PRÉFACE
En 1893, sur les demandes réitérées de MM. Faillet et Blondel, le Conseil général de la Seine fondait, à Asnièies, l'Institut Départemental de Sourds-Muets et de Sourdes-Muettes. Cette création venait combler une lacune regrettable ; en effet, Paris et le Département de la Seine, qui comptent tant d'établissements philanthropiques de toute sorte, ne possédaient aucune école pour les sourds-muets en âge de scolarité. En outre, et ce n'est point là le moindre intérêt de cette œuvre, une formule nouvelle était mise en action. L'Institut d'Asnières fut rattaché à la Direction de l'Enseignement
SURDI-MUTITE
primaire et relevait par conséquent du Ministère de l'Instruction Publique. Au contraire, les Institutions Nationales de Paris, Bordeaux et Chambéry, qui existaient avant 1893, dépendent de la Direction de l'Assistance Publique. Le Conseil général de la Seine a voulu montrer qu'il ne considérait pas les jeunes sourdsmuets comme des infirmes, ayant besoin d'être assistés et secourus, mais qu'il les assimilait aux enfants normaux et qu'il allait leur donner l'enseignement auquel ils ont droit, aux termes de la loi du 28 mars 1882 sur l'obligation de l'Instruction primaire.
Chargé, dès sa fondation, du service otologique de l'Institut d'Asnières, j'ai eu l'occasion de faire quelques recherches sur la surdi-mutité, et je me proposais, au commencement de cette année, d'en publier les résultats dans un article de revue, lorsque le Directeur et quelques membres de la Commission de surveillance, me firent observer qu'il n'existait en France aucune monographie complète de la surdi-mutité, au moins de date récente, et se montrèrent désireux de me voir entreprendre cette tâche. C'est là l'origine de cet ouvrage.
La surdi-mutité n'a été envisagée qu'au point de vue médical. Si, dans quelques parties, on trouve traitées certaines questions relatives à la pédagogie, c'est