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ARTS INDUSTRIELS

Le vif mouvement, tendant à créer une alliance intime de Fa de l'industrie, né en Angleterre après les premières expositions selles entre 1850 et 1860, et répandu de ce pays en Europe, n'atteij la Suède qu'environ vingt ans plus tard. Mais, aussitôt que nous efiaM compris que notre petite industrie s'était engagée dans une fausse voie, l'envie nous prit de relever et d'améliorer nos arts industriels, snrionA l'industrie textile, qui avait autrefois occupé une haute place en Suède. Çà et là dans la province, les paysannes n'avaient pas tout à Ù3t oublié la tisseranderie. Même l'art de tisser une sorte de tapisserib de haute-lisse s'était conservé dans quelques endroits du sud de li Suède. Cet art y avait été importé des Flandres au 16™« siècle. Mais il n'avait qu'un souffle de vie, ainsi que nos nombreux genres de tissus rustiques, et ce fut vraiment au dernier moment qu'ils furent tous sau^ës^ grâce surtout au docteur A. Hazelius^ qui, avec une aetivité fiévreuse, a recueilli dans le Musée du Nord tout ce qu'il reste de caractéristique de notre culture ancienne.

La Société des amis du traTail manael (Handarbetets vanner) a contribué plus que n'importe qui à la renaissance de notre ancienne industrie textile. Cette société fut fondée en 1874 par la baronne S. Adlersparre, M°*® H. Vinge et quelques autres dames, dans le but de faire progresser l'industrie domestique suédoise au double point de

tie de l'art et du pHtrifiti.sme, d'employer et de remettre en vo;çue les

ienx modèles et les vieilles coiileitrs des tissus rustiques, des dentelles,

les broderies et des costumes natiunaiix, conservés à la campagne, tout

en les appropriant à Tusage d'aujourd'hui, de donner une direction d'artiste aux fins ouvrages à la main pour faire ainsi renaître l'intérêt public pour ces ouvrages, et, enfin, d'améliorer le goût en général. Plusieurs de nos meilleurs artistes, comme C, Larsson et J. Kronberg, ont dessiné des cartons pour des tapis, des tapisseries de haute-lisse, etc. Parmi les dessinateurs et les dessinatrices de la Société, il faut encore nommer M™« Vinge, qui s'est surtout adonnée aux parements d'autel, M"«» M, Bohtlieb, S. Gisberg, A. Branting, M. Widebeck, G, Wàstberg, M. Sjôstrôm, M"»» A, Boberg et le peintre de fleurs G. Gunnarsson Wennerberg. M"*® K, Nilsson est bien digne d'être nommée comme la plus habile tisserande de la Société.

En fondant une école de tissage, école qui a toujours quantité d'élèves, la Société en a répandu la connaissance dans toutes les classes sociales. La Société a également pris soin de l'industrie de la dentelle au fuseau. Cette industrie est très ancienne en Suède. On dit qu'elle a été introduite par Sainte Brigitte dans le couvent qu'elle a fondé dans la petite ville de Vadstena, où cet art s'est toujours conservé. Quelques-uns de nos costumes nationaux sont aussi parés d'une sorte de dentelles au fuseau, probablement issue d'une broderie à jour. Ces dentelles sont d'une originalité extraordinaire.

La société par actions nommée Art industriel suédois (Svensk konstslôjd), fondée en 1879 par M"« S. Giôbel, a en partie travaillé d'après les mêmes principes que la Société des amis du travail manuel, mais dans l'établissement de M"« Giôbel se font aussi des meubles, des sculptures en bois, etc., surtout des tables, des bahuts, des cassettes et d'autres petits meubles, dits cfornnordiska», dans un style national avec des motifs linéaires. M"® M. Adelborg (aujourd'hui engagée à la Société des amis du travail manuel) et le peintre A, Wallander sont les plus renommés des dessinateurs de cette Société.

L'artiste J. Kulle et G.-F.-J. Karlin ont aussi contribué à relever le tissage et la broderie.

La menuiserie en meubles a existé à la campagne depuis longtemps, et quelquefois on rencontre parmi nos ébénistes provinciaux de vrais maîtres dans leur métier. Des ébénistes excellents, travaillant sur une vaste échelle, sont entre autres A. Maitson^ M. Sach-s et C.-H, Benckertk Stockholm, J. Mdrtensson à Helsingborg et les frères Eriksson à Arvika. Plusieurs de nos plus illustres artistes s'efforcent aujourd'hui de créer un style de meuble indépendant, reflétant l'esprit et les besoins de notre temps, p. ex. le sculpteur Ch. Eriksson^ celui qui parmi nos artistes de ce moment est le plus digne du nom d'honneur d'artisan artiste. Il s'est essayé à toutes sortes d'objets d'industrie, et, qu'il s'agisse d'un grand meuble ou seulement d'une petite ferrure, il les exécute avec le même intérêt et le même sentiment de la forme originale. Parmi ses nombreux objets d'art, il faut tout spécialement nommer un vase en bronze, appelé «Charme», et le modèle d'un plat en argent repoussé, appelé «La vie».

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