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LBS UNIVERSITÉS DE L'ÉTAT

Il année universitaire, qui commence le 1®' septembre, est divisée en deux semestres: le semestre d'automne (hôsttermin; 1 sept. — 15 déc.) et le semestre de printemps (vârtermin; 15 janv. — 31 mai). Tous les professeurs, les titulaires aussi bien que les adjoints, sont régulièrement tenus de faire des cours publics (offentliga fôrelftsuingar) d'une heure, quatre jours par semaine. Tout renseignement public, soit par des cours, soit par des exercices pratiques aux institutions dites séminaireSy est gratuit.

La dfirée des études, en Suède, traîne singulièrement en longueur. Ordinairement, l'examen de licencié en philosophie (sciences ou lettres) prend 6 à 8 ans, l'examen de candidat en droit 5—6 ans; l'examen de candidat en théologie demande 6 — 7 ans (l'examen ordinaire pour l'entrée dans le service de l'Église prend, en général, 5 ans), et celui de licencié en médecine, jusqu'à 9 ans. Cet état de choses tient en partie aux exigences étendues des professeurs, et aussi aux arrangements peu pratiques relatifs à l'enseignement. Cependant, ces dernières années, on a essayé d'y remédier, en établissant des cours préparatoires pour les examens préliminaires.

Pour être immatriculé sur les registres des universités, il faut présenter un diplôme de baccalauréat. L'immatriculation se fait sans distinction de sexes.

La maison de la * nation^ des Ostrogothes à Uppsala.

318 IV. l'enseignement et la culture intellectuelle en suède.

Dès le 17™® siècle, la jeunesse universitaire est répartie en < nattons» O&ndsl^P) d'après leurs provinces d'origine, et chaque étudiant est tenu de faire partie d'une de ces associations. A Uppsala, il y a 13 nations, et à Lund.il y en a 12, chacone sous la direction d'un inspecteur (inspektor), élu par les membres de la nation elle-même parmi les professeurs titulaires de l'université. A Uppsala, chacune de ces associations a, ordinairement, sa propre maison de réunion et dispose de fonds assez considérables; à Lund, il n'y a qu'un bâtiment commun à toutes les nations, et connu sous le nom de l'Association académique (Akademiska fôreningen). Le rôle qu'ont joué ces réunions dans la vie de nos étudiants, a été d'une très grande importance. La marque distinctive à laquelle on reconnaît les étudiants, est la jolie c casquette blanche», connue même à l'étranger par leurs tournées comme chanteurs suédois.

A côté de ces nations, il existe dans les deux universités de nombreuses sociétés spéciales pour des travaux scientifiques, pour des exercices de 8iH)rt, etc., ainsi que des sociétés de musique, et surtout de chant, art dans lequel les étudiants suédois ont gagné un renom universel.

Le nombre des étudiants des établissements d'enseignement supérieur en Suède, tant publics que libres, pendant les années 1870/95, ainsi que pendant 1898, est relevé sur le tableau 49. On y voit que le total a considérablement varié. La diminution des dernières années provient de ce que le nombre des inscrits a baissé (voir le tabl. 48 à la page 304), mais il tient aussi à ce que les étudiants travaillent mieux qu'autrefois. Sur la totalité de 2,566 étudiants en 1898, 293 faisaient partie des facultés de théologie, 457 de celles de droit, 584 de celles de médecine et 1,232 de celles de philosophie. Comme faisant partie de cette dernière faculté sont aussi comptés ceux qui se préparent aux examens préliminaires, exigés pour l'entrée dans les facultés de théologie, de droit et de médecine.

Parmi le nombre des étudiants présents en 1898, il y avait 80 femmes.

Tabl. 49.

Nombre des étudiants aux universités, ^

Moyennes annaelles.

Population moyenne.

Nombre des étudiants.

8nr dix mlUe

Écolo

École

ToUl.

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En 1870

En 1898

En dehors des magnifiques bâtiments uniTersitaires dernièrement construits, chacune des universités possède différentes institutions et collections précieuses, installées dans leurs propres bâtiments et desservies par leur propre personnel. Parmi celles à' Uppsala^ il faut surtout citer la Bibliothèque de Tuniversité (Carolina Rediviva) avec 330,000 volumes, sans compter des opuscules en 5,000 cartons et 12,500 manuscrits, le Jardin botanique, créé par Olof Rudbeck TAîné et augmenté par Linné,

^ D'après M. G. Enestrôm ainsi qae d'après nn rapport de M M. N. HQjer, A. Lindhageo et S. Boije.

ÉTABLISSEMENTS LIBRES d'BNSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. 319

rObservatoire astronomique, THôpital académique et THospice des aliénés avec des cliniques médicales et psychiatriques, des institutions d'anatomie, de physiologie, de pathologie, de physique et de chimie, de météorologie, de zoologie, etc. A Lund, on remarque également la Bibliothèque de l'université avec 180,000 volumes et environ 5,000 manuscrite, le Musée monétaire avec une ancienne collection, le Musée zoologique, créé par Sven Nîlsson, le Musée géologique, fondé par Otto Torell, l'Observatoire astronomique, ainsi que plusieurs autres importantes institutions de médecine et de sciences naturelles, etc. En relation avec V Institut Carolin sont les cliniques de Thôpital de tSerafimerlasarettet » et d'autres hôpitaux de Stockholm, ainsi qu'un Institut dentaire, établi dernièrement (1898) et mis sous la direction de l'Institut Carolin. — Pour encourager les études et les recherches scientifiques, chacune des universités publie un annuaire (à Lund depuis 1864, à TJppsala depuis 1866), dans lequel, outre les annales de l'université, sont publiés des mémoires scientifiques faits par les membres du personnel universitaire.

Le montant de tontes les dépenses pendant l'année 1898 était pour l'université d'Uppsala de 881,573 conronnes, pour celle de Lund de 478,291 couronnes, pour l'Institut Carolin de 247,331 couronnes; total 1,607,195 courounes.

De ces sommes, les dits établissements versaient de leurs propres ressources: l'aniversité d'Uppsala 427,204 couronnes, celle de Lund 144,086 couronnes et l'Institat Carolin 21,644 couronnes. On voit donc que les universités disposent de ressources particulières fort considérables, ce qui est surtout le cas de l'université d'Uppsala, qui a reçu, entre autres, de la main du roi Gustave II Adolphe le don grandiose de 360 fermes, dont les revenus sont encore aujourd'hui la plus importante source de profits de l'université.

n existe pour le secours de la jeunesse universitaire de grands fonds de haursesy placés en partie sous la gestion des universités et en partie sous celle de quelques autres autorités. La somme totale de ces fonds s'élève, pour l'uni - Tersité d'Uppsala, à environ 3 millions de couronnes, pour celle de Lund à environ 1,266,000 couronnes, et pour l'Institut Carolin à environ 300»000 couronnes; total environ 4,566,006 couronnes.

Coars d'été universitaires. Suivant l'exemple donné par l'Angleterre pour la propagation de l'enseignement universitaire (university extension), on a organisé, depuis 1893, aux universités d'Uppsala et de Lund alternativement, chaque année pendant la dernière quinzaine du mois d'août, une série de conférences adaptées aux personnes qui n'ont pas l'occasion de suivre régulièrement les cours académiques. A Uppsala, le nombre des auditeurs s'est élevé, en moyenne, à près de 400, dont environ les V» ont été des maîtres ou des maîtresses de nos écoles primaires. Cette entreprise, à laquelle on s'est beaucoup intéressé, a été subventionnée par l'État et par des communes. A Uppsala, l'organisation de ces cours est confiée à une commission officielle, dont les membres sont désignés par l'université.

Établissements libres d'enseignement supérieur.

D a déjà été dit que, dans les derniers temps, deux institutions de ce genre ont été établies, savoir à Stockholm et à Gothembourg, dont la première date de 1878 et la ceconde de 1891.

320 IV. l'bnsbignembnt et la colture intellectuelle en suède.

A) L'École supérieure on Tuniversité libre de Stockholm (Stockbolms HOggkola). La direction générale des affaires de cet établissement, ainsi que la nomination aux cbaires vacantes, est confiée à une direction composée de sept membres. L'Académie suédoise en choisit un, l'Académie des sciences deux, le conseil municipal de Stockholm deux, et le recteur de l'établissement en fait nécessairement partie. Ces six membres en choisissent le septième, et ils sont tous élus pour quatre ans. La direction choisit dans son sein pour chaque année un président, un yice-président et un inspecteur, lequel est le procureur de la direction. L'administration économique est contrôlée par des vérificateurs, choisis par l'Académie des sciences et le conseil municipal de Stockholm; l'établissement ne relève donc en aucune manière de l'État.

La direction immédiate de l'école est confiée au recteur (rektor), élu par le conseil des professeurs pour deux années, et au conseil des professeurs (Iftrarerâdet), qui est composé des professeurs titulaires et de ceux qui à titre provisoire sont délégués à remplir les fonctions attachées à une telle chaire. Dans une époque plus ou moins rapprochée, l'établissement doit comprendre quatre facultés: 1<^ une d'histoire et de philosophie, 2^ une de philologie, 3^ une de mathématiques et de sciences et 4° une de droit. Jusqu'à présent, celle de mathématiques et de sciences naturelles a seule été établie. A côté de celle-ci, il existe une chaire d'histoire de belles lettres, et de plus, il y a eu des cours d'histoire, d'économie politique et d'autres matières libres. On a projeté d'établir prochainement une faculté de droit et de sciences politiques, mais faute de ressources nécessaires, ce projet n'a pu encore être réalisé.

On ne fait point d'examens à cet établissement; aussi peut-il se consacrer exclusivement à un travail scientifique et à une activité enseignante.

L'année scolaire 1898 — 99, le personnel de l'école comptait 9 professeurs titulaires, 4 professeurs délégués à titre provisoire, 10 maîtres de conférences et 8 préparateurs (amanuenser). Des professeurs titulaires, trois recevaient un traitement de 7,000 couronnes, les autres de 6,000 à 4,600 couronnes, les maîtres de conférences, dans la règle, ne sont pas salariés, mais les préparateurs reçoivent des honoraires qui varient de 2,000 à 500 couronnes. Après 65 ans révolus et au moins 30 ans de service à l'école, tout professeur a droit' à une pension non inférieure aux V^ de son traitement lors de sa retraite.

Vannée scolaire, qui date du 1^ septembre, est divisée en deux semestres (1 sept. — 15 déc. et 15 janv. — 15 juin). Les professeurs sont chargés de faire des cours publics deux fois par semaine ; ils doivent, en outre, et sans rétribution aucune, enseigner les élèves et leur donner toutes les instructions dont ils auront besoin dans leurs études. La plupart des professeurs sont du reste chefs de quelques institutions scientifiques de l'école. Le semestre d'automne de l'année 1898, le nombre des élèves s'élevait à 67, et celui des auditeurs des cours publics, à 170.

Sous la direction de certains professeurs de l'école est publiée, avec une subvention de l'État (3,000 couronnes par an), la revue internationale: Acta matliematica, laquelle, rédigée en français, allemand et anglais, contient des traités de hautes mathématiques. Les résultats des recherches scientifiques faites à l'école ont du reste été déposés dans l'ouvrage: Mémoires de V école supérieure de Stockholm y série de publications et de traités scientifiques insérés dans les annales de l'Académie des sciences.

Les fonds de l'école supérieure s'élevaient, à la fin de 1898, à 4 millions de couronnes; son budget de 1898 était de 126,400 couronnes.

Pour les salles des cours, ainsi que pour les différentes institutions, on est encore réduit à des localités louées à cette fin; l'établissement a pourtant reçu le don d'un emplacement propre à y construire un nouveau bâtiment.

B) L'École supérieure ou l'université libre de Gothembourgr (Gôteborgs H(ygskola). Dès son début cette école s'est placée sous le contrôle de l'État, et

^ABLTSSEMENTS UBRBS D'ENSEIGNEMENT SUPÉKEEUB. 321

ses statuts (de 1889) ont été sanctionnés par le roi. Aussi a-t-elle reçu le droit de faire passer certains examens.

Sous rinsx>ection générale du chancelier des universités du royaume, les affaires de cet établissement sont réglées par une direction composée de neuf membres. Le président de cette direction est nommé par le roi pour le temps qu'il lui plût de fixer; quatre membres sont choisis par le conseil municipal de Gothembourg, un par la Société royale des sciences et des lettres de Gothembourg, un par la direction du Musée de Gothembourg et un par les membres ordinaires des conseils réunis des professeurs des deux lycées ÇLaXin et moderne) de Gothembourg; tous sont élus pour trois ans à la fois; le recteur de l'école fait, de droit, partie de la direction. Celle-ci détermine, dans les cadres des crédits alloués par le conseil municipal, quelles seront les places et les chaires à Técole, ainsi que le montant des traitements affectés à ces mêmes chaînes. La direction est aussi chargée, après avis du conseil des professeurs et d'experts choisis à cette fin, de nommer les professeurs, soit au concours, soit par voie d'élection; mais la nomination sera soumise à l'examen et à l'approbation du roi. Les maîtres de conférences sont désignés sur la présentation du conseil des professeurs et après avis du chancelier. De même, la direction est autorisée, en certains cas, de destituer on professeur de ses fonctions, mais seulement aprèis enquête et avec l'approbation des autorités confirmantes.

L'inspection immédiate de l'école est exercée par un recteur (rektor), élu pour trois ans par les membres ordinaires du conseil des professeurs, et par le conseil des 'profeBèeurs (Iftrarerâdet), qui est composé des professeurs titulaires de rétablissement et de ceux qui, à titre provisoire, sont désignés à remplir les fonctions d'une chaire de professeur.

Dans une époque plus ou moins rapprochée, cet établissement doit comprendre une section de lettres, ensuite une section de sciences de la faculté de philosophie, et, plus tard, une faculté de droit. Jusqu'à présent, il n'y est établi que des chaires qui sont censées être du domaine de la section des lettres de la faculté de philosophie. Les examens de l'école se font devant une commission d'examen, se composant d'un président, désigné par le roi pour un certain temps, et des examinateurs des matières comprises dans chaque examen.

L'année scolaire 1898 — 99 l'École supérieure de Gothembourg comptsÀt S prof esseurs titulaires, 5 maîtres de conférences et 2 maîtres de langues modernes (l^ktorer). Le traitement des professeurs est de 6,000 couronnes, avec droit à une pension de 80 pour cent du traitement après 65 ans révolus et 30 ans de service à l'établissement. Les maîtres de conférences reçoivent des honoraires différents: un touche 4,000 cou* rennes, trois 3,000 couronnes chacun, un 1,500 couronnes par an, enfin un d'eux n'est point rétribué. Quant aux maîtres de langues, leurs traitements consistent principalement dans les honoraires qu'ils sont autorisés à percevoir de leurs élèves.

Vannée scolaire^ qui commence le 1®' septembre, est divisée en deux semestres (1 sept. — 15 déc. et 16 janv. — 15 juin). Sont admis à l'enseignement: \^ les iïkes qui, sur la présentation de leur diplôme de baccalauréat, sont inscrits sur les registres d'immatriculation de l'établissement; 2^ les auditeurs qui, après l antorisation du professeur intéressé et contre le versement d'une somme fixée, saiTent certains cours privés ou exercices pratiques; 3® les auditeurs libres qui sont admis gratuitement aux cours publics. Le semestre d'automne de l'année 1898, le nombre des élèves s'élevait à 58, celui des auditeurs à 21 et celui des auditeurs libres à 1,064.

A l'aide d'une subvention provenant d'un fonds légué à cet effet, l'École supérieure de Gothembourg publie (depuis 1895) un annuaire^ comprenant des traités scientifiques ainsi que le compte rendu de l'activité de l'établissement pendant l'année. Les professeurs publient, en outre, une série de monographies populaires scientifiques.

U Suède. L 21

322 IV. l'enseignement et la culture intellectuelle en 8U&DE.

Les fonds de l'École, placés sons l'administration de la commission budgétaire de la ville, s'élevaient, à la fin de l'année 1898, à la somme totale de 2,300,000 couronnes, et le budget de l'année 1899, à 80,000 couronnes. On dispose annoellement d'une somme d'environ 4,000 couronnes pour être distribuée en bourses. L'établissement est installé, pour les cours et les exercices pratiques, dans une maison louée à cet effet.

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