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Chapitre IX. — LA CORRÉLATION

Nous avons été amené, dans les chapitres précédents, à parler plusieurs fois de la Corrélation , à expliquer ce qu'elle est et à en donner des exemples. Il nous reste peu de choses à dire pour achever de la définir et montrer quels problèmes se posent à ce sujet.

Il faut disting-uer deux sortes bien différentes de corrélation.

L'une est celle qui établit l'accord nécessaire entre les parties du corps dans le type spécifique ; elle s'est établie lentement comme l'espèce elle-

est fâcheux, car il pourrait y avoir là un moyen de décider, pour les cas où la régénération estpossible, sila monstruosité résulte d'une tendance des tissus ou si elle est l'effet d'une condition ambiante accidentelle. Vulpian a observé des Axolotls qui, à la suite de morsures qu'ils s'étaient faites aux pattes, avaient régénéré un nombre de doigts exagéré, jusqu'à six et huit. Ici la cause est évidemment accidentelle. Cela est confirmé par la régénération, car en coupant la patte il voit celle-ci repousser avec le nombre de doigts normal. S'il avait coupé seulement un doigt supplémentaire, celui-ci aurait sans doute repoussé , mais cela n'eût prouvé (|ue la force de régénération du moignon et imllement son origine de cause interne.

Erasme Darwin (10) cite, d'après White, le cas d'un pouce surnuméraire deux fois amputé et deux fois repoussé avec son ongle, chez un homme. Mais on sait combien il faut se défier de ces observations anciennes.

Ces expériences mériteraient d'être reprises, dans les cas de malformation con-

génitale , chez les animaux qui régénèrent facilement leurs membres.

Tout récemment, Barfurth (94() a étudié ce sujet et conclu à l'existence de quelques règles intéressantes. D'après lui, la partie régénérée est d'autant plus sujette à des malformations qu'elle est plus étendue. Ainsi lorsque l'on coupe à un Axolotl un doigt, puis la main, puis le bras, le premier repousse toujours normal, la seconde généralement; le troisième au contraire donne souvent naissance à un membre hémitérique.

Les sections obliques ont les mêmes effets. Ainsi en coupant le radius et le cubitus à des hauteurs différentes, on n'obtient presque jamais la régénération d'un membre normal.

Le même auteur admet que la Régénération favorise l'Atavisme, en se fondant sur ce que souvent , chez les Axolotls, la main se régénère avec cinq doigts au lieu de quatre; or l'ancêtre avait sans doute cinq doigts aux mains.

Mais nous verrons plus loin, en étudiant l'Atavisme, que cette conclusion est fort discutable.

LES FAITS

même , elle est pliylogénétique. Telle est la corrélation entre les longueurs du cou et des pattes antérieures chez la Girafe. On cite souvent cet exemple parce qu'il est très frappant, mais il n'est pas besoin de chercher si loin pour en trouver qui ont au fond la même valeur. On peut dire (|ue, dans tous les êtres, presque tous les organes sont corrélatifs les uns des autres, sans quoi leur fonctionnement serait impossible. La poire a un pédoncule plus fort que la cerise, sans quoi elle tomberait avant maturité et ses graines seraient perdues. La longueur de l'œsophage est en rapport avec celle du cou, le diamètre de la trachée avec le volume des poumons, etc., etc., etc. Il n'y a pas un viscère, un os, un muscle, une fibre qui ne soient proportionnés à leur travail et par conséquent corrélatifs du reste du corps. Cette corrélation s'est établie en même temps que les caractères de l'espèce, et sans créer entre les parties corrélatives une dépendance étroite et immédiate telle que si l'une venait à varier l'autre se modifierait aussitôt dans le sens voulu. Personne n'admettra qu'une Girafe qui, par un accident tératologique, naîtrait avec un cou trop court verrait ses pattes antérieures diminuer en même temps. J'exprimerai cela en disant qu'il y a, dans ces cas, corrélation phylo génétique et indépendance ontogénétiquo.

Mais il existe une autre corrélation qui manifeste ses effets subitement et dans laquelle on n'aperçoit souvent ni relation causale, ni relation d'utilité entre la modification produite et celle qui l'a provoquée. La relation d'utilité peut faire vraiment défaut, mais la relation causale doit exister toujours, et c'est elle qu'il s'agit de trouver quand elle ne se montre pas. Nous en avons rencontré déjà plusieurs exemples.

Les caractères sexuels secondaires sont corrélàtifs des organes sexuels et il y aurait à expliquer comment ce sont les uns ou les autres qui se développent, selon que les cellules germinales deviennent des ovules ou des spermatozoïdes ; comment ils s'effacent ou s'atténuent à la suite de la castration sénile ou opératoire.

La Tératologie nous a montré et expliqué d'autres cas très curieux de corrélation , par exemple entre l'absence de spicule et celle des bras chez les Pluteus, entre l'inversion du cœur et celle des viscères abdominaux, chez le Poulet, etc., Darwin (79) a trouvé toute une série de variations corrélatives obtenues par les éleveurs qui, en pratiquant la sélection d'un caractère d'un organe, ont fait varier sans le vouloir des organes différents. Le même auteur a remarqué (80) que les chevaux qui ont les balsanes ont une étoile blanche au front , (|ue les chiens noirs qui ont les

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