‹ La surdi-mutitéChapitre 8 sur 86 · ANNEES · texte numérisé non relu

ANNEES

Nom hre

de

sou ils - mi'eli

par

habitants

Nombre total

des sourds -muets

Rapport

entre les nombres de sourds muets du sexe masculin et du sexe féminin

MASf.ni IN. I

et n'ont trait, par conséquent qu'aux sourds-muets «lu sexe masculin, âgés de 20 ans.

Le Dr Nimier, professeur agrégé au Val-de-Grâce, a publié (*), eu 1893, une élude basée sur ces statistiques des conseils de revision. On y trouve quelques détails sur la répartition de la surdi-mutité en France. Le nombre des jeunes gens exemptés pour cause de surdimutité a subi, de 1875 à 1890, une progression constante. Ce nombre qui, en 1875, atteignait à peine 269, ou une proportion de 9,82 pour 10.000 examinés, s'élevait à 395 en 1890, soit 13,09 pour 10.000 examinés. J"ai moi-même compulsé ces comptes rendus des conseils de revision, depuis 1891 jusqu'à 1898 inclus, et j'ai pu constater que cet accroissement progressif n'a pas continué, mais que le nombre des sourds- muets a subi, au contraire, une marche régulièrement décroissante pour atteindre, en 1898, le chiffre de 227 ou 6,85 pour 10.000 examinés. Voici, du reste, les chiffres et les moyennes depuis 1875 jusqu'à 1898 :

TABLEA.U II Jeunes gens réformés pour surdi-mutité

En 1875 209 conscrits ou 9,82 par 10,000 examinés

(!) Nimier. - Contribution à l'étude de la répartition géographique de la surdi-mutité en France. Ann. des mal. de l'oreille* ir 5, 1893.

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1888 395 conscrits ou 13,20 par 10,000 examinés

Dans la suite de son étude, le Dr Nimier a établi., pour chaque département, les moyennes des conscrits réformés pour surdi-mutité, mais seulement pour les années 1887, 1888, 1889, 1890. J'ai recherché ces mêmes moyennes pour les années 1891, 1892, 1893, 1894, 1895, 1896. 1897, 1898 et j'ai fait le classement des divers départements suivant le nombre proportionnel des sourds-muets qu'ils ont fournis : il y a de grandes différences entre' le classement du Dr Nimier et celui que j'ai obtenu. Tels départements qui se trouvent en tête de la première liste,* se placent à la fin de la seconde et réciproquement. On se rendra compte de ces différences par la lecture du tableau III.

Pour expliquer les résultats parfois contradictoires que l'on obtient dans ces deux classements, il faut observer que les jeunes gens figurant dans le tableau du Dr Nimier étaient très jeunes ou même sont nés pendant la guerre de 1870-71 qui a causé dans notre pays des misères et des deuils sans nombre et favorisé Téclosion de plusieurs épidémies fort graves. Les dépressions morales, en agissant sur les générateurs, ont pu créer des dégénérescences chez leurs enfants ; et les épidé-

mies de variole, de scarlatine, etc., en frappant les tout jeunes enfants, ont, sans aucun doute, causé quelques cas de surdi-mutité acquise. Du reste, en lisant attentivement le tableau III, on peut remarquer que, d'une manière générale, ce sont les départements envahis qui fournissent les plus grandes différences dans les moyennes. Il y a bien des exceptions, mais elles s'expliquent aisément par ce fait que le territoire tout entier, s'il n*a pas été envahi, a subi le contre-coup de l'invasion. A partir de 1892, on voit, chaque année, la moyenne décroître et devenir aussi faible que dans la période qui va de 1875 à 1885. Il faut en conclure que la surdimutité ne suit pas, dans notre pays, un accroissement constant, mais a plutôt une tendance à diminuer, si on fait abstraction des causes qui ont agi en 1870. Quelques départements cependant voient leur population sourde- muette augmenter. La Nièvre, la Corrèze. la Manche, etc. ont eu, de 1891 à 1898, des moyennes plus élevées que pendant la période de 1887 à 1890. La cause probable de cet accroissement réside dans ce fait que les femmes de ces régions vont en grand nombre se placer comme nourrices dans les grandes villes et laissent, à la garde des grands-parents, leurs enfants qui sont nourris au biberon et se trouvent ainsi dans des conditions hygiéniques défectueuses. En outre, l'Assistance publique de Paris envoie dans ces départements, surtout dans la Nièvre, la plus grande partie des enfants trouvés, qui sont élevés dans les familles, y grandissent et le plus souvent se marient dans le pays.

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