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IS BORDS DU LAC MAJEUR A LOCARNO

cuter les travaux de voirie et les embellissements à désirer. Une campagne très active est menée pour réunir les deux communes en une seule. En attendant. Locarno a comblé son ancien port — où étaient amarrées les barques et où les femmes du pays venaient laver, — pour donner satisfaction aux étrangers qui s'étaient plaints des mauvaises odeurs : les intérêts des pêcheurs ont été sacrifiés à ceux du pays tout entier. De semblables exemples sont souvent donnés en Suisse. Toute la presqu île, qui est déjà bordée d un joli quai, est lotie petit à petit et va se couvrir en quelques années de villas et d hôtels.

Sous la colline et un peu en retrait du lac, le vieux Locarno a encore conservé sa physionomie si caractéristique de petite ville italienne du XVIII' siècle, moins archaïque que le vieux Lugano. et assez semblable à mainte cité piémontaise comme Pignerol. Si la voirie laisse encore à désirer, le pittoresque y gagne. La Piazza Grande, bordée d'arcades au nord, est intéressante, surtout les jours de marché. Là se réunissent alors les montagnards des vallées voisines, portant la hotte fuselée (oerla)el fidèles, en général, à leurs curieux costumes : les hommes avec la culotte de velours ou de drap, les bas blancs, le gilet rouge aux boutons de métal, la longue jaquette brodée, les .souliers à boucles d argent et le chapeau à larges bords; les femmes portant la jupe courte brodée de vert, le tablier de couleur voyante qui monte en bavette jusque sur les épaules, le plastron blanc et brodé, et sur la tête le fazzolelto à ramages.

Locarno possède une vieille église du XIIT siècle, qui a subi quelques additions et remaniements postérieurs, et où I on remarque surtout l'élégance des nefs et les bas-reliefs symboliques du mur près du porche. Le tombeau de Giacomo de Orelli, du XIV siècle, s'élève sur la petite place ombragée devant la façade.

Non loin 1 ancien château, contemporain de l'église, et édifié

dans le voisinage, sur un éperon de montagne, au sommet d une belle gorge fraîche, ombragée de vieux arbres, un peu déparée toutefois par le viaduc du funiculaire. En haut de la montée, dans des chapelles latérales, des groupes de cire représentent des scènes de l'Évangile, la Cène, l'Adoration des bergers, la Présentation. On monte par des escaliers sous un passage voûté, où une fresque réaliste représente deux bras croisés, coupés, saignants comme sur un étal. On débouche sur la terrasse de l'église — à la façade de style classique, tout italienne, — et bordée d un portique d arcades qui surplombe à pic la vallée, et d où la vue plonge sur le golfe et la vallée du Tessin. Le coup d oeil est encore plus beau d une hauteur voisine : léglise, avec son campanile et sa basilique ajourée, se détache au premier plan, un peu en contre-bas devant le lac et le fond de montagnes. L'intérieur de la basilique est tapissé de tableaux votifs accrochés aux murs. On remarque deux belles toiles, la Fuite de la Madone de Bramantino, et surtout Jésus porté au Sépulcre de A. Ciseri.

Les environs de Locarno sont très intéressants. Au nord, c'est Rivapiana avec la Casa di Ferro, vieille forteresse féodale où se faisaient jadis les enrôlements de mercenaires, et qui était reliée autrefois au château de Locarno par tout un système de fortifications. Plus haut, Brione, avec de vieilles maisons curieuses, dans le val Verzasca.

Au sud voici Ascona, dominé par le mont de la Vérité sur lequel s'élève la Ville du Soleil. Ces noms pompeux ne doivent pas faire illusion. H s'agit d une colonie végétarienne qui a choisi cet endroit, à cause de la douceur du climat, pour y appliquer intégralement ses doctrines : vivre le plus possible au grand air, manger exclusivement des légumes, des fruits, voire du laitage, se vêtir d'habits amples et poreux pour ne pas gêner la circulation du sang et l'accès de l'air frais. Le régime comporte en outre des applica-

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