GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE
La Suède a occupé de bonne heure une place éminente dans le domaine des sdences géologiques. Urban Hjànie (1641/1724) énonçait déjà l'opinion, développée ultérieurement par plusieurs autres savants, que les couches tenestres ont été déposées originairement dans l'eau, que les fossiles avaient été des êtres vivants, et que la terre est soumise à des modifications multiples. Après Hjame vinrent E. Svedenborg (1688/1772), M. v, Bromell (1679/1731), K. Stobœua (1690/1742) et A. Celsius (1701/44), avec leurs mémoires, remarquables pour l'époque, dans des questions géologiques et paléontologiques; ce dernier sur la diminution des eaux de la Baltique et de l'Atlantique. Grâce à sa puissance d'observation. Cari v, Linné (1707/78) interpréta avec une étonnante justesse les divers phénomènes géologiques qu'il découvrit dans plusieurs provinces de la Suède. C'est ainsi qu'il établit, entre autres, un profil, encore coiTOCt dans ses traits généraux, des couches cambriennes et siluriennes qui forment le KinnekuUe, et compara les gisements de cette montagne avec ceux d'autres régions. En admettant la présence d'une série déterminée de couches sur la totalité du globe,
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et, en posant la thèse que ces couches araient été formées dans la mer, il jeta en réalité les fondements du système posé par le géologue et minéralogiste allemand Wemer entre 1780 et 1790, système répartissant les roches d'après la série d'ordre dans laquelle elles ont été déposées par l'eau, et qui n'est, à tout prendre, rien autre que le développement des opinions de Linné. £n ce qui concerne les minéraux, Linné comprit l'importance de leur système crystallin au point de Yue de la classification systématique. Sa méthode fut suivie par ./. G. Wal- Urina (1709/85), qui publia le premier manuel véritable de minéralogie, ouvrage estimé de beaucoup supérieur à tout ce qui avait été écrit jusqu'alors dans cette science depuis les temps d'Agricola. A. F. Cronatedt (1722/65) fit faire à la minéralogie un pas de géant par son remarquable ouvrage c Essais de minéralogie ou de systématisation minéralogique», qui a été traduit dans plusieurs langues.
£n 1776, T, Bergman (1735/84) publia son célèbre ouvrage cDescription physique du globe», que l'on peut dire avoir été le précurseur des idées de Wemer à un degré plus éminent encore que les ouvrages de Linné. Cette description contient un grand nombre d'énonciations remarquables sur le mode de formation et de répartition des couches meubles et solides, leurs métamorphoses, leurs dislocations etc., énonciations témoignant d'une appréciation des phénomènes géologiques étonnamment claire pour son époque. Bergman signala, entre autres, comment les sédiments déposés au fond des mers doivent contribuer à l'élévation du niveau de l'eau, opinion qui a été ultérieurement affirmée et développée dans les derniers temps. D. Tilas (1712/72), le baron S. Hermelin (1744/1820) et V, Hisinger (1766/1852) se sont aussi fait remarquer dans le domaine des explorations géologiques, les deux derniers surtout par leurs cartes géologiques. On peut dire en pleine connaissance de cause que les géologues suédois du 1 8°^* siècle suivirent leur propre voie, marchant de plain pied avec leurs contemporains étrangers, et même l^s devançant plus d'une fois.
Au commencement du 1 9 "»• siècle, N. G. 5«/i<r<5m (1787/1845) éveilla par ses observations l'attention sur les stries produites par érosion sur les roches et sur leur direction d'après une norme régulière. A cette époque, la paléontologie commença à fleurir chez nous, principalement grâce aux travaux de Hisinger, de G. Wahlenherg (1780/1851), de W. Dalman (1787/1828), de iS. iVt/««(m (1787/1883), et, plus encore, à ceux de N. P, Angelin (1805/76), qui établit la classification des couches siluriennes suédoises d'après leurs fossiles animaux. Comme paléontologistes se sont aussi spécialement distingués G, lAnnarêêon (1841/81), B. Lundgren (1843/97) et S. A. TuUberg (1852/86).
Pendant les dernières périodes décennales, la géologie et la paléontologie ont fait des progrès incessants; les séries de couches et les fossiles animaux et végétaux du silurien, du rhéto-lias et de la craie sont étudiés et décrits, les dépôts de la période quaternaire sont explorés avec un intérêt et un succès croissants, et, dans cette branche de la géologie, la Suède a marché en tête à bien des égards, et montré la voie aux géologues étrangers. La constitution microscopique des roches primitives est étudiée; les mystères de la période archéenne et la techtonique compliquée des roches alpines sont l'objet d'études à fond. Dans nos universités, la géologie occupe désormais une place éminente et définitive. En un mot, l'époque présente oft'e, dans la géologie, la minéralogie et la paléontologie, une vie et un intérêt qui ne se rencontrent à aucune autre époque antérieure. Dans chacun de ces domaines, la Suède possède des pionniers qui ont obtenu une célébrité universelle par leurs recherches fécondes en répiltats précieux.
Une cause extérieure qui a éminemment contribué à cette grandiose évolution, a été la création du c Service de la Carte géologique de la Suède» (Sveriges Geologiska UndersOkning; 1858), institution d'État, se livrant à l'exploration et à