‹ La suite du Menteur, a comedy, ed. by G. MassonChapitre 38 sur 126 · LA SUIJ^ DU MENTEUR · texte numérisé non relu

LA SUIJ^ DU MENTEUR

Ils marchaient apr^ vous deux ou trois mille pas ;

Ils vous ont vu courir, tomber le mort à bas,

L'autre vous démonter, et fuir en diligence :

Ils ont vu tout cela de sur une éminence,

£t n'ont connu personne, étant trop éloignés. X125

Voilà, quoi qu'il en soit, tous nos procès gagnés,

£t plus tôt de beaucoup que je n'osais prétendre.

Je n'ai point perdu temps, et les ai fait entendre ;

Si bien que, sans chercher d'autre éclaircissement,

Vos juges m'ont promis votre élargissement. 1130

Mais, quoiqu'il soit constant qu'on vous prend pour un autre.

Il &udra caution, et je serai la vôtre:

Ce sont formalités que pour vous dégager

Les juges, disent-ils, sont tenus d'exiger;

Mais sans doute ils en font ainsi que bon leur semble. 1135

Tandis, ce soir chez moi nous souperons ensemble :

Dans un moment ou deux vous y pourrez venir;

Nous aurons tout loisir de nous entretenir.

Et vous prendrez le temps de voir votre lingère.

Ils m'ont dit toutefois qu'il serait nécessaire 1 140

De coucher pour la forme un moment en prison^

Et m'en ont sur-le-champ rendu quelque raison ;

Mais c'est si peu mon jeu que de telles matières,

Que j'en perds aussitôt les plus belles lumières.

Vous sortirez demain, il n'est rien de plus vrai ; 1 145

C'est tout ce que j'en aime, et tout ce que j'en saL

Do. Que ne vous dois-je point pour de si bons offices !

Ph. Ami, ce ne sont là que de petits services ;

Je voudrais pouvoir mieux, tout me serait fort doux.

Je vais chercher du monde à souper avec vous. 1 150

Adieu : je vous attends au plus tard dans une heure.

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