‹ La suédoise drame en trois actesChapitre 29 sur 44 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

YVAN, GUSTAVE, LE MAGISTRAT, et tous les personnages

de le fêle et do ta eérèmeoie.

ut magistrat. Comte Yvan, seigneur et souverain du fief de Gomorn, avant que vos vassaux vous renouvellent foi et hommage, je dois remoiir lu volonté du dernier comte de Gomorn, qui, à son lit de mort, ordonna que chaque année,

A cette époque, et «levant res témoins, l’article de son testament qui vous fait succéder à tous les droits de Gustave sera lu publiquement par le premier magistrat.

tv an. Voire respect pour la mémoire de votre maître vous honore sans doute ; mais Gustave, depuis longtemps, n’existe plus.

gl’&tave, t’avançant. Que Gustave existe ou qu’il soit dans la tombe, le testament doit être exécuté, (ca ma<i-»me>it général de aarpria* et prtaqee d'effroi *a manitou daa» l’avvemblèe. Le wate de*. «end précipitamment d* «an Irène.

yvan. Qui ose porter l'audace jusqu’à donner des ordres en ma pré vu ce T

c.üstavk. Un soldat qui respecte la mémoire de son souverain.

YVAN, le regardant avec attention. I U Soldat...

le magistrat. Une seule réclamation suffit, et je dois...

yvan. Puisque l’on veut douter de la mort «le Gustave, lisez, monsieur, lisez donc ca testament qui prononce son exhérédation, (a te» çwu.) Veillez sur ce soldut. (.Au toidat.) Vous rendrez compte de votre zék*.

GUSTAVE. Je m’y prépare. 'Nmvmb roou»*anr*t d* anrpriae.)

LE MAGISTRAT, déployant nn parritomin, et I mut. a Plût de quitter la vie, je déclare, «levant Dieu et le» hommes, que Gustave, ayant encouru ma disgrâce par sa désobéissance, je veux et j'ordonne qu’il soit privé de ses droits à mon héritage. Mais, ne voulant point étendre son châtiment au «lelà, ni l'exposer, après ma mort, au rosseutiment de ma famille, j’ai voulu que, par un pacte solennel, Gustave renonçât librement à ses «troils en faveur d’Yvan, sous la condition expresse, obligatoire, qu'aucune persécution ne l'atteindra dans son exil, et que jamais Yvan, pour quelque cause que ce puisse être, volontairement ou par erreur, ne troublera le repos de Gustave, la paix et la sécurité de sa nouvelle famille, sous peine de rendre nul le présent testament. A ce» conditions, qu’il jure d’observer, Yvan, après ma mort, recevra le comté de Go» morn ; foi et hommage lui seront dus, et jamais il n'oubliera qu'il doit & ses vassaux secours, protecliou et justice. »

TV.aN. je le jure! (Il regard* le auLUlj.

Gustave. Comte Yvan, votre serinent vous engage envers Dieu ut les hommes. Vtius promettez justice, je viens la de-" muililer, Ct c'est de VOUS que je l’attends. (U aurpria® rtUeubk.)

tv an. De moi?...

Gustave. De tous I Vous voyez uu vieillard qu’un crime atroce condamne à des pleurs éternels, un père dont le front.

blanchi par les années, vient «t'être déshonoré par un monstre. Je vais vous révéler ce forfait exécrable; j’en demande vengeance! le coupable est icil yvan. Icil...

LES MAGISTRATS. Icil...

Gustave. Et vous qui m’entourez, chevaliers, magistrats, je mets ma tête sous votre garantie, et mon droit sous la protection de Dieu ! (Lca seigneur* qui uuMcal è la fêta «I le» maprtrat* entourent Gustave.)

les magistrats. Parlez.

GUSTAVE, M tournant vert let nugîitrat». Je possédai» Une tille;

c’était mou seul trésor, et je l'aimât» eu père! Que mériterait le pt-i'Ude dont le» regards impurs seraient venus souiller l’asile de l'innocence? qui , par des rtises infâmes, par des complots odieux, trompant les yeux et le cœur d'un vieillanl, lut aurait arraché l’objet de son amour, tout son bonheur, sa tille unique, pour la déshonorer ? Quels châtiments, quels supplices» «n attendant la vengeance du ciel, ferait tomber sur lui la justice des hommes/ le magistrat. L’infamie 1 l'échafaud!

Gustave. Vous avez dicté l’arrêt 1... Ce monstre !... ce barbare 1... le voilât...

tou». Lui!

yvan, è pan. C'est Bnmer...

LE MAGISTRAT, aanlaaant la mai; de Gualav*. Malheureux! que

faites-vnus?

Gustave. Je l’accuse ; il y va de ma tète, Je veux le confondre. Tu coupable complice, la baronne de Volniar, avait à peine quitté ma paisible demeure, emmenant avec elle l'innocenté Maria, que mille craintes affreuse? assiégé reut mon âme; et, déjà. j’allais quitter ma chaumière et voler sur se» trace», quanti je reçus celte lettre fatale... (U U montre a tout lu iookIc) qui, m’annonçant tout â coup la mort de ma tille, vint ouvrir mes yeux sur l’abiiue où elle était tombée! Je partis à l'instant, je suivis partout vos traces, partout j'acquis la preuve du crime; j’appris enfin le nom du ravisseur; et tu n'wfWBTtii» plus, si le ciel ne t’ avait écarté de ta route en sortant de Norleld. (PcmUiiI qu’il parle, tout le moud- a'rioigne de lui a»ec un mouvement «le crainte, et Yvan *e calme et repreml «le l’aaauranoe.)

yvan. Misérable! je ne veux point répondre à les calomnies!... J’ignore le crime «lont tu te plains... mais l'accusation que tu portes, fùt-ello véritable, penses-lu qu'un comte île Gomorn comparaîtrait à côté du dernier de ses vassaux? Devant quel tribunal pourrais-tu m’appeler? Ces magistrats ( Le* montrant.) sont mes sujet», ils ne peuveul me juger. Un homme tel que moi l»’a pour juges que se» pairs, et tes pareils u'out pas l'honneur d’être entendus devant la cour suprême. Consulte et «lomande grâce , ou tremble ! x G«»t*r« m retourne avec tudignalioa tvn le* nvagstrata. — Oui -ci »' inc. inc ut, en affirmant te qu'a dit ic «mtte. — A» gardn.) Assurez-vous de ce soldat. (Mouvement de* gardra.)

Gustave. Arrêtez'... Si mes cheveux blanc», mes larmes, mon malheur, n’ inspirent aucun respect; s'il faut «les titre», enfin, pour obtenir justice... j'en aurai! (8nri*i*c generale-, y»ah *e trouble.) Parce que tu m'as vu simple, obscur, sans défense, tu n'as pas cru devoir respenter mou asile... Les pleurs «le l'indigent ne «ont pas ledouUble» etn'vicilent ui pillé ni remords ddiia le» hommes tel» que toi] Celui qui touche la terra de >es mains, ne te parait poj ton sernhluhle : ou peut impunément lui ravir sou enfant, déshonorer sa fille, renverser su chaumière, répandre même sou sang. Tout se rachète avec de l’or! tout s'efface â l'aspect «t'un titre! Voilà ta justice!... Ah! tu n'en jouiras pus do cet odieux privilège, que la nature dèmetil , que la raison détruit t Puissant, tu as persécuté le fable; que ton premier châtiiiieuL soit de perdre tou pouvoir. Tu as entendu tout à l’heure U volonté suprême du comte du Gomorn? Tu n’as pas oublié quelle fui sa lot terrible? Ce pacte redoutable... (L* tirant «t* mb hIo.) regarde.... Ut voilà!... Je suis Gustave de üomoni I...

tout le monde. Gustave!

T van. Vous'... Grand Dieu I

Gustave. Déshérité pour toi, fidèle à mon Uaitê, j’ai fui de ces contrées, j’ai tout abandonné, j’ai reuuucé même à mon nom; ; j'étais heureux! Que voulais-je de plus?... Toi, qu 'as-tu lait? Tu es venu troubler la paix de mou asile; lu m’as ravi ma fille; tu us rompu le pacte I C’ait est «loue fait, je reprends tous mes droits; je t'accusa eu égal, «t je t'ordouue eu maître de nie répondre...

YVAN, furieux. Moi?...

Gustave. Qu’as-tu fait de tua fille , barbare? En quels lieux la dérobes-tu à nies recherches? (y»« «r»ui« a*** atteattoa.) Ah! par pitié! dis-moi quoi est son sort?

yvan. Je ne répondrai plus que devant la cour suprême, et c’est mot qui t’y accuserai comme truitni el calomniateur. Dan» quatre jours, je serai à Stockholm. Sors de mon château, et souviens-toi qu’il y va de tu tète* si tu nu peux prouver le crimo que tu m'imputes 1...

Gustave. Barbare! Oui, je prouverai ton forfait ; mais pourrai-je arrêter la main qui donnera la mort à Maria?

• le magistrat. Appelés l’un et l'autre «lovant la cour suprême, notre devoir se borne à recueillir l’accusation, pour la transmettre à lu justice souveraine, avec le gage de l'accusateur et celui de l’accusé. Comme chevaliers, remettex-les entra mes mains.

GUSTAVE, ouvrant ton Habit, et tirant u cbalue de die i Aller. Le Sort en est jeté! Monsieur le magistrat, voici mon gage.

YVAX, Ataul et donnant aimi ta ctulne de ekmUir. Voici le UlieU.

Gustave. O mon Dieu, tu sais la vérité, protège et défends ma tille! Je ne puis lu contier qu’à toi I (a Im.) Je vais l’attendre à Stockholm.

T Vax . ie t’}‘ précéderai. (GtuUse, «*ndnit par l*a magialraU, aorl du okAluwi.)

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