‹ La Suisse territoire, population, agriculture, industrie, commerce, historie, institutions politiques et administratives, etc. par m. A. Legoyt et m. G. VogtChapitre 2 sur 50 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

Territoire.

D'après les relevés trigonomé triques opères sous la direction du général Dufour (relevés encore incomplets, puisqu'ils ne comprennent pas les cantons de Cerne, Lucerno, Uri et Unternalden), la superficie de la Suisse peut être évaluée à 41,418 kilom. carrés (39,900 seulement d'après

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page 25 du mémoire do M.Vogl le tableau de la répartition par canton de cette superficie.

Division géographique du pays. — M. Franscini, dans sa Statistique de la Suisse, divise ce pays en cinq niions, savoir: la région alpine, comprenant environ IN.OGII kilom. carrés et 388,403 habitants ; la région de l'est, 4,908 kilom.

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carrés et 803,305 hahilants ; la région de l'ouest ou jurassienne, 7,744 kilom. carrés et 517,804 habitants; enfin la région du sud ou italienne, 3,185 kilom. carrés et 123,054 hahilants. La Suisse peut -encore se diviser géographiquemenl ainsi qu'il suit : 1° la Suisse alpine ; 2° la

jurassique; 3° la partie sud de l'espace compris entre les deux précédentes, sous !a forme d'une plaine avec des montagnes isolées; 4° la partie nord, traversée par des montagnes d'une attitude moyenne.

La Suisse de la plaiiu 1 , qui s'cînid au nord de la région alpine et à l'est du Jura, est la plus riante et la plus productive de l'ensemble du pays. Elle s'étend du sud au nord, du pied des Alpes au Rhin et au lac de Constance; elle renferme les cantons de Vaud et de Fribourg, la plus grande partie de ceux de Berne, de Lucerne, d'Argovie , la totalité de Zurich , Zoug , Tliurgovio el une portion de Saint-Gall. La hauteur de cette zone varie entre 3(i0 et 549 mètres au-dessus de la mer; sa surface est coupée de nombreuses vallées qui vont yéniji'aleiiieiil du sud-est au nord-ouest. Chacune de ces vallées est séparée par une rivière dont

Cour.' ij'iyiu. - - Lljj quatre rinquirmeo :\<'. i;i ^ui;.-e appartiennent au bassin du Rhin. On sait que ce fleuve prend sa source dans les Alpes des Grisons, à une élévation de 2,215 mètres au-dessus de la mer. De là il se dirige au nord dans la direction du lac de Constance, et reçoit, pendant ce trajet, à sa gauche, la Tamina venant du canton de Saint- Gall, et, à sa droite, l'Hl sortant du territoire autrichien. Il émerge du lac de Constance à sa partie nord-ouest, dans la ville de Slein, où il est (.'notre à ."iî'fi mètres au - dessus de la mer. Il atteint ensuite Râle, après avoir fait un circuit assez tortueux, le plus souvent dans la iliirction de l'ouest, et reçu les eaux du 'finir, de l'Aar et du Birs, formant ainsi, sur une longueur d'environ 1 13 kilomètres , la limite nord de la Suisse. A Bille, où il est à une hauteur de 250 mètres au-dessus de la mer , il tourne brusquement au nord et quitte le territoire suisse.

Los antres cours d'eau les plus importants de la Suisse sont : l'Aar , qui se jette dans !e lïhin , après avoir coulé a travers les lacs de lirienlz et de Thun ; le Linll) , qui o sa source dans les Alpes de Glaris el se jette dans l'Aar audessous du confluent de la Ueuss; le Thur, qui prend sa source dans les montagnes ilu Haut - Toggcnburg (canton

confond avec l'Aar, à une altitude de î,!l mètres au-dessus de la mer; le Saane, sorti des Alpes hernoises et entrant dans l'Aar à quelques kilomètres au-dessous de la ville de Laupen; le Rhône, formé d'un glacier au-dessous dû la passe de la Fourche, à l'cstrémité nord-est du Valais, a une hauteur de 1,070 mètres au - dessus de la mer. Ce neuve descend rapidement sur l'Oherwiild, se rend, dans la direc-

hrusqucrhenl au nord , pour se jeter dans le Léman. H sort de ce lac à Genève , reçoit, au-dessous de cette ville, l'Ane à sa descente de la vallée de Chomounix, et quitte le territoire suisse près île Clianci , dernier village du canton de Genève.

L'Arve n'appartient pas rigoureusement à la Suisse, puisqu'il traverse la Savoie dans la plus grande partie de son cours; mais il est le Iriliulaire alpin le plus considérable du llliônc, dans leipnd il se jette à -2 kilomètres environ nu-

houohure, à mètres. Sa longueur est de 104.5 kilomètres. On a ealrulé qu'il verse, dans le lilnine, une moyenne de 1,804 litres d'eau par seconde.

L'imi son Je quelques petits lacs près de la passe de Moloya, reçoit l'eau îles glaciers, du coté nord des pies Je Berninn , el après avoir roulé à travers les (Irisons , en suivant généra km eut la direction du nord, quitte le territoire suisse à Fiustermûnlz.

Le Tessin sort du mont Crics et traverse le lae Majeur en (ta lie.

considérables. C'est du commencement de novembre» la lin île mars qu'ils oui leurs plus Lasses el en juin leurs plus fortes eaux. Le volume île ces eaux ne varie pas sensiblement du milieu de juin à la fin d'octobre.

Lacs. — Le lac de Genève ou le Léman, ce grand réservoir ilu llhùne, affecte la forme d'un croissant, sa rive nord ayant environ 101 k il uni'': 1res île longueur ci sa rive sud à peu près 85. Sa largeur, près du centre, est d'environ 115 kilomètres : mai; elle diminue considérablement vers Genève. Sa surface est à 375 mètres au - dessus du niveau de la mer; on évalue sa plus grande profondeur à 3:)5

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divers cours d'eau, dont les plus importants sont la Dranse, originaire des Alpes de la Savoie, le Vcvayse et le Venoge, des Alpes suisses. Le lac de Genève n'a gelé nue deux fois , en 7(12 el 805.

Le lae, de Constance (Rmtcum ) a 7N kilomètres de lone;ueur et I6,li7 kilomètres de largeur. " est à 3!>(î mètres

estimée h S2ii kilomètres carrés, cl sa plus grande profondeur à 540 métrés. Ce lae est le tlléùtre d'une navigation à vapeur très-active.

Le lac des Quatre-Caolons ( Vinnoaldsli'itlemee) a AX kilo-

mèlres île longuoiu . Sa partie sud , ;i| ■]>■■ loi; lac d'Un, es! mio m:i;su d'uau livs-jinifuiti.li; . du 15 kilomètres du lung et de 1.85 à 3.70 kilomètres de large, qui s'étend dans la direction du sud au nord , entre deux rangées presque per- [• mW ni m f . il. iih>ipU,-ip'.4. - Ik * itlif |-iir un f ir..a pav sage, au. bassin j central , qui a environ 10.07 kilomètres de long sur 3.70 de large. Un autre passage conduit du bassin central à celui de l'ouest, le plus long cl le plus beau des trois, bien connu sous le nom de lac de Lueerne. Le lac , pris dans son ensemble, est à 435 mètres au-dessus du niveau de la mer, et sa plus grande profondeur est de 305 mètres. Le pays qui entoure le lac des Quatre- Canton s a été le berceau do l'indépendance suisse.

Le lac de Zurich, formé par leLïmmat, a 40.5 kilomètres de long ell.80 à 3.70 de large. Sa plus grande profondeur est de 183 mètres. Il est à 401) mètres au-dessus du niveau de la mer.

Le lac de Nouchàtcl a environ 55.5 kilomètres de longueur et 9.20 kilomètres de largeur sur environ la moitié do son étendue. Il est à 435 mètres au-dessus du niveau de la mer et sa profondeur moyenne est de 105 mètres.

Le lac de Oienno a près de 16 kilomètres do long sur 3.2 de large; son niveau est de 2.4 mètres au-dessous de celui de Nouchàtcl ; sa plus. grande profondeur est de 08 mètres.

La Suisse reiilui-mu d'anlres lues assez considérables, et notamment celui de Wollciiscu , un dèrin': du Seer, et mis récemment en communication avec le Linth (20 kilomètres de longueur et 445 mètres au-dessus du niveau de la mer) ; ceux de Bricntï et deTbun, formes tous les deux par l'Aar; le dernier a 24 kilomètresdc long elune profondeur moyenne de 244 mètres ; il est a 550 mètres au-dessus du niveau de la mer.

L'étendue totale des 22 plus grands lacs suisses est à peu pris de 3,550 kilomètres carrés , dont il faut distraire 832 kilomètres, ii';«]jp;<rlJjn;nii pas nu territoire île la cuiifèdératïon. Le resle, 2,718 kilomètres carrés, forme environ le quinzième de la superficie du pays.

Les variations maiima de niveau sont do "1 mèlre 83 centimètres sur le lac de Genève et de 2 mètres M centimètres sur celui de Ncuchâtel. Le plus bas niveau est au printemps pour le premier, en août pour le second.

Climat. — Il varie avec l'altitude, avec la direction des vallées, et la situation au nord ou au sud îles pentes alpestres. Les sommets des grandes montagnes, couverts d'une glace éternelle, ne sont abordables en partie qu'au printemps. La neige tombe dès octobre, rarement plus tard, sur les cimes les plus élevées et dans les premiers jours de novembre en plaine et sur les hauteurs moyennes ; la fonte commence en plaine vers le milieu de mars, dans les vallées de hauteur moyenne en avril , et à une plus grande élévation en mai. On peut ainsi passer, dans le même pays et à la même époque , du climat de l'Italie à celui de la Sibérie.

La température moyenne est à Locarno de 10.1! demies centigrades; à Aarau, de 7.8; à Genève, de 7.9; à Berne, de 7.1 ; a l'hospice du Saint-Gothard , de 0.9 ; à l'hospice de Saint-Bernard, de 1.1. Les vents dominants, dans les régions est et nord, sont ceux de l'est et de l'ouest ; dans les régions est et sud , ceux du nord et du sud. On distingue habituellement les vents eu généraux et locaux. A la catégorie des premiers appartiennent le vent de mer (Scewind) et le vent de terre (Landvund). Les seconds ont des dénominations très- variées qui n'ont pas il'("r|iii vnlurjls dans r.olre langue. Pour résister à ces vents, très-violents surtout en hiver, les habitants garnissent de lourdes pierres le toit de

leurs cliaiets, presque Ions coiisti nils on liois, comme on

L'influence du climat sur le caractère des habitants est connue. Établis sur un sol d'une lut-iii fertilité, ayant à se défendre contre les torrents, eonlre les avalanches, contre les débordements, eonlre les rigueurs des saisons, les Suisses rivaient besoin, pour sorlir victoi'ii'iix d'une lutte de celte nature, de qualités peu communes. Ces qualités, ils les ont eues; ils uni été el sont toujours sobres, laborieux, patients el. feruies dans leurs desseins. riecntitiaiïsniis-leur, en outre, un sentiment très-vif et tros-éclairé de leurs intérêts. Aussi l'amour du pays no les aveuglc-t-il pas, et quel que soit le culte bien eomi;i des habitants des montagnes pour les liens qui les ont vus naiire, les Suisses' n'iiésilent pas à émigrer, même pour les destinations les plus lointaines, même sans espoir de retour, lorsque le sol natal ne leur Fournit pas de ressources suffisantes.

SKCTION 11.

Population.

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