentaires sous le prétexte qu'il serait impossible aux matières albumineuses, malgré la richesse de leurs variétés, de fournir assez de combinaisons différentes pour expliquer la diversité infinie des cellules. Admettons, ce qui est certain, que les cellules des tissus différents d'un même être et que les cellules homologues des êtres appartenant à des espèces différentes, aient toujours une constitution différente; admettons même, ce qui est probable, que les cellules homologues des individus de même espèce ou des tissus similaires chez un même individu soient quelque peu différentes entre elles : si la chose peut s'expliquer par les Pangènes, Biophores ou autres facteurs matériels élémentaires quelconques, elle le peut aussi sans eux. Car, si l'on suppose ces unités matérielles se fondant dans la niasse et perdant leur individualité, les mêmes différences persisteront et les unités auront disparu. On aura dans le protoplasma amorphe les mêmes particularités de constitution chimique et d'arrangement des parties, sans avoir d'unités indépendantes^.

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