ARMES
enchâssés ou de ces incrustations de résine semblables à d'ï l'émail mentionnées pIuB haut (p. 48).
On a découvert assez souvent des restes plus ou moins bien conservés des gwnes appartenant aux épées et aux poignards. Le Musée National possède une gaine de poignard d'une exquise conservation, trouvée en 1869 à Dômmestorp en Halland, dans le même tombeau que les d'étoife de laine mentionnés p. 51. Comme plusieurs autres gaines, elle est en bois, recouvert d'un cuir bien préparé, et revêtu à l'intérieur d'une peau fine; l'extrémité inférieure porte un dard en bronze (Ant. suéd., f. 166). Les tombeaux danois ont fourni quelques gaines d'épée en bois, sans peau; elles sont parfois décorées d'ornements ciselés.
Plusieurs belles haches de guerre ont été découvertes en Suède. La fig. 29 en reproduit une, décorée des ornements particuliers au premier âge du bronze. Comme nous l'avons vu, plusieurs des celta (fig. 43) ont été sans nul doute des haches de guerre. Les haches, mentionnées précédemment, en bronze mince coulé sur un noyau d'argile, ne peuvent avoir été des armes, vu qu'elles se seraient naturellement brisées au premier choc; elles n'ont pas davantage pu, être portées comme signes de dignité " devant un chef, car elles sont si pesant«s et si faibles, qu'elles ne supportent pas même un mouvement pareil. Peut-être ont-elles servi de décoration dans un temple.
Afin d'épargner le précieux métal, on employait en outre, comme le trahissent plusieurs découvertes, des haches en pierre, de même que des pointes de lances et de flèches en silex. ■ On voit souvent des archers sur les sculptures de rocher, mais les têtes de flèche en bronze sont très-rares en Suède. Il était aussi naturel que l'on employât de pré-
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64 2. l'aob du bhdnzi.
féresce le silex pour ces armes si facilement perdues. Les pointes de lance en bronze (f. 56 et Ant, suéd., S. 101, 173 — 177) sont par contre assez communes; on en connaît près de SOO provenant de la Suède. Lee sculptures de rocher montrent que la lance s'employait souvent, peut-être ordinairement, comme arme de jet.
En combinaison avec les armes, nous ne devons pas oublier de mentionner les grandes et magnifiques trompes de guerre en bronze découvertes tant en Suède qu'en Danemark (Ant. suéd., fig. 178).
Quelques-unes des armes qui vien-
^^^^ , fc j nent d'être signalées, étaient évidein-
^hBSI^^^R^A ment afiectées exclusivement k la
^m^W ^ ^W guerre ; d'autres pouvaient également
•' servir à la chasse. La chasse et la 68. Charrue, de la grande , , . . . ,
tcvlptiire de rociier de peche étaient Sans doute encore les
"SS.A"'r P™»P'1<» occupation, de. homme.
pendant la paix. — Des engins de
pêche, on ne possède que quelques hameçons en bronze
(Ant. suéd., f. 202), remarquables par la circonstance qu'ils
ressemblent parfaitement à ceux d'aujourd'hui.
Des preuves que l'élevage du bétail n'était pas inconnu nous sont fournies non-seulement par la présence, dans les trouvailles de cette période, d'une foule d'os d'animaux domestiques, mais encore par celle assez fréquente de peaux préparées ou brutes de boeufs et de vaches, et de la laine si souvent employée à la confection des vêtements.
Des animaux de la race bovine sont parfois représentés sur les sculptures des rochers, comme, p. ex., à Tegneby, près de l'église de Tanum dans le Bohuslân. Deux des animaux reproduits sur ces sculptures, sont attelés
AGBICULTURE. 65
à une charrue que dirige un homme (f. 58). Cette figure est d'un grand intérêt, comme l'une des plus anciennes preuves positives de l'agriculture en Suède, On serait peut-être autorisé h voir aussi une preuve de ce genre 4ans les outils de bronze en forme de faucilles que l'on rencontre parfois, principalement en Scanie {Ant. suéd., % 183).
La circonstance que l'on possédait déjà des demeures fixes, cette première condition de l'agriculture, est rendue probable par )e fait que les tumulus de cette époque se
59. Hom-inef à elierat, repréientés me l'u^ des rocheri de Tegneby, BehHslan. jV
trouvent si souvent réunis en grand nombre sur le même point. Les sculptures des rochers, qui nous fournissent tant de données importantes sur la vie des Suédois de l'âge du bronze, montrct que le cheval était déjà connu et employé tant pour la course (fig. 59) que pour le trait. On voit même, sur l'une des remarquables dalles du tombeau de Kivik ', une voiture à deux roues tramée par
' Prés du village de pêcheurs de KiTik, sur la côte orientale de la ScaQie, à 16 kilomètres au nord de Cimbrislmimi, se trouve un eaim
66 2. l'aqe dv bronze.
deux chevaux, sur laquelle ae trouve un coclier debout
(fig. 60).
Cependant, l'on n'a pas encore trouvé jusqu'ici de traces
parfaitement sûres de bride, de harnais, d'éperons, etc.,
appartenant à cette époque.
On ne connaît pas noo plus, en Suède, d'embarcations
dont on puisse faire remonter sûrement l'origine à l'âge du bronze. Mais nos sculptures sur de»
rochers peuvent nous donner une idée tantde l'aspect que de la grandeur
des navires, laquelle paraît avoir été souvent trèsconsidérable (fig.
61-64). A l'ordinaire, les navires n'avaient pas une proue et une poupe égales, quoique cela paraisse aussi avoir été parfois lecas. Souvent on voit la proue mince
et élevée se terminer en tête d'animal; parfois la poupe
présente aussi le même ornement. Comme l'on n'a jamais
de grandes dimensions, au centre duquel on découvrit, en 1760, une ciste de 1 mètres de loognenr, aur une largeur de m. 89 à 1 m. 19, formée de dalles plates posées de champ. Snr la face intérieure des dalles sont faiblement gravées en creux une foule de figures représentant des , hommes, des chevanx, une voiture, des armes, etc. *-'•-■ ^ '-'''■'a //^«fyt^
NAVIBES. 67
trouvé dans ces sculptures de traces non équivoques de mata et de voiles, les navires de l'âge du bronze étaient sans doute exclusivement adaptés à l'usage de la rarae. 11 en est de même, comme nous le verrons plus loin, des navires remarquables du commencement de l'âge du fer, trouvés dans la tourbière de Nydam en Danemark.
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Les sculptures des rochers fournissent souvent des représentations de luttes navales. Nous avons la preuve d'excursions maritimes pacifiques, et de relations tout aussi pacifiques avec d'autres peuples, dans les nombreux objets importés des pays étrangers que l'on rencontre parmi les trouvailles de notre âge du bronze. Comme nous l'avons vu, la première place, parmi les marchandises importées, appartient à la totalité du brome employé pendant cette période en Suède, considéré ici comme matière première.