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INDUSTRIE MINIÈRE

Parmi les gisements métallifères de la Suède, ceux de minerai de fer sont les pins importants, tant au point de vue de la qualité supérieure caractérisant la plupart d'entre eux, qu'en égard à leur nombre. La seconde place, quant à la quantité, est occupée par le cuivre et lé zinc. Viennent ensuite les minerais de plomb, d'argent et de manganèse, et, en dernier lieu, les pyrites de fer, les minerais de cobalt et les minerais aurifères.

Mont de Kirunavara.

&«n. Stab. LiiAnsL Stockholm

INDUSTRIE MINIÈRE. 183

De la superficie totale du pays, une région relativement restreinte possède des terrains métallifères. Dans toute la partie centrale et méridionale du pays, les principaux districts miniers sont concentrés sur une aire ne mesurant qu'environ 15,000 kilomètres carrés, s*étendant de la partie la plus méridionale du golfe du Botnie, à Test, à la région située au nord du lac Venern, à l'ouest. On ne rencontre en dehors de cette zone qu'un petit nombre de gisements, tels que quelques minerais de fer en Sudermanie, le célèbre amas-filon du Taberg, en Smâland, les mines de cuivre d'Atvidaberg, et quelques minerais de fer, de cuivre et de manganèse en Ostrogothie et en Smâland.

Dans les limites de ladite zone métallifère, on trouve à l'est le gisemeift de Dannemora, dont les minerais de fer sont célèbres par leur pureté absolue de phosphore et par d'autres éminentes qualités. La partie centrale du même district contient les mines de Norberg, Bispherçy Gràngesberg, Biddarhyttany Striberg, Stripa, et une foule d'autres champs de minerais de fer importants. Plus à l'ouest sont situés les gisements de Persberg, Nordmarken, Taberg (Vermland) et Lângban.

Au nord de cette zone métallifère se présentent des minerais de diverses espèces, 'dont les principaux sont situés au voisinage du cercle polaire ou dans la partie la plus septentrionale du Norrland. Ici se trouvent les immenses gisements de Gellivare, Kirunavara^ Luossavara, Svappavara et Buotivare, dont plusieurs, par leur extension, leur puissance et leur richesse en fer, appartiennent aux plus éminents gîtes de minerais suédois. Quelques-uns mêmes doivent être considérés parmi les plus puissants et les plus riches gisements de fer de tous les pays. Ainsi, la section horizontale de la masse de minerai assez verticale de Kirunavara — Luossavara représente une aire de 430,000 mètres carrés. La même section des minerais de Gellivare s'élève à 200,000 mètres carrés. A Ruotivare, l'aire de minerai est évaluée à 300,000 mètres carrés, et celle de Svappavara à 50,000 mètres carrés. Le manque de commimications a fait que Gellivare est néanmoins à présent le seul gisement exploité dans une certaine extension. L'exploitation atteindra cependant, dans peu d'années, Kirunavara — ^Luossavara, quand la voie ferrée déjà trafiquée de Luleâ à Gellivare aura été achevée jusqu'au port Victoria sur le golfe d'Ofoten en Norvège.

Une circonstance qui a contribué aussi à ce que ces minerais n'ont pas été travaillés antérieurement sur une plus grande échelle, est leur haute teneur de phosphore (Gellivare, Kirunavara) ou de titane (Ruotivare).

Tous les minerais de fer qui viennent d'être énumérés, appartiennent aux minerais en roche. Ils se composent en majeure partie de magnétite, et seulement une partie relativement faible est de l'hématite ou aussi un mélange de magnétite et d'hématite. Ainsi, en 1898, la production a été: de minerais de magnétite 2,064,010 tonnes et de minerais d'hématite 238,536, c'est-à-dire 89-6 % de magnétite et seulement 10*4 % d'hématite.

INDUSTRIE MINIÈRE. 185

Outre les minerais métalliques mêmes, les gisements de fer contiennent une grande quantité d'autres minéraux, les minéraux de gangue (skam ou lagerarter), qui se présentent soit seuls, en quantités plus ou moins grandes, soit danB un mélange plus ou moins intime avec le minerai. Le quartz est entre antr^ un constituant commun, surtout dans les hématites. On rencontre en outre le feldspath, la chlorite, le talc, le pyroxène, Tamphihole, l'épidote, le grenat et Tapatite, dont plusieurs entrent aussi bien dans la composition des magnétites qne dans celle des hématites.

Certains minerais de fer sont caractérisés par leur richesse en chaux. En Suède, on les nomme dans la pratique <blandstenar>. Les minerais dont la gangue «e compose principalement de pyroxène, d'amphibole, de grenat, etc., peuvent être employés seuls, sans addition d'autres minerais, dans la fabrication de la fonte, et QD les nomme par cette raison, dans la pratique, cengàende», c.-à-d. fusibles par -mêmes. Enfin, les minerais quartzeux forment, également dans la pratique,

troisième classe, celle des minerais secs (torrstenar).

Si l'on base uniquement les minerais de fer de la Suède sur les yariations de

composition chimique et minéralogique et sur celles des minéraux qui les Wcompagnement, on peut établir le groupement qui suit: a) minerais de fer prinfEfncipalement accompagnés de quartz et de feldspath: ces minerais sont surtout MB hématites; b) minerais à apatite: tantôt des magnétites ou des hématites; 4^ minerais à pyroxène, amphibole et grenat: exclusivement des magnétites; d) minerais calcarifères et manganésifères : ordinairement des magnétites; e) miserais titanifères: exclusivement des magnétites.

Dans la règle, les minerais de la Suède centrale contiennent très peu de phosphore. La quantité de phosphore varie chez eux entre 0'005 et 0*05 %• Far contre, nous possédons aussi des minerais contenant de O'i à 1*5 ^ de phosphore, comme p. ex. une partie de ceux de Grangesberg, Gellivare et Kirunavara. On trouve même, dans les deux derniers champs miniers, des minelais à teneur de 1*5 à 3 ^ de phosphore.

Outre ces diverses espèces de minerais de fer, on exploite aussi dans un certain nombre de provinces, principalement en Smâland, des minerais de lac et de marais (limonites). La production de ces minerais a néanmoins toujours été insignifiante en comparaison de celle des minerais en roche; elle a même si fortement diminué dans le oourant des dernières années, qu'elle ne s'est élevée qu'à 368 tonnes en 1898.

Notre principale mine de zinc est celle d'Ammeberg, appartenant à la société belge de la Vieille Montagne. La plus grande mine de emvre est celle de Falun, exploitée depuis des temps immémoriaux, et connue du reste des métallurgistes du monde entier. La plus riche de nos mines de plomb et à'argent est celle de Sala, exploitée depuis environ quatre siècles.

Presque tous les minerais qui viennent d'être énumérés, à l'exception des limonites ou minerais de lac et de marais, se rencontrent dans les roches de la série archéenne, c.-à-d. dans les roches primitives, telles que le gneiss commun, le gneiss à «hftlleflinta» (gneiss pétrosilicieux), le <h£llleflinta> (pétrosilex), mais principalement dans les deux derniers.

Plusieurs des minerais de fer dans la partie la plus septentrionale du Norrland, comme ceux de Kirunavara, Luossavara, etc., sont encaissés dans des roches porphyriques.

Tons ces gisements présentent, dans la règle, la forme de lentilles, d'amas et de nodules. Généralement, ils affectent celle de lentilles, ayant dan» ce cas la même inclinaison et la même direction que leurs roches encaissantes. On les considère par suite comme contemporains de ces roches, avec lesquelles ils présentent une certaine conformité, d'où l'on admet que tous ces minerais constitaent des couches.

Mines de Gellivare. Transport au jour.

Quelque rares dépôts ont la forme de filons ou de filons-amas. A cette catégorie appartiennent, entre autres, certains minerais de fer formant des gîtes dans des roches éruptives (le gabbro et Thypérite). Le plus connu de ces gisements est celui du Taberg smâlandais, situé à onze kilomètres environ de h ville de Jônkôping. C'est un massif montagneux de 450 mètres de largeur et d'environ 900 mètres de longueur, sur 125 mètres de hauteur au-dessus da terrain environnant. On peut mentionner de plus comme filons certains gisements de manganèse, d'argent, de cuivre, de plomb et de blende de zinc. Enfin, il a été trouvé de l'or dans des filons ou des dépôts de quartz à Adelfors, en Smâland, et dans la mine de cuivre de Falun. On rencontre, dans la dernière mine, l'or dans la région des minerais quartzeux, accompagné de galénobismutique sélénifère.

A côté des richesses minérales qui viennent d'être mentionnées, la Suède possède aussi de la houille^ mais uniquement dans la province de Scanie, et du reste aucunement en quantités comparables à celles d'autres pays producteurs de la houille. Les lits de houille sont à peu près hori-

zontaux, et se présentent dans des couches de grès et de schistes argileux appartenant à la période rhétienne (au commencement de la période jurassique). Une partie de Targile accompagnant la houille est réfractaire. Les principaux gisements carbonifères, Hôganâs, Billesholm, Bjuf, Skromberga, etc., sont tous situés dans la partie nordonest de la province de Scanie.

Chevalements sur Vorifice des puits d'extraction à Dannemora.

Les richesses de la Suéde en minerais de fer.

La puissance des minerais de fer est très variable, par suite de leur forme lenticulaire ainsi que des dislocations et des pressions qu'ils ont subies après leur formation. La puissance la plus grande est celle des célèbres gisements de fer du gouvernement de Norrbotten. Elle

varie par exemple à Kirunavara entre 35 et 150 mètres. On rencoiitre à Gellivare des minerais crime puissance de 70 mètres.

Parmi les gisements ferrifères de la Suède centrale, 6r&ti( occupe le premier rang à T égard indiqué, avec une puissane-e mii de 90 mètres. Dans les autres gisements d'une certaine grandeur» varie entre 12 et 30 mètres, et s*élève parfois jusqu'à 35 mètreis. est toutefois iniérieure k 10 à 12 mètres dans la grande majorité mines suédoises. On estime qu*avec une puissance de 2 mètres^ les rais de fer valent encore Texploitation. On n'exploite pas moins, parfois, des minerais d'une puissance encore inférieure, à cause des priétés toutes spéciales du minerai.

La thhw de cuivre de J*^alun. Anciens ira vaux à ciel ouvert.

An point de vue de la continuité en dîreetioiit les minerais

hothuiens occupent aussi le premier rang. Ainsi, le grand massif et Kiruiravara mesure une longueur continue de 3,5(M} mètres, et dans son voisin itn médiat, Luossavara, Tétendue en direction est de près d# 1,301* mètres, iiellivare, situé de même dans le gouvernement de Xorrbotten, n'a pas, il est vrai^ un minerai aussi continu, ni des gites d'trn-^ longueur égale h ceux de Kirunavaraj mais la longueur réunie deft lentilles et des parties stériles qui séparent ces lentilles, s'élève par places jusqu'à 7,<K)fï mètres.

Les gisements de minerais de fer exploités d'ancienne date dans la S>ip<1f^ ''t-iitialc. Tn^ îH^ssèdf»llt ni lentilles ni amas d'une longueur côntnni*^ aussi considérable que celui de Kirunavara. Les mines les plus remar-

IaBB richesses de la SUÉDE EN MINERAIS DE FER.

La mine de cuivre de Falun.

Transport souterrain.

Phot. Alfred Dablobex, Uppsala.

y. MINES ET USINES DE LA SUÈDE.

qnables à cet égard sont celles de Norberg et de Grângesberg. La première a des gisements dont la longueur s'élève à 1,200 mètre», et dans la seconde, le maximum est d'environ 1,000 mètres* Une longueur de 200 à 300 mètres constitue, en général, la majorité de nos gisements.

Si, par contre, on considère la longueur totale des gisements ou la longueur de toute la série des gisements dans le sens de la direction, on arrive à des chiffres encore plus grands. Ainsi, la longueur totale des gisements de Norberg est d'environ 20,000 mètres. Les mines de Grângesberg et celles de Lomberg y appartenant comportent 4,000 mètres, les mines de Biddarhyttan 3,500 mètres, et les célèbres mines de Dannemora 2,000 mètres. Dans le sens du plongement, il a été abattu des minerais de fer jusqu'à la profondeur de 400 mètres.

L'exposé qui précède relativement à l'extension en direction d'un certain nombre de nos minerais et à leur puissance, permet déjà de se faire une idée des immenses richesses en minerais de fer que possède la Suède. Elles ressortent encore mieux des chiffres suivants, donnant l'aire de section horizontale des minerais ou Vaire de minerai d'une partie des principaux champs miniers du pays, et quant aux autres, du total approximatif de la même aire. Le plongement (inclinaison) latéral, à partir du plan horizontal, de la grande majorité de nos minerais de fer étant très considérable ou se rapprochant même du plan vertical, ce tableau fournit, à l'égard de nos différentes mines et de leur aire de section horizontale de minerais de fer, une idée assez exacte des richesses de la Suède quant aux minerais mentionnés.

Mines.

Mètres carrés.

Kirimayara-Laoss. .. 430,000

Raotivare 300,000

Taberg (Sm&land) ... 260,000

GeUivare 200,000

Grftngesberg 90,fX)0

Svappayara 50,000

Norberg 30,000

Mines.

Mètres carrés.

Riddarhyttan» 25,000

Dannemora 12^250

Persberg (Vermlrd) ... 10,000

Striberg 7,000

Stripa 6,000

Kantorp 6,000

Dalkarlsberg 4.900

Mines.

MètRi

canéB.

StroBsa aSOt»

Pershyttan 3^«3

Skôttgrufvan 2,7»)

FinninoBseii 2^

Bi8pber8^ 2,000

Nordmark IfilXi

Autres* 125,770

A ajouter de plus à cette aire de minerai totale de 1,572,500 mètres carrés, la grande masse de minerais contenue dans les mines et les gisements non exploités par une raison ou par une autre, que Ton rencontre dans les limites ou au voisinage de nos grandes mines et même de la majorité de nos plus petites. Il est impossible d'indiquer, même approximativement, l'apport fourni par ces mines ou par ces gisements à l'aire totale.

En partie d'après des calcnls approximatifs.

STATISTIQUE DE l'eXPLOITATION MINIÈRE.

Statistique de l'exploitation minière.

Comme on peut le voir d'après le tableau 34, le fer joue, dans Texâtation minière de la Suède, un rôle prépondérant, et c'est actuellement seul métal pour lequel la Suède ait une situation importante sur le (Tché du monde. Dans des temps plus anciens, c'était aussi le cas ec le cuivre, et même l'exploitation des mines d'argent suédoises a i assez considérable à certaines périodes; mais ces deux métaux ne iment lieu maintenant qu'à une exploitation insignifiante.

L'exploitation de minerais de fer en Suède est entrée de nos jours ns une phase nouvelle, depuis qu'il a été possible, au point de vue techjue et économique, d'exploiter aussi les mines riches en phosphore de rtaines parties de la Suède centrale et de la Laponie. Sur les progrès iportants de notre exploitation minière dans ces circonstances nou- Ues, voir les chiffres donnés dans le tableau 34, et le diagramme la page 192. Le tableau 35 donne une comparaison entre la Suède

les autres pays. Au cours des années 1871/75, la production du inerai de fer en Suède atteignait les 2*39 ?i de la production totale I globe; en 1897, cette proportion s'était élevée à 2*89 ?i. Si cepenmt, à en juger par ces chiffres, la contribution de la Suède peut kraître encore assez faible, il ne faut pas oublier d'abord que la ri- \esse en fer des minerais suédois est sensiblement supérieure à ce d'elle est dans les autres pays, et de plus que tout annonce pour un 7enir prochain un accroissement encore plus considérable de la prottction de notre pays.

'abl. 34.

Production total des minerais. En tonnes.

MineraiB.

Moyennes 1871/75.

Moyennes 1876/80.

Moyennes 1881/85.

Moyennes 1886/90.

Moyennes 1891/95.

En 1898.

Fer»

Or

^ent et plomb

Cîiiiyre

Nickel

Zinc

Cobalt

ManganèBO

Pyrite

Houille

Argile réfractaire* .

Total

vV'l,9c9v

* La production annuelle des minerais de fer s^est éleyée, en 1833/40 à 235,000 onnes, en 1841/50 k 270,000 tonnes, en 1851/60 à 349,000 tonnes, en 1861/65 à 464,363 onnes et en 1866/70 à 553,759 tonnes. — ' Les données manquent avant 1888. Le chiffre le 98,063 représente la moyenne des années 1888/90.

y. MINES ET USINES DE LA SUÈDE.

Production des minerais de fer.

Pour raccroissement extraordinaire de Vexporiation des minerais ii fer dans les derniers temps, nous renvoyons au diagramme à la page 19i En 1899, elle atteignait près de 1,628,000 tonnes; mais il faut s'attendre sans doute à la voir bientôt doubler, après l'ouverture du chemin de fer qui mettra nos mines en relation avec l'Océan Atlantique. Ainsi, Tciportation suédoise se rapproche peu à peu en importance de celle de 82bao, qui, avec son chiffre annuel de 5 à 6 millions de tonnes, a ùccu^ pendant longtemps le premier rang dans le monde.

Sur le chiffre de l'exportation suédoise en 1898, chiffre qui s'éleviit à 1,440,000 tonnes, estimées à près de 11 millions de couronnes, 619XIIX> tonnes provenaient des mines de Grftngesberg dans la Suède central? (gouvernements de Kopparberg et d'Orebro), qui dirigent leurs ininem-^ sur le port d'Oxelôsund en Sudermannie et les écoulent principalement dans l'est de l'Allemagne. Les 821,000 tonnes qui restent provenaient d** Gellivare en Laponie, et étaient embarquées dans le port de Luleâ (gouvernement de Norrbotten); ici, le placement se fait principalemeii^ dans l'ouest de l'Allemagne (en passant par les Pays-Bas) et en Angl^ terre. Le troisième grand port d'exportation pour les minerais suédois sera, dans quelques années, le port de Victoriahavn en Norvège, sur la côte de l'Atlantique, d'où les richesses minières de Luossavara et de Kirunavara seront répandues dans le monde.

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