‹ La Suisse balneaire et climateriqueChapitre 45 sur 88 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Environs dn lac des Quatre-Cantons.

Les cantons de Lucerne. Unlericnklen, Uri et Sclnoyz sont imisparlelacdesQuatre-Cantonsf Vierioaldstœllersee), lac tour à tour poétique et sauvage, multiple dans ses aspects, étrange tlans les (lécoupures de ses rivages. Il n’est séjjaré de celui <le Zoug que par une étroite langue de terre (2.o Lm. de largeur), et a 'É'i m. d’altitude (celui de Zoug, 417 in.). Il est en forme de croix, assez capricieusement recourbée dans sa partie orientale ; il a 37 km. de longueur, et une largeur très variable, qui ne dépasse pas 3UU m. au centre, entre deux promontoires appelés les « nez » (Xasen). Les beautés du lac des Quatre-Cantons ont toujours attiré de nombreux étrangers ; aussi les villages qui touchent ses rives sont-ils devenus des stations très fréquentées ; nommons Weggh, Gersnu, Brunnen, Bechenried, et la ville de Lucerne, etc., sans oublier les stations plus élevées, liicji, Axenslem, Seelisbevfj, Bilrgenstocli, etc.

Cette vogue, la région la doit à son climat aussi bien qu’à sa V)elle nature. On reconnaît que ce climat est doux en voyant sur les bords du lac une puissante végétation, caractérisée par le noyer et surtout par le châtaignier, qui montre .son artistique feuillage depuis le lac «le Zoug le long de la côte nord ju.squ’à Fluelen et au delà. Sui- cette même rive, au pied des pentes du Rigi, se trouvent trois stations, Weggis, Vilzncm et Gersau, <iui sont de bien peu inférieures à Montreux au point de vue de la douceur du climat, fait assurément intéressant (piand on le rapproche de la rudesse du climat des plaines de la même latitude entre Lucerne, Soleure et Berne. Absence de vent du nord, forte insolation, voisinage des pentes d’une part, du lac de l'autre, et hehn, telles sont les cau.ses de cet adoiicis.sement inattendu de la température. Ces éléments, nous les avons vus, sauf le hxîhn, exercer la même iniluence à Montreux. Le fœhn (voir Vinlrodiiction) souflle dans la vallée de la Reuss et sur la partie supérieure du lac, surtout au i)rintemps, parfois avec une rare vicdence. C’est à ce vent que la zone du lac des Quatrel'antons doit une température plus élevée ipie celles des lacs de 'l'houne et de Brienz, lescpiels sont pourtant bien abrités contre les vents du noi'd-est. La pluie a dans cette région une i’éi)artition tf)ut a tait spéciale ; c’est l’hivei' im'‘t‘'’orologique. c’est-ii-dire

(l(''(•(‘lllln■(‘, JaiiviiM- cl. Icviâcr, ijiii cii a le moins, du total ; puis vient rantoinne, h> printiun])s, et enlin rété, (pii, à lui seul, a plus du tiers du total annuel.

Voies (l’accès. Kn grand uonihre de ligues d(* (dieinin de fer convergent sur La, (terne, savoir de Zuricli pai- /oug ; de Broiigej \YM- Ma,ri ; de Lenzbonnj \yay la vallée des lacs de Hallwyl et Baklegg ; d'Olten par Sa,rsee, et de Berne par Langnaa,. (]es dmix deiaiii-u'es lignes sont, avec celle «le Zui'ich-Zoug, les plus fi'éipieutées et les plus laipidi's. Lucerne dirige, du C(')té du sud une voie iuteruatiouale des [dus importantes, celle du Sl-Golhard, dont les gares de A.rlh, Seeicen, Brnnnen, Fluelen, (roeschenen, etc., desservent nonil>re «le stations diiuatériiiues. Cette artèri' met l’Italie à la porte «le Lucerne, poui' ainsi dire. De Lucerne encore, un railway se dirige sur Brienz, en passant par leBriiuig ; c'est un chemin «le tomàstes, mais il (ajuduit aussi à (piehpies stations climatériques de seimnd ordre. Trois petites lignes de montagne, «leux sui' le Rigi, nue sur le Pilate, élèvent le voyageur sui- ces sommités. Liiliii, au nord du canton de Scliwyz, la ligne de V(cdensioyl à Éinsiedeln et celle de Zurich à Gla.ris servent à gagner ceidaines stations de cette région sejitentriouale. Tai navigation à vapeur, très active sur le lac des QuatnvtJautons, relie entre elles uomlire de stations située^ hors du réseau des railways.

Le caiitou de Lucerne se compose 1') d'une partie se])tentrional(^ peu montagneuse, ti'aversé»' par une série de vallées orientées du sud-est au uoi'd-ouest (T arrosé par des rivières pai'allèles, qui vont se jeter dans l’.\are. (Jette région compte deux petits lacs (de Baklegg, de Sempach) et deux stations balnéaires (voir chap. IV) ; F de \ Enllelmch , région montagneuse située à l’ouest et au sud-ouest de Taicerue, pénétrant comme un coin entre les cantons de Herue et d'Uuterwalden, r('‘giou (pii renferme plusieurs stations balnéaires ou climatéi'i(pies. Hile est ai'rosi'e par la petite Hmuu', aflluent de la Reuss, et sert do passage à la voie ferrée Luc(.'rue-Herue ; o'> enlin, d’une région avoisinant immédiatement le lac des (Juati'e-C’antous. Hile est ii-regulièrenieutdistrihuée sur les deux rives du lac, près de Lucerne, sur le liane, sud du Rigi jusiju’à Yitzuau, (d sur les pentes du Biirgeustock. Le caiitou de Lucerne a une ]iopulation de WGLl habitants, soit 110 a'u km. caria’', de religion catholi(pie, agriculteurs ou pâtres. .\ii point de vue «le la santé générale, ou lient dire (jue les feèvrès paludéennes y sont inconnues, «pielap/;Rsie pja.lmonaire y faitO.S victimes sur 1000 décès, «pie le crélinisiae et le goitre se voient dans les «listiâcts «le Surs«je, \\ illisaii, Hntlebuch. llexiste deux stationsd’altitude, le (l'i'iO m.) et les bains de Sc/iiinOerg (Hdô m.).

Le canton d’Unlerioalden se divise en deux demi-cantons, Obicakleii ((‘n\)\tide Sarnen), Xidicalden (capitale In

premier coutieiit les stations d’ JLigetberg , Lrult. (ca’ndihallbad, etc. ; le second, celles de BechenrU’d, Scfarnecli .

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liüi'fienstücli. y iederrickenhach, etc. (’liucuii «le ce.s ili-mi-cantiiiis correspoiiil îi peu [ires un liussiii il iiii tiu'ieiit, iloiit 1 un i'onue à Sarnen le hic de ce nom. T.,e cautou contient dos stations très élevées telles que SclnoændihaUbad (\Wi ni.), Fruit ni.), sans [larler des hôtels du Pilate. Les Iniliitarits, catholiques’ se vouent à l'apriculture et surtout à l'él éve du hétail. Ils sont au iioiuhre de lôOCK) pour Ohwalden et L2ô()() pour Nidwalden, soit Ml et V2 au km. carré. I.es fièvres i)ileriinltenleft ne se voient plus dans ce canton, lap/i/i.sic y est [len fréquente (80 décès sur ItMMl) ; le fjuilre et le. creiinisuie ne se rencontrent qu’au [lied du Pilate, lians la j-éoion irileryiswvl.

Le canton iVUri se conqiose de la vallée étroite et loupue (le la Reuss, depuis Kluelen au trou d'Uri, et de la liante vallée elliptique d’Ursm'en, dont le grand axe est per[iendiculaire a la [ireinière. La vallée de la Reuss envoie deux jirolongenients vers l'est, les vallées iV Unleischæchen et de Maderan. Celle-ci et la vallée d’rr.seren offrent des stations cliniatériipies fort élevées. Le canton d’Uri possède donc, dans une assez faible étendue, des localités à la hauteur du lac des Quatre-Can tons, 'CiO ni., où prospèrent le noyer, le clnUaigniei-, et d’antres, à près de lôÜO ni., [irivées d'arbres et froides. Le climat de la vallée de la Reuss est rude, tivs froid en hiver, très chaud en été ; au [irintenqis, elle est balayée [lar un fœhn d’une violence extréiim. La quanlite d'eau tombée )iar an est forte (Andennatt l‘250, Altorf 1M70 mm.). La [iroxiniité des hautes nioutagnes, où la [iluie .se ti'aiisfoniie facilement en neige, même au cieur de l’été, fait que l’on est exposé dans cette étroite vallée à. de brusipies changements de tenqiéi'atui'e, pour peu ipie la jiliiie dure quel- (jiies jours. Les Urauais sont suidout vom'‘s à l’élève du bétail ; au nombre de 17’285, soit Ki au km. carré, ils constituent la population la moins dense de la Suisse, ce ipii [U'ovient du fait qu’il ii’exisle dans aucun autre canton autant de hautes montagnes inhabitables. Le canton ne connait plus les /ico-es paludéenne.'^, depuis la correction de la Renss dans la plaine voisine du lac des Quati'e-i.imtous. De tous les cantons suisses, Ui'i est celui qui a le moins de décès par phlisie (bS pour 1000 décès, moyenne de la Suisse 108). 11 y a du crélinisna' et du //o/Vre dans la vallée de la Reuss.

Le canton do Schicyz touche à trois lacs, celui des (juatn'- Uantons au sud, celui de Zoug à l'ouest et celui de Zuriidi au nord. Il est constitué pai‘ deux valli'’es bien distinctes, celle de la Mu.olla au sud, et celle de la Sihl, avec ses aflliients, VAlp et l.a Hiher, au iioi’d ; plus fi l'est encore, le Wau/f/ithal envoie direo tement ses eaux dans le la.c de Zurich. La l'égiou du sud-est est [dus chaude que celle du nord. Le climat du canton est peu variable eu cti’', où il est très chaud ; rautonnie \' est beau, le printemps est signalé pai'di's toiinnentes di‘ fœbn. Le canton a sur .son ferritoire de nombreuses stations de touristes ou de malades, entre autres Hrunnen, A.irnstein, Sluas (P20:i m.) et toutes les stations du Jiu/i, sauf celle (lu Kallhad. Les bai.ii-

tants. catlioliqiies, voués à ra<frioiil(iii-a f)ii à l’élâva das bastiaiix, sont au uouibre de Ü087S, soit ôô au km. c{UTâ ; il exista aussi des i)opulations industi-iellas (à (lersau, par exeiiqde). ^sch^vyz connaît à peine les fièvres inlei-millenles (à léinsiedeln) ; la phtisie j)vl'i^><^>naire compte lOÔ décès sur 1000, c'està-dire à peu prés la moyenne de la Suisse. La mortalité inl'antile paraît être très élevée, de même rpie dans le canton d’Uri.

Le canton de Zovçj, le plus petit de tous les états qui constituent la Suisse, a 281‘23 habitants, 07 au km. carré ; c’est donc la population la plus dense de la région. 11 l'aut noter d'ailleurs que ce canton n’a ni très hautes montagnes, ni glaciers inhabitables. Il contient deux lacs (de Zong, à'Aegeri), tril)utaires de la Reuss. Le lac de Zoug, de forme allongée, au grand axe dirigée à peu j)rès du nord au sud, a 14 km. de longueur. Ses lâves sont très fertiles. Le climat de cette région est adouci encore i>ar le fodin, mais il est variable, le pays étant exposé <lu céité de l’ouest aux vents chargés de [duie. La popidation est agricole et industrielle ; \-à phtisie pulmonaire est fréquente, 148 décès sur 1000.

Nous parcourrons successivement L’ la région sud-ouest du canton de Lucerne ; 2'^ les rives du lac des Quatre-Cantons ; 3" les vallées voisines de ce lac ; 4o le canton de Zoug.

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