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L EGLISE RUSSE

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trouvent le square Tœpfîer, avec le buste du charmant écrivain, la chapelle russe dont on aperçoit au loin les cinq coupoles dorées, et le monument élevé à la mémoire de Michel Servet, I adversaire de Calvin.

Les bords du Rhône et du lac. Quais et ponts. — Sur les

bords du Rhône, animés et pittoresques, subsistent encore quelques vieilles maisons et des souvenirs de Genève antique. La plus vénérable relique est la Tour de 1 Ile, dans un vieux et curieux quartier, haute et quadrangulaire : c est le plus ancien monument de Genève. Une inscription commémorative atteste qu en cet endroit fut décapité en 1519 le héros patriote Berthelier. Un double pont existait déjà là du temps de César, qui le fit couper dans sa lutte contre les Helvètes : c'est la première mention de Genève qui soit faite dans 1 histoire.

Plusieurs petites îles et constructions sur pilotis se trouvent sur le Rhône en amont et en aval de l'île principale. Le bras gauche du fleuve est barré par 1 usine des forces motrices, où fonctionnent vingt turbines d'une force totale de six mille chevaux, et qui fournissent de 1 eau potable à la ville, ainsi que de 1 eau à haute pression à de nombreux établissements industriels. L eau potable de Genève serait, d après le physicien Tyndall , la plus pure d'Europe : c'est en grande partie à sa qualité qu'est dû 1 excellent état sanitaire de Genève qui, sur les cinquante principales villes d Europe et d'Amérique, présente le minimum de décès ( I 7 par 1 000 habitants). A quelques kilomètres en aval de Genève, sur le Rhône, 1 usine des forces motrices de Chèvres fournit à la ville une force de douze mille chevaux, utilisée en grande partie pour l'éclairage électrique :

l'usine électrique qui reçoit et distribue cette force pour l'éclairage est adossée à un pont au milieu du Rhône.

Sept ponts pittoresques et d aspect varié traversent le Rhône : ils ont tous été construits ou édifiés à une époque plus ou moins récente , car le cours rapide du fleuve nécessite de continuelles réparations. En remontant le fleuve, le second, qui porte le nom moyenâgeux de la Coulouvrenière, aboutit en face de la promenade Saint- Jean, où a été placé le monument de James Fazy. Le pont de I île a la largeur d'une vaste jetée. Un barrage régulateur du fleuve est établi sous le pont de la Machine. Plus près du lac, le pont des Bergues, en ligne brisée, est relié par une passerelle à I Ile Jean-Jacques-Rousseau — I ancienne ile des Bergues — où , dans une petite oasis tranquille de verdure et de grands arbres, au cœur de la ville, a été élevée une statue en bronze, de Pradier, au grand écrivain, à 1 endroit où il se plaisait à venir rêver dans .sa jeunesse. Coupant le Rhône dans sa plus grande largeur à la sortie du Léman,

GENEVE

le célèbre pont du Mont-Blanc avec les somptueux quais du lac qu'il continue et qu'il réunit, donne à la Genève moderne un cadre de beauté, le long des eaux mouvantes animées d'embarcations de toute sorte, face aux montagnes lointaines qui dentellent l'horizon de leurs cimes violacées ou neigeuses. Elevé en 1862, le pont du Mont-Blanc a été élargi en 1903 : c'est un des plus beaux ponts d'Europe, moins encore par ses vastes dimensions et la sobre majesté de son architecture, que par le coup d oeil incomparable dont on jouit sur la ville, sur les pittoresques rives du Rhône , les quais luxueux et la profonde perspective du lac, et surtout sur 1 horizon montagneux des Alpes, les Voirons allongés et le Salève massif, que commande, par les jours clairs, la

haute et fine silhouette du mont '*"" .^ ^

Blanc drapé d'une neige éter- ce:

nelle, — ce mont Blanc, symbole de la fascmation alpestre,

qui attira tant de Genevois, depuis Saussure qui en fit le premier 1 escalade.

Sur la rive occidentale, le quai du Mont-Blanc présente un coup d'œil encore plus dégagé sur le géant des Alpes. Là débarquent et partent les vapeurs et stationnent les bateaux de louage. Dans le square des Alpes s'élève le monument érigé au duc de Brunswick qui légua à sa mort, en 1873, toute sa fortune, évaluée à vingt millions, à la ville de Genève : c'est un petit édicule qui a la forme d'une chapelle à pinacles de style ffamboyant italien, sur le modèle du mausolée des Scaliger à V érone. Après le luxueux Kursaal, la jetée des Pâquis s enfonce dans le lac jusqu au phare à feux scintillants, d'où Ion a peutêtre le meilleur coup d œil d'ensemble sur la ville, qui s'étage sur la colline dominée par les tours de Saint-Pierre. Le quai se prolonge fort loin vers le palais de la Société des Nations, installée dans l'ancien hôtel National, en attendant la construction d un édifice plus luxueux. A l'extrémité est le beau parc Mon-Repos, avec une collection ethnographique.

Sur la rive opposée, près du pont du Mont-Blanc, le Monument national, groupe en bronze de Dorer, commémore la réunion de Genève à la Suisse. Le Jardin anglais continue la série des parcs et des promenades ombreuses qui donnent tant d'attraits à Genève : il est orné dune fontaine monumentale, de bustes du sculpteur Pradier et de peintres genevois, et renferme dans un chalet un intéressant relief du mont Blanc. On remarque plus loin, dans le lac. deux curieux rochers granitiques : les Pierres de Niton, deux blocs erratiques échoués dans 1 eau. Un môle va à la rencontre de la jetée de 1 autre rive : il est terminé par un des plus puissants jets d'eau du monde, qui jaillit à 90 mètres de hauteur et fonctionne seulement les dimanches et jours de fêtes. A l'extrémité du quai, le parc la tour de lile.

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