CONSIDERATIONS GENERALES
Une deuxième classification étiologique a été proposée ;
elle divise les différents cas de surdi-mutité en surdimutités endémiques, se produisant dans certaines régions qui semblent infectées, et en surdi-mutités sporadiques, lorsqu'elles résultent de causes accidentelles. Cette classification est totalement abandonnée ; car l'étude plus complète de cette affection a montré que cette distinction ne correspond pas àla réalité des faits.
Si l'on se place au point de vue pédagogique il y a tout intérêt à adopter une autre division et à classer les sourds-muets dans les deux catégories suivantes :
1° Ceux dont la surdité est totale ou sourds complets.
2' Ceux qui ont conservé des restes plus ou moins considérables d'audition ou demi-sourds.
On comprendra facilement quels avantages on peut retirer de cette séparation des sourds et des demi-sourds lorsqu'on saura que les procédés pédagogiques actuels utilisent, pour l'instruction de ces enfants, tous les vestiges d'audition qui peuvent subsister. Cette distinction avait déjà été faite, il y a longtemps, par Itard qui avait établi cinq classes de sourds-muets :
1° Ceux qui entendent la parole ;
2° Ceux qui entendent la voix ;
3° Ceux qui entendent les sons :
4° Ceux qui entendent le bruit ;
5° Ceux qui n'entendent absolument rien.
Bonnafond après avoir étudié, à l'aide des diapasons, l'ouïe de sourds-muets, avait proposé les trois catégories suivantes :
6 SURDI-MUTITE
1° Ceux qui ne peuvent entendre d'aucune manière ;
2° Ceux qui perçoivent le diapason appliqué et non autrement ;
3° Ceux qui entendent le diapason appliqué sur le crâne et à une certaine distance de l'oreille.
Enfin, Bezold a, dans ces dernières années, mesuré avec une grande précision, à l'aide de la série continue des sons, le pouvoir auditif des sourds-muets et les a rangés dans six catégories suivant que ce pouvoir auditif est plus ou moins considérable. Ces six groupes de Bezold sont bien définis et ont été admis par la plupart des médecins auristes et des instituteurs de sourds-muets de l'Allemagne. Nous ferons, dans le cours de cet ouvrage, une revue détaillée des recherches de Bezold, dont la classification nous a servi, du reste, à déterminer la composition des diverses classes, à l'Institut départemental d'Asnières.
A côté des sourds-muets tels que je viens de les définir et de les classer, on trouve un certain nombre de malades atteints non seulement de surdi-mutité mais aussi de troubles cérébraux et de lésions plus ou moins graves des autres organes des sens. Il est des sourds-muets idiots, imbéciles, épileptiques, etc. ; il en est dont la vue est plus ou moins compromise, même totalement perdue. Mais la surdi-mutité n'est dans ces cas que la complication de maladies plus graves et doit figurer dans la symptomatologie de ces affections.