LA CATHEDRALE. LA LIMMAT ET LA F R A U M U N ST E R K I RC H E
Suisse, et de montrer 1 évolution historique du pays, spécialement en ce qui concerne le développement de l'art et de la civilisation. Ce qui en constitue 1 originalité, c est que les collections sont classées par ordre chronologique, chacune dans une salle qui présente, par le style et 1 ornementation, un cadre de I époque.
Les collections préhistoriques, extrêmement remarquables, sont les plus riches de Suisse; celle des antiquités lacustres fut commencée et enrichie par le D' Ferdinand Keller, qui découvrit les vestiges de ces anciennes habitations dans les lacs helvétiques. La reconstitution d un village lacustre est particulièrement intéressante pour les profanes. Les antiquités romaines et franques sont aussi curieuses et abondantes.
Plus riches encore le moyen âge et la Renaissance. Ici les collections sont, en général, spécialisées. Seule la série des splendides vitraux, tout à fait hors de pair, est répartie entre les différentes salles. La salle d armes est installée avec beaucoup de goût : là sont disposés divers trophées historiques, les armes de Zwingli. 1 épée de parade et les bannières offertes par le pape Jules II à la Confédération. Les anciennes chambres, reconstituées avec des éléments originaux, attirent surtout 1 attention des visiteurs, notamment la chambre de l'antique maison zum Loch de Zurich (XIV"^ siècle), les chambres gothiques de 1 ancienne abbaye du Fraumiinster, le salon du Seidenhof, à Zurich, avec poêle de Pfau de Winterthur (1620), la salle baroque de la maison Lochmann, avec des portraits et un plafond à sujets mythologiques.
Le trésor, réuni dans un caveau souterrain éclairé à la lumière électrique, offre un ensemble unique d objets précieux et d orfèvrerie suisse, depuis les temps les plus anciens. Un plat d or préhistorique, avec des figures d animaux, est d une valeur archéologique inestimable. L intérêt historique vient encore s ajouter à la beauté du travail.
11 faut citer aussi la collection si pittoresque des costumes nationaux, celle des meubles gothiques et des sculptures plates sur bois, celle de la céramique et des poteries helvétiques. — porcelaines de Zurich et de Nyon. faïences de Winterthur, etc., — les tapisseries, le cabinet des monnaies et médailles. Les richesses de ce musée sont telles
et d une si grande variété qu il est impossible d'en donner un aperçu complet : seule une visite détaillée peut permettre de les apprécier et de se rendre compte de 1 intérêt que présentent ces admirables collections.
En dehors du Musée national suisse, la galerie de peinture du Kunsthaus, propriété de la Société artistique de Zurich, renferme de fort beaux tableaux, presque tous de peintres du XIX*^ siècle, et spécialement quelques pages remarquables de Boecklin, des paysages de Diaz. Calame, Lehmann, le portrait de Pestalozzi par Anker, et une collection d'oeuvres du paysagiste et animalier zurichois Rodolphe Koller. On y visite aussi une exposition temporaire de peinture contemporaine. Tout près a été installé en 1919 un Musée de I art zurichois.
Un petit musée original est le Peslalozzianum, sur les quais de la Limmat, qui contient l'exposition scolaire suisse, et où on montre la chambre de Pestalozzi, le célèbre pédagogue zurichois dont nous avons déjà parlé à propos de la ville d'Yverdon.
LE MUSEE NATIONA L.
Zurich, ville de science. Le Polytechnicum.
L'enseignement professionneL — Zurich est sans doute le centre scientifique le plus important de la Suisse. La ville savante est presque toute entière groupée sur les hauteurs qui s étagent sur la rive droite de la Limmat, et largement aérée entre des jardins, des espaces libres et des parcs, comme la place de gymnastique et la Haute promenade avec son allée de vieux tilleuls, d'oij le coup d oeil est charmant sur la cité, le lac et la montagne. Là voisinent diverses écoles se-
condaires. primaires ^,^^^^ national :
et protessionnelles, cantonales et municipales, les différents corps de bâtiments de l'Université et du seul établissement fédéral d instruction de toute la Suisse, le Polytechnicum. La vie universitaire est très active ; c'est le véritable Quartier latin de Zurich.
Le vaste édifice central du Polytechnicum a été construit en 1860. au milieu d'un grand parc, dans le style de la Renaissance italienne : la façade de laile septentrionale est ornée de peintures allégoriques à la détrempe. — noir sur blanc — dites sgrajfiti. Il renferme d'intéressantes collections d archéologie antique, d histoire naturelle et d estampes. La grande salle de I aula. avec un beau plafond moderne, offre une vue superbe de son balcon.
Le Polytechnicum est une école supérieure d'enseignement technique et professionnel, dont il n'existe pas d équivalent en France. " Il comprend des sections d architecture, d ingénieurs, de mécanique, de chimie, d agriculture et forêts, des cours normaux pour la formation des maîtres, une section d économie politique et de philosophie générale, une autre des sciences militaires. Les jeunes gens n y sont admis qu au sortir des autres écoles, à 1 âge minimum de dix-huit ans, et munis d'un certificat de maturité qui