SCÈNE PREMIÈRE
PACHOSKY, PACHOSKA, «t, peu après, GUSTAVE.
(On frappe k la porte du fond.)
PACHOSKY, crient de l'intérieur comme an homme qui s’éveille. Eh!., oh !.. la! allons, niions!.. (Oo frappe de nouveau.)
PACHOSKA, périmant nr le teail de «a forte. Qu’ust-Ce?... Heitl?..
quVsl*ce?.. (Appelant.) .Monsieur Pachosky!
PACHOSKY, passant la tite à la lucarne qui est as face. Madame Pa-
clioska?
paciioska. On frappe!
pachosky. J’entends bien.
pachoska. Descends ouvrir.
pachosky. Bah! j’ suis en chemise; f m’enrhum’rais; ouvrez plutôt, vous!
pachoska. Oui-da! j'ai peur; nenni, nenni, descends si lu
Yeux. (Elle rentre, et ferme la porte avec humeur.)
pachosky. Tiens, si je veux? Je n’ veux pas; bonsoir! (n
ferme la lucarne. On frappe derechef.)
Gustave, en drhor». Au nom du ciel, ouvrez-moi ! Je suis un voyageur égaré.
PACHOSKA, reparaîeaant tnr la porta. Monsieur Pachosky ! PACHOSKY, *c remettant k la lucarne. Madame Pachoska?
pachoska. Comment, t'es encore là?
pachosky. Puisque j' vous dis qu’ je n* suis pas vêtu! pachoska. Voyez l’ grand fainéant! ne pas encore être levé! fOn Trappe.) On y Va!.. Exposer sa femme au mineu de la nuit! (on trappe.) Fil tu devrais être honteux!., (on frappe.) Attendez donc que j'ullume ma lanterne! (tiw rentre.)
pachosky, reste à u lucarne. Attendez que ma femme allume sa lanterne!
Gustave, en dehors. Ne craignez rien, je suis un voyageur. pachosky. Ça n’empêche pas qu’y faut qu’ ma femme allume sa lanterne. (RUe entra are* oo# lomière.) La v'Ià!.. Femme, femme, n’ouvrez pas sans demander qui est là.
pachoska. Pardi! c’est queuqu’un, puisqu’on frappe! pachosky. Eh! non, j’ vous dit. Vous savez ben qu’ la forêt est pleine de voleurs !.. Demandez qui est là.
pachoska. Allons, j* vas l’ demander, (u contrariant.) Qui est là?., (criant i travers U porte.) Qui est là?
PACHOSKY, paaunt une longue mco pelle par ta lucarne. Oui, qui est
là?..
Gustave, an drtor*. Un pauvre soldat, qui demande quelque secours.
PACRfttKA. Un soldai!,*. (Conraiit chercher la -«ftrf d**» un btiiM.) 2h! vite, ehl vile, j* v is lui ouvrir.
•aCMOSKV. C'est pT-ètr’euuelrimu... Prenez I eu garde ! .. Ah ! mon Dieu! v'ià qu'ai I ouvre... Attendes, j’ vas m'habiller...
(il *r relire et Packoiia ouvre K ml nie temps, Gatlatc, «élu eu soldai, cuire en marchant nec peine ; il paraît eteede de fatigue.)
PACHOiKA, l'aldaol 4 marcher, Elilrez, monsieur 1' solda t, entrez; poire auberge est tuqjour» ouverte aux braves gens ; mais on a peur, vuvez-vous. thune! y a tant d’ coquiu* ,1ms c pays-ci, qu'on a besoin tt'y regarder à lieux fois pour recuuiiallm lia honnête Uolliute.
Gustave. Je vous remercie d'avoir daigné m'ouvrir, et je bénis le ciel de ce que, au milieu de la mul, j'aie pu distinguer votre maison sur cette route déserte.- I-* 5 tourment, la fatigue et le besoin ont épuisé met forces.
RA CHOMA* Pauvre cher homme!.. Eh ben! vous ailes von» r'jKiter, vous rafraîchir; atlemles que i’ vont débarrassa de ça... (rite prend Un biti.u «I tou chaprail.) pjllioskv ! puchosky ! PACIIO&EY, .U dchort- Eli bleu, quoi?
I'4I.H>i>ka. Ilesceildâ. (AppurUml une chai»«.) . A présent, meUi-lvt.us là.,, Bon, vous v*là toujours mieux qu’ suc vos jambes, cUaTAVB. Voile bonté me rend déjà la vie! Je me suiségaré d.iiis la lundi; j’ai marché toute l * nuit. Ge retard peut m't ’.ru bien funeste ; tuais il m’eût -té impossible d'aller plut loin tins un {uni de repos.
MicHoskY, «Birut. Ut; v’iàl.. Eb ben, c'I hunnne? pa« ho>k 4. Va-t’en vite à la cave... Apporte-moi du vin, du vieux, tout «s qu’il y a du meilleur; c malheureux homme est prés il^i périr!
141,11000. iiu vin!., du viul.. G* malheureux homme a-t-il de l'argent?
P 4 CHOHK 4 , U puuwMt. Eh! qu’est ce que ça fait?.. Allons, vite, il la uiu ! (il §oft, ci clic ntieiti 4 Gu«4*u*.J \ oiis allez |n* re nu bon verre de vin. c'est T plus presse; cusuitu, j’ Vous frai beu déjeuner... Ali çà! nuis, mon bravu homme, d’où qu’ vont vouez, connu* ça?
GUSTAVE, De bien loin... Depuis quatorze jours, ju n'ai presque pas pris du repos.
pauiomu. A votre âge! est-il possible!.. D* queu pays qu’ vous é'.es donc?
Gustave. De celui-ci.
pachosüa. Ah!.. Et où qu' vous allez?
Gustave. Au village de Gomoru.
pacuoska. Oh! vous v’ià bien avancé; vous y s’rez sus I’ tantôt... Vous avez p’t-êtr’ quuuqu’ parents dansl’ pjys? Gustave. Qui... oui. .j’ai des parents dans ce p »y». pachomu. Alors, mon brave homme, vous êtes donc vassal du comte deGomorn?
Gustave, «tk f»»». Moi, sou vassal!... Non, grâce au ciel, je n’ai pas ce malheur I
pacuoska, «ifrtyct. Cliutl.. Ah l mon Dieu ! comme vous parlez d’ nionteigiieurt.. Si on vous entendait...
PACIIOSKV, apportant une buiiteillt il on t«r*. VIA du bon, du vieux, ça vient de France; mais, dame! aussi, ça coûte cher... (a part.) V n’y a pas d’ mal de l’en avertir, (toi vrrcani on »*r«.) Goùtez-ruoi ça. ill bail; Pacfcoaky te rayante. «I Parti «Ua, fort rtoniwe, a’eal rlaifoN* as rrfl«chi«M!it )
PACUOSKA, a part. G’est singulier! Il est dil pays... pauvre, à ce qu'ou pourvoir, et point vassal du comte Yvan ; comment ça s'y peut-y ?
paciiosky , 4 cwutM. Qn’en dites-vous? Encore un verre? Gustave. Volontiers! Ju sens qu’il me donnera la force d’achever mot) voyage.
PacbosKT, rabooctuiit ta UuteiLlc. C'est bon ; j’ l’y vendrai plus cher!
pacuoska, 4 part. Je d’vine; y vient de luin, y n’est jus jeune, y a p’t-étr’ longtemps qu’il a quitté le pays, et y n se doute pas... Qh’ c' pauvre cher homme!., faut que j’ l’avertisse, car y aurait du daugur pour lui à parler connue y fait.
fai HosKY, 4 ta f.-oini.;. duut il » t *i rappruch#. l)ites donc, madame Pachoaka, y boit sec, tout d’ même; pensez- voua qu’y payera?
pacuoska. Ça me r’ garde... Vlà le jour, va ouvrir 1’ volet, y peut passer des voyageurs,
pacuosxv. L’est juste!.. G’tep’tite femme-là n'oublie rien... (Lui prrnaci te BwntM.j HoUl!.. ail!., ail!.. Q'aiunt te upic de comptar «te l'argent.) Tâchez de... Daniel c' n’est qu 1 comme ça qu’on lait eune bonne maison. (11 »a ««rcir ta parte at le» fcnUrc»; enauite, U range, fort, Ta, tient, et de trmpt en temps a'anSte. rt parait .uqprii de mir la fournir rt |« auldatcanter «»« beauevup d'attlon.)
ccsTA'E. Jt; me sens déjà mieux ; st je pouvais continuer... ,'Se levant.) E&sajOt'S !..
PACUOSKA, l'approchant vite, le prenant Jiar la main, rt •'« «n pea de
injiièrr ) Moti brave homme, dilcs-mpi, y a-t-y très-ben longtemps qu’ vous avez quitté uot’ pays?
GUSTAVE, la regardant beaucoup. PûUrqUOl Cette question? pAtnurKA, Dites toujonr»!
Gustave, rehnmni. 11 y a vingt et un ans.
rACHnsKA. C’est ça!
Gustave. Comment?..
pachoska. J’avais ben d’viné qu' vous n* saviez pas vont ca qui s'est passé. Not* bon seigneur, le vieux comte Adrien de Conjura est mort il y a huit ans...
Gustave. Jl* lu sais*
PACH09KA. t#rprba. Ah !.. Mais vous n' savez pas que c' n'est point Gustave, Y plus proche de scs deux neveux, qui n hérité du comté d' Guuioru, comme on croyait qu’ ça d’vail être*.
Gustave, Pardonnez moi; je sais aussi que, subjugué par l'aiuour, Gustave renonça volontairement à cet héritage pour conserver sou indépendance ; et quu le comte de Gotnorn , Irrité d'un hymen qui contrariait scs vues, lu rca sou neveu à signer uu pacte qui transmit au jeune Yvan tous scs droits.
P VriiO'kA, de plus «U plus émanée. Ail ! VOUS UVeZ Ci ?
Gustave. En lin. que, pauvre, déshérité, unis heureux par l'am<>ur d’uue épouse charmante, Gustave, fidèle à son huilé, quitta ce» lumx... ut qu’il aurai! voulu ne jamais les revoir}
iMCitosKA. Hélas! oui; uu dit qu’il était si bon, si généreux ! Ou l’adora il, lui l
çuatAYK. Quoi! le souvenir de Gustave est encore dans vos
camps?
pacuoska. N‘ faut pus prononcer e’ nom- là, mou brave homme, ça vous causerait qmmqu' ch ignii ! Gar... ijriu* i.m.) leeumtc Vvan est jaloux, méchant, sans p.tié quand ou blesse sa fantaisie; et je n’ vous ai parle comme caque pour vous mettre sur vos gardes. Pi’ vous avisez jamais d'en dire le plus pTit mob.. Et, t’nez, puisque vous savez tout, laissons ça là, car il y a ici dos gens d' sa uiaison.
GUSTAVE. Ici 1.. O ciel!..
pa* iio.o. \. Et j suis iléjà toute tremblante! gustave. H, utles-votis?.. (.'attendiez-vous lui-méine? pacuoska. Non, Dieu merci!.. C’est au château qu’il est attendu.
gustavi. Attendu !.. Il n'y est donc peint encore arrivé? iwcmoska. Je u' saurais vous dire : depuis trois jours on l'annonce, y s' pourrait bien!»
Gustave, AtH agitation. Savez-vous s’il est arrivé au château de Gutuoru une jeune personne qu'une dame accompagne?
PAcnosKA. Eune jeune personne?.. Oh! ma li’jvcn pus d'eutiel D’puis trois jours, il y en arrive eune foule de personnages, des seigneurs, des dame», des d’moiselle» ; enlia toute ta noblesse du pays ; et ou prépare eune grande fête, comme ça $' fait tous les ans, quand. .
PACItOSKT, qa'an voyait ràdcr a**e iwjuirtudc. a'rat arrêté, rt appelle ea rtouffAnt ta tou. Madame PacUoska ! . madame Pacbnska!..
PACH09KA, M r.luumant. Hein? (il Itû fait Mjrne de rciur lui parler.) Allons, quoi qu'y a encore?.. Pardon! mon brave homme; c'est mon mari qui... (Allant 4 lui.) Allons, voyons, quoi qu lu Ut* Veux? I Elle gagne le fond ; FacbuaKy lui parie lia», »»0C feu, en lui muulraul tour 4 tour le «eldet «t la porte du eomdor.)
-GUSTAVE, nir Je dcraul de la ieCne, et 4 lueenème. A chaque pas, à chaque instant, mon anxiété îvdoublo; depuistrois jours, Yvan est |.L*ut-élre arrivé, et ma tille est en son pouvoir!.. 0 mallicureuM enfjut! ô ma chère Marie! dans quel horrible piège le* misérables nous out-ils entraînés? .Non, le ciel ne soullrira pas qu'Yvau couvre mon front d'opprobre, et déshonore la lil le de Gustave.
PAUlOsKT, coatinuanl de parUr à m femme en M rj|>pr>xKafll. N S agit
pas d* ca,j.vous dis c’ que M. Horman m a recommamlè hier, en allant se coucher : «S'il arrive c’to nuit queuqu* étranger, qu'y m’a fait, avertis-moi tout d' suite.» Ma li l j' 1 avais oublié, mais vlà que j' m’en souviens; cl homme-là est un étranger, et j‘ vas éveiller M. Borman.
pachoska. Va si tu veux; mais j’ dis qu’ c'est inutile: ton M Burman n* peut rien avoir d’ commun avec un honnête homme, un pauvre soldat qui passe sou chemin.
PAruo»KT.Ça m’est égal, j* vas l'y dire! (u nwoi* r«oaiicret entre de mi rie.) •
Gustave, *e leraM ifK rétoiotioa. Allons, jioiiit de repos que je n'aie Siuvé Ilia tille! (il ta reprendre M>n Utoa rt *im cbipean.)
palhoska. Eh ben, eh bien! ou allez-vous donc, monsieur 1’ soldai?.. Est-ce que vous partezdèjâ?
Gustave. Il le faut.
PACMO-.KA, 4 part. Pauvre vieillard! (Haut.) Vous paraissez avoir bien du ckiagnuT
gustave, reirujbt » Uns». Oui, oui, ma*laüitf !.. Je suis père, et j'ai penlu ma lilie !
paceoska. Voire lilie!
GUSTAVE, apre* un »ii*»ce. N*y a-t-il pas un sentier, à travers in forêt, qui raccourcit beaucoup le chemin qui conduit à Gomorn?
Bacaoau, Oui, on va droit au château.
Gustave. Veuillez rue l'indiquer?
ai hre" ' ï “ Teniu, vnyewous c’ en»
ai bne?.. Tournez 4 gauche, y sera d’vant vous. ' s
«mv..le tous remercie, madame. (i» ... .
I Pren « «et pour ce que je roua dois; jVnmorterai reureU r ™>f "1 ko" Accueil que roi» m’arei fui, el des
T "«donnés au mall, eurent Gutlave!
recCTrT^’a U “ p,é '“ d '°, r ! ,,n • «>■ ' je n’ le
1» ïïbmi f le Te " 5 1 fa * uis P»' 1 ’"-. «1 effet ; mal,
i IwramiiMd^nun u " • ) el ‘> a,ll '“> madame! Ne parle! ape ,a„,n.d e mon pasmtg. .et. (,, „ ,^„ u ,
»voc loojfifftnp» le durai dans u