MÉTIERS ET INDUSTRIE DOMESTIQUE
L'histoire des métiers est d'accord, dans notre pays, en général avec celle des antres pays européens, et spécialement peut-être avec celle de rAllemagne. L'année 1846 marqua chez nous la suppression des vieilles corporations (skrân), qui furent remplacées par de» sociétés libres d'artisans pour servir leurs intérêts communs. Le droit d'exercer la maîtrise fut subordonné à certaines qualités civiles, et, pour la plupart des métiers, à l'obligation d'avoir subi une épreuve conférant la maîtrise. Le droit d'avoir un atelier dans une ville imposait l'obligation d'être membre de la cité. Mais n'importe quel métier pouvait être exercé dans les campagnes. Il fut également permis d'exercer plusieurs métiers. De plus, il fut accordé à toute personne majeure et de bonne réputation, qu'elle fût ou non citoyen d'une ville et munie ou non du brevet de maîtrise, l'autorisation de fabriquer des marchandises avec le concours de sa femme et même celui des enfants domiciliés chez leurs parents. Cette liberté fut même étendue aux femmes. Enfin, la liberté complète de Vindustrie fut introduite en 1864.
Il y avait en Suède, en 1898, 40,711 artisans qui occupaient 40,181 ouvriers; le bénéfice total des patrons était évalué dans l'état des contributions à 23-20 millions de couronnes. Parmi les artisans, 1,347 étaient femmes, et parmi les ouvriers 3,399. Quant au nombre total (artisans et ouvriers), les chiffres les plus élevés sont fournis par les métiers suivants: cordonniers 13,545, tailleurs 11,638, serruriers 8,561, menuisiers 8,352, boulangers 5,783, peintres 4,889. Ceux qui présentent le bénéfice total le plus élevé, sont les tailleurs, avec 2'6.'i millions de couronnes, les cordonniers, avec 2*4 9 millions de couronnes, etc. Bien qu'il existe des données statistiques sur les professions manuelles de notre pays depuis plusieurs dizaines d'années, elles ne sont pas cependant pour les époques les plus anciennes d'une exactitude suffisante pour donner des éclaircissements désirables sur la question si importante du recul des professions manuelles par suite de la concurrence de la grande industrie. La marche du développement a dû être, dans notre pays, à peu près la même que sur le continent européen.
Dans certaines parties de la Suède, des métiers spéciaux ont atteint de temps immémorial un développement assez considérable; de nos jours, cependant, les branches les plus importantes ont passé généralement à la grande industrie. Au reste, les métiers ont naturellement en premier lieu une importance locale, avec débouché qui s'étend tout au plus aux autres régions du pays; c'est pourquoi, un compte rendu plus détaillé sous ce rapport n'est pas nécessaire.