‹ La suite du Menteur, a comedy, ed. by G. MassonChapitre 49 sur 126 · ACTE IV. SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCÈNE VIL

En moins de quatre pas j'ai tout perdu de vue ;

Et, m'étant égaré dès la première rue,

Comme je sais im peu ce que c'est que l'amour, 1505

J'ai cm qu'il vous fallait attendre en Bellecour ;

Mais je n'ai plus trouvé personne à la fenêtre.

Dites-moi cependant, qui massacrait ce traitre ?

Qui le faisait crier? Fhil, À quelque mille pas,

Je l'ai rencontré seul tombé sur des plâtras. 15 10

£>ùr. Maraud, ne criais-tu que pour nous mettre en peine ;

CIL Souffrez encore un peu que je reprenne haleine. ^

Comme à Lyon le peuple aime fort les laquais, Et leur donne souvent de dangereux paquets, Deux coquins, me trouvant tantôt en sentinelle, 15 15

Ont laissé choir sur moi leur haine naturelle; Et sitôt qu'ils ont vu mon habit rouge et vert... Do. Quand il est nuit sans lune, et qu'il fait temps couvert, Connaît-on les couleurs ? tu donnes une bourde. CIL Ils portaient sous le bras une lanterne sourde. 1520 C'était fait de ma vie, ils me traînaient à l'eau ; Mais, sentant du secours, ils ont craint pour leur peau. Et, jouant des talons tous deux en gens habiles. Ils m'ont fait trébucher sur un monceau de tuiles, Chargé de tant de coups et de poing et de pied, 1525

Que je crois tout au moins en être estropié.

Puissé-je voir bientôt la canaille noyée !

PhiL Si j'eusse pu les joindre, ils me l'eussent payée L'heureuse occasion dont je n'ai pu jouir.

Et que cette sottise a fait évanouir. 1530

Vous en êtes témoin, cette belle adorable Ne me pourrait jamais être plus favorable ; Jamais j'en reçus d'accueil si gracieux :

Mais j'ai bientôt perdu ces moments précieux.

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