ACTE V. SCÈNE IL
Et je t'ai bien donné des preuves plus entières. 1620
Pourquoi me demander des gages superflus ?
Ayant Tâme et le cœur, que te faut-il de plus?
Clù J'ai le goût fort grossier en matière de flamme ;
Je sais que c'est beaucoup qu'avoir le cœur et l'âme ;
Mais je ne sais pas moins qu'on a fort peu de fruit 1625
Et de rame et du cœur, si le reste ne suit.
Ly, Eh quoi ! pauvre ignorant, ne sais-tu pas encore
Qu'il faut suivre l'humeur de celle qu'on adore,
Se rendre complaisant, vouloir ce qu'elle veut ?
Clu Si tu n'en veux changer, c'est ce qui ne se peut. 1630
De quoi me guériraient ces gages invisibles ?
Comme j'ai l'esprit lourd, je les veux plus sensibles ;
Autrement, marché nul. Ly^ Ne désespère point ;
Chaque chose a son ordre, et tout vient à son point ;
Peut-être avec le temps nous pourrons nous connaître; 1635
Apprends-moi cependant qu'est devenu ton maître.
CIL II est avec Philiste allé remercier
Ceux que pour son afiaire il a voulu prier.
Ly, Je crois qu'il est ravi de voir que sa maîtresse
Est la sœur de Cléandre, et devient son hôtesse? 1640
CIL II a raison de l'être, et de tout espérer.
Ly, Avec toute assurance il peut se déclarer ;
Autant comme la sœur le frère la souhaite ;
Et s'il l'aime en effet, je tiens la chose faite.
CIL Ne doute point s'U l'aime après qu'il meurt d'amour. 1645
Ly, Il semble toutefois fort triste à son retour.