LA RACK
l'énergie Le problème de la Descendance ne porte pas sur son existence, mais sur la manière dont elle a pu s'effectuer. Ceux que ces prémisses choqueraient n'ont qu'à fermer le livre. Nous perdrions notre temps à discuter ensemble, nous ne parlons pas la même langue ^
Tout ce qui concerne la race, définie comme elle vient de l'être, repose sur un fait d'observation banale, que tout le monde a toujours connu, mais dont Darwin a le premier fait sentir toute l'importance : l'être engendré est semblable à ses générateurs, mais il ne leur est pas identique. De là découle tout naturellement la division de ce livre en trois chapitres : 1° ri/6'V'erf«V6'' traitant des ressemblances du produit avec ses parents; 2° la Variation étudiant les caractères nouveaux qui se montrent dans l'être engendré; 3" Y Origine des espèces cherchant de quelle manière la variation peut aboutir à la production des formes nouvelles. On voit tout de suite quelles importantes questions théoriques se poseront à ce propos.
La plus grave de toutes est celle qui a été l'origine de ce livre : Qu'est-ce que l'Hérédité? Comment et sous quelle forme sont contenues dans les produits sexuels les caractères si minutieux et si variés dont l'observation journalière nous montre la transmission? Si les caractères acquis sont transmissibles, comment les modifications produites dans le corps peuvent-elles se transmettre, avec une précision si admirable, aux cellules germinales qui ne contiennent encore aucun des org anes qui auront à les subir? S'ils ne le sont pas, par quel moyen peut se faire le progrès de l'adaptation des êtres à leur milieu? Quelle est l'origine de la Variation? A-t-elle des limites? Peut-elle se majorer, se fixer, et comment? Enfin comment se formentles espèces nouvelles? Comment se concilie leur fixité évidente avec les nécessités de la Descendance. Nous indiquons rapidement ici ces problèmes théoriques, mais nous les abandonnons pour le moment.
* Quelques mathématiciens se sont amusés cependant à une géométrie non- Euclidienne, dans laquelle on remplace par leurs inverses nos postulatums de sens commun, et où l'on admet que la ligne droite n'est pas le plus court chemin d'un point à un autre, ou que par un point on peut mener plus d'une parallèle à une droite donnée. Ces essais sont curieux, mais ils ne pourront se proposer comme théories sérieuses, que le jour où leurs théorèmes auront permis d'élever une voûte ou de construire un pont.
^ Les petits faits de détail que chacun s'efforce de trouver pour consolider le Transformisme ont tous leur intérêt sans doute, mais l'édifice est inébranlable sans eux. Il suffit qu'un chien et un homme aient quatre membres, une tête, et un tronc, des yeux, un cœur, un tube digestif, etc., que les êtres soient bâtis en somme, au moins par grands groupes, sur le même large plan général, pour que le Transformisme soit la seule théorie à laquelle un esprit purement scientifique ait le droit de s'arrêter.
LES FAITS
Ils seront examinés dans les parties théoriques de cet ouvrage. Ici nous nous bornerons à l'exposé des faits sur lesquels les théories s'appuieront et avec lesquels elles auront à compter.