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LES GRANDES ORGUES DE LA CATHEDRALE

immenses masses de glace qui couvrirent le sol et s étendirent probablement sur toute la terre. » Le Jardin des glaciers renferme également, entre autres curiosités, le modèle d une station lacustre, un labyrinthe oriental, et plusieurs plans en relief, parmi lesquels le premier plan en relief de la Suisse centrale, construit de 1766 à 1785 par le général Pfyfîer. Des panoramas et dioramas alpestres se trouvent également dans le voisinage; un autre représente la retraite de l'armée de Bourbaki en 1871.

Le Jardin du Lion, tout voisin, mérite aussi une mention spéciale. C'est un petit jardin public, avec un bassin accoté à un rocher dans la paroi duquel a été taillé le célèbre monument dû au génie de Thorwaldsen (1 ) : un lion blessé à mort, défendant de sa griffe l'écusson des Bourbons, gît dans une grotte, le flanc percé d'une lance rompue. L'impression de douleur et de noblesse qui se dégage de cette tête superbe est inoubliable : la crinière rejetée sur l'épaule, les yeux à demi fermés, le front et les naseaux plissés en une crispation angoissée, la gueule à demi ouverte pour un rugissement suprême, tout contribue à produire un puissant effet, qui est encore augmenté par le contraste du bosquet riant et de la pièce d'eau paisible et rêveuse. Ce monument, qui a pour exergue Heloetiorum fidei ac oirluli — " à la fidélité et au courage des Suisses » — est, comme le rappelle une longue inscription dans le roc, un symbole commémoratif en I honneur des gardes suisses de Louis XVL qui se firent tuer jusqu au dernier par les révolutionnaires en défendant les Tuileries le 10 août et le 2 septembre 1792. A côté, une chapelle expiatoire, porte une fière devise : (( Paix aux invaincus. »

Entre le jardin et le lac, dans un quartier paisible, dont les ruelles herbues contrastent avec l'animation cosmopolite des quais

(I) Il fut exécuté en 1821 par dcle de Thorwaldsen.

culptcur Ahorn de Constance sur un mo-

morts à Lucerne en 1871, à la suite des souffrances éprouvées pendant leur terrible retraite.

La cathédrale est un édifice du XVII' siècle, un peu froid et nu, mais d'un bel aspect, avec les deux tours jumelles, plus anciennes, de la façade, qui sont surmontées de flèches aiguës. L intérieur est surtout remarquable par quelques œuvres d art : 1 autel latéral du nord, orné d un superbe relief en bois du XV' siècle, les fort belles stalles sculptées du chœur, les grilles du chœur et du baptistère. 11 y a également quelques vieux vitraux et tableaux dignes d'intérêt.

Toutefois la principale des curiosités de l'église, c est les orgues, qui sont, avec celles de Fribourg, les plus réputées de la Suisse, et qui les dépassent par leur antiquité et le nombre des registres. Elles furent montées en 1650 par Geisler de Salzbourg, et transformées en 1862 par Haas, à qui elles doivent leur merveilleuse (( voix des anges » ; en 1899 elles furent dotées d'un nouveau jeu, comprenant entre autres une « voix céleste o. L instrument compte aujourd'hui 95 registres et 4950 tuyaux. Les concerts d'orgue, qui ont lieu tous les soirs pendant I été, sont fort beaux et très goûtés des amateurs.

A côté de la collégiale catholique, Lucerne possède des églises pour les divers autres cultes, protestant suisse, anglais, américain, etc.; mais aucune ne mérite une mention au point de vue architectural. L'église anglaise de Saint-Marc a été construite en 1899, dans le style gothique.

Le quartier situé au nord de la Reuss, derrière le Rathaus. doit retenir plus longuement 1 attention. Tandis que sur I autre rive s'élèvent de vastes édifices modernes, le palais du gouvernement, l'école cantonale, l'hôtel des chemins de fer, la poste, les banques, c'est ici le noyau du vieux Lucerne, dont les anciennes rues, par endroits, sont encore bien conservées, notamment la Weggisgasse et le Hirschenpiatz, où l'on peut voir encore quel-

LES QUATRE-CANTONS

Lf CERNE : LA MAISON MOOS.

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