L \ VILLE VUE DU LAC
nommé le Pline allemand bien qu'il ait écrit en latin. Zvvingli y prêche la Réforme et s'impose comme un orateur éloquent. Historien de la Suisse en allemand, géographe précis et pittoresque des Alpes en latin, Tschudi, de Claris, a composé, à la même époque, des œuvres moins remarquables par la documentation que par le sentiment de la couleur.
Le XVII'' siècle, qui marque la décadence de la littérature allemande en même temps que 1 apogée de la littérature française classique, ne fournit aucun écrivain remarquable. Par contre, leXVIII'^, surtout dans sa seconde moitié, est particulièrement riche. Les deux critiques zurichois. Bodmer et Breitinger, furent les initiateurs de la jeune école qui allait demander son inspiration au moyen âge national et à l'Angleterre, et rompirent avec Gottsched, qui stérilisait la littérature allemande dans une imitation servile de la littérature française. Voici le grand historien Jean de Mùller ; le délicat poète des idylles alpestres, Salomon Gessner, qui sentit vivement la montagne; le polygraphe Zschokke, plein de verve, que l'Allemagne a donné à 1 Argovie ; le brillant Lavater, le créateur de la physiognomonie, à la fois anatomiste, philosophe, critique et polémiste, le type du tempérament zurichois, volontiers fougueux, épris d idées généreuses et de nouveautés ; le pédagogue Pestalozzi, émigré dans la Suisse française, qui peut le revendiquer presque autant que le critique Bonstetten, donné par Berne à Genève. Deux poètes intéressants marquent les débuts du XIX' siècle : Hebel, né à Bâle. chantre de la forêt Noire et du peuple, auteur des savoureuses « Poésies alémaniques i, et le Grison J ,-G. de Salis Seewis, esprit fin et mélancolique, qui peignit la nature en tra:tsdélicatsetqui contribua à la réunion des Grisons à la Suisse.
Gottfried Keller, mort en 1890. Zurichois, et Cari Spitteler. mort en 1 924, dont on n a pas oublié les sentiments francophiles pendant la guerre, sont les Doètes modernes les plus célèbres.
La ville industrielle, i^'industrie manufacturière en Suisse. — Zurich est une ville industrielle de premier ordre, la plus importante de la Confédération ; les manufactures sont reléguées pour la plupart sur la rive gauche de la Sihl. dans le quartier ouvrier d Aussersihl.
et dans la banlieue. C est le centre
de la fabrication des soieries en Suisse. Les filatures de coton et les fabriques de machines de ses faubourgs sont également considérables. L'habillement, l'imprimerie, l'édition, la photographie, les industries d'art, la porcelaine, n'y sont pas moins bien représentés. Au point de vue commercial, Zurich a dépassé Bâle, malgré I essor rapide de cette dernière ville. La gare de Zurich, au centre d un réseau très serré de voies ferrées, est la plus importante de Suisse. La prospérité générale a donné, comme à Lausanne, une grande impulsion à l'industrie du bâtiment. Les établissements de crédit, de leur côté, ont prospéré et se sont multipliés avec le développement économique.
L'industrie a attiré à Zurich de nombreux immigrés. Les étrangers les plus nombreux sont les Allemands, qui sont surtout chefs d entreprises, commerçants et employés de commerce, et des Italiens, ouvriers pour la plupart. Les Allemands sont au nombre de plus de quarante mille : les patrons font une rude concurrence au commerce et à l'industrie indigènes, tandis que les salariés s efforcent de propager 1 esprit gréviste parmi les ouvriers locaux. Aussi cette pénétration étrangère inspire-t-elle certaines inquiétudes aux Suisses.
Zurich est le meilleur poste d'observation pour jeter un coup d'œil d'ensemble sur les industries manufacturières helvétiques. Beaucoup de celles-ci sont anciennes. » Aux XIII" et XlV siècles,