orteil plus petit que le *• des 3 catëi
Deuiiinie et foisiisina orteils détiés
Déviation des S* orteils en dedans
î.on
Hanisme
364 SURDI-MCTITÉ
pour lOO sujets des malformations observées, comprend, outre l'énumération nécessaire de ces malformations, six colonnes groupant les sujets par catégories, d'après leur développement intellectuel détermine par des notes pédagogiques rédigées par ie personnel de l'établissement et indépendamment de l'examen anatomique, et deux colonnes groupant les sujets d'après la date de l'apparition de la surdi-mutité.
Les six premières colonnes du tableau permettent de comparer la fréquence des diflérentes anomalies avec l'état intellectuel dos sujets. L'examen de 194 sujets est résumé dans cette partie du tableau. Les notes pédagogiques divisent ces 194 «ujets en six catégories suivant leur état intellectuel.
Le nombre moyen des anomalies pour ctiaque individu des six catégories pédagogiques n'est pas sans intérêt; il nous montre en effet que plus l'intelligence est faible, plus grand est le nombre des anomalies.
Nombre Nombre mojen
Gronpei d'aprii l'étit inlelleetnel. de sujets. c'ts tnamilies.
Bon 33 3.8*
Assez bon 38 3,83
Passable 53 4.M
Médiocre 42 4,57
Faible J9 4,81
Très faible 9 5,44
Les deux dernières colonnes du tableau résument la proportion des anomalies chez 190 sujets sur lesquels on a des renseignements relatirs é. la date de l'apparition de l'infirmité. Le nombre moyen des anomalies pour'ces deux catégories est aussi intéressant & relever :
Nombre Nombre majca
de& sujats. de* anomilios.
Surdi-mutité congénitale 93 4,49
Surdi-mutité acquise 9r 3,88
Il est bon de remarquer que si les sourds-muets congénitaux présentent plus de stigmates tératologiques, ils sont aussi en général moins intelligents ; le tableau suivant est fait d'après les notes pédagogiques.
Nombre des sujet» classée par ealégorie au point de eue înlellccluel
I I Auez I Pei- ]Hjdio-| I Tris
Bon bon ta|)l« ère Faibls Uble
Surdi-mutilé conRénitale Il 15 ^l S7 9 7
Surdi-mutité acquise I £0 ! £0 | 33 | 15 ! 8 I 1
9YMPT0MAT0L0G1E 365
On voit donc que d'une (ai;on générale, la surdi-mutité congénitale ou réputée telle, s'accompagne de stigmates tératologiques plus nombreux et d'un aflaibtiâsement intellectuel plus grand que la surdité non congénitale.
D'autre part, dans la généralité des sourds-muets, on observe d'autant plus de stigmates tératolo^iques que l'intelligence est plus faible.
De ces deux conclusions générales qui sont incontestables, on pourrait être tenté de tirer, comme déduction pratique, l'exclusion de l'enseignement supérieur des sourd s -muets, les sourdsmuets de naissance et les plus déformés. Cette déduction, cependant.n'est pas justifiée.car parmi les sourds-muets non|congénitaux et les mieux classés au pointde vue du développement intellectuel, nous trouvons un certain nombre d'individus qui présentent un nombre de stigmates tératologiques supérieur à la moyenne ; et parmi les sourds-muets de naissance les plus mal classés, On trouve des individus mieux conformés que la moyenne. On est donc réduit à conclure que si l'examen anthropologique peut servir d'appoint, lorsqu'il s'agit de juger de l'éducabilité, cet examen doit concorder avec des données d'un autre ordre.
L'anthropologie nous donne des renseignements tout juste aussi précis au point de l'éducabilité des sourds-muets qu'au point de vue de la criminalité.
Je n'ai pas recherché d'une façon méthodique ces stigmates de la dégénérescence chez les sourds-muets de rinstitut d'Asnières. Celte étude est assez délicate, les enfants devant être examinés tout nus ; je n'ai pas cru devoir la faire dans un élablissement qui n'est pas un hospice, mais bien une école. Cependant, le hasard m'a fait observer des faits assez curieux, non signalés parFéré, mais qui viennent à l'appui de son opinion. Les garçons de l'Institut d'Asnières portent des habits confectionnés à la Belle Jardinière. Le coupeur de cet établissement fut surpris, après avoir pris ses mesures, de l'extrême longueur des manches de nos élèves. Il
366 SDRDI-MUTITÊ
revint à Asnières, reprit ses mesures et constata que ■ 53 0/0 de ces enfants ont les bras plus longs que les entendants-partants de la même taille. Le total des allongements à faire aux manches pour 62 élèves fut de 1"875, soit en moyenne plus de C'DS par enfant. Chez quelques-uns d'entre eux, cet excès de longueur atteint 0-07.
Appareil visuel. — L'examen des organes de la vue des sourds-muets de l'Institut d'Asnières a été pratiqué par le D' Debierre, médecin oculiste de l'établissement. Malheureusement, ce dernier, atteint d'une maladie grave, n'a pu préparer un travail complet. Les notes qu'il avait prises ont été classées par le D' Caudron. Voici les résultats obtenus :
Nombre des élèves examinés i 188.
Anomalies de la réfraction :
Hypermétropes 96
Myopes .' 19
Astigmates hypermétropes 14
Astigmates myopes 3
Strabisme convergent il
Strabisme divergent 1
Nystagmus 1
Taies de la cornée 18
Kératite parenchymateuse 3
Synéchies postérieures 3
Vestiges de la membrane pupillaire 1
Rôtinite pigmentaire 1
Névrite optique 1
Décoloration des pupilles 2
Colobome congénital du nerj optique 1
Emergence anormale des vaisseaux I
Microphtalmos 1
BYMPTOMATOLOGIE 367
Tuberculose. — Itard avait remarqué que les sourdsmuets devenaient fréquemment phtisiques et conseillait, pour combattre cette prédisposition, des exercices physiques de toutes sortes et surtout des exercices d'articulation vocale. Plus tard, en 1847, Esquiros constate le même fait et l'attribue à l'absence de la parole qui s'accompagne d'un fonctionnement incomplet de l'appareil respiratoire. Urbanlschitsch pense que * la parole nécessitant une respiration active et par suite des mouvements énergiques du thorax, la poitrine des sourds-muets est moins développée, elle s'aplatit et ils sont prédisposés à la tuberculose » {'). Gellé écrit que « rahsence de cet exercice salutaire {la parole) prédispose le sourd-muet à la phtisie pulmonaire et laryngée. > En 1888, Causit (') fait une étude consciencieuse de cette question et dit que « les sourds-muets deviennent fréquemment phtisiques parce qu'ils sont ou dégénérés ou cachectiques et que, du fait de leur cachexie ou de leur dégénérescence, lis se trouvent en état d'infériorité vis-à-vis des agents pathogènes de la tuberculose, mais la privation de la fonction physiologique du langage ne peut que rester étrangère à la production de la tuberculose. »
Mygind ne croit pas à cette prédisposition du sourdmuet pour la phtisie pulmonaire, n Pendant de longues années, dit-il, de 1824 à 1839, un tiers des sourds-
P) Loc. cit., p. !9,
868 SURDI-MDTITÉ
muets des institutions de Copenhague mouraient de tuberculose; mais lorsque le nouvel établissement, en 1839, remplaça les vieux bâtiments qui étaient complètement dépourvus des aménagements hygiéniques les plus élémentaires, la mortalité diminua beaucoup et, en 1870, elle n'était pas plus élevée qne dans les écoles ordinaires. Cette prédisposition n'est donc pas réelle, elle est due aux mauvaises conditions hygiéniques dans lesquelles se trouvent souvent les sourdsmuets. « Kerr Love est du même avis et ne croit pas que les sourds-muets offrent un terrain tout préparé pour le développement des bacilles de Kocb.
Il me semble que les arguments de Mygind ne sont pas tout à fait irrésistibles. Il est incontestable qu'en améliorant les conditions hygiéniques, on diminue les causes de mortalité par maladies contagieuses ; mais il s'agit de savoir si des enfants normaux auraient succombé en aussi grand nombre dans les mêmes conditions. Il a certainement existé des pensionnats d'enfants normaux aussi peu hygiéniques que les institutions de sourds-muets citées par Mygind; si la tuberculose a pu y causer des décès, elle l'a fait dans des proportions moindres. Au contraire, lorsqu'il s"agit de sourds-muets, c'est presque toujours la tuberculose qui entraîne la mort et dans tous les pays. Si l'on consulte le tableau XÏI, où sont résumées les relations d'autopsies de sourds-muets, on voit que la cause de la mort est presque toujours la tuberculose sous ses dilTérent«s formes.
STMPTOUATOLOGtE S69
A l'Institut d'Asnières, depuis la fondation, en 1893, un seul décès s'est produit, il était dû à la tuberculose pulmonaire. D'autres enfants phtisiques ont dû, pou éviter la contagion, être renvoyés dans leur famille. Et cependant, les conditions sont aussi bonnes qu'on peut le désirer. La nourriture est saine et abondante. Des désinfections sont faites pour le moindre prétexte. Les professeurs ont des notions d'hygiène assez étendues. Dans les classes où, pour les exercices d'articulation, les doigts ou des instruments doivent être mis dans la bouche des enfants, il existe des cuvettes remplies d'une solution antiseptique dans lesquelles le maître lave ses mains ou les instruments toutes les fois qu'ils ont été souillés ; les planchers des classes sont lavés toutes les semaines avec des solutions de sublimé, etc. Des visites médicales ont lieu quatre fois par semaine; tous les enfants qui présentent le moindre malaise sont tenus de se rendre à la consultation, et chaque fois qu'une bronchite suspecte est révélée l'isolement est prescrit. MM. Piogey, Debierre et moi avons poussé jusqu'à l'exagération les prescriptions hygiéniques et tous ceux qui connaissent le distingué directeur, M. Baguer, savent avec quel soin il veille à l'exécution des moindres détails. Malgré toutes ces précautions, le nombre des tuberculeux est assez considérable ; il n'est peut-être pas plus élevé que dans les écoles ordinaires, mais les conditions hygiéniques de l'Institut d'Asnières sont bien meilleures. Les élèves des écoles communales rentrent tous les soirs dans leurs familles
270 smu)i-MunTÉ
où ils trouvent parfois des causes d'infection que n'ont pas nos petits sourds-muets, et, en outre, les classes des licoles ordinaires où les enfants crachent en toute liberté ne sont pas aussi souvent désinfectées que celles de l'Institut départemental d'Asnières.
Si nous n'avons pu empêcher complètement l'éclosion des cas de phtisie, c'est que plusieurs de nos sourds-muets portaient en eux le germe de cette affection. En se reportant au chapitre relatif aux dégénérescences (page 100), on peut voir que la tuberculose se rencontre fréquemment chez les ascendants des sourdsmuefs ; il n'est donc pas étonnant que cette maladie si fréquemment héréditaire, se constate aussi chez ces derniers. En outre, la surdi-mutité fait partie de la famille névropathique de Féré. Nous avons vu plus haut que la tuberculose fait de grands ravages dans cette famille dont la puissance biologique est diminuée et dont les membres offrent un terrain tout préparé pour les germes pathogènes. C'est en somme l'opinion émise par Causit dans son étude, en 1888.
Comme conclusion pratique, nous dirons que les sourds-muets étant, plus que les sujets normaux, pré disposés à contracter la tuberculose, devront être placés dans des conditions hygiéniques aussi bonnes que possible. Les dortoirs et les classes seront vastes et bien aérés, la nourriture saine et abondante. Une surveillance médicale de tous les instants dev)'a être exercée et les cas suspects seront rigoureusement isolés. On prendra toutes les précautions pour assurer
SYMPTOMATOLOGIE 271
Tantiseptie et la désinfection des locaux habités par les souras-muets et des objets dont ils se set'vent habituellement.
Stèbilité. — Certains auteurs, Lent, Wilhelmi, Mygind, ont prétendu que les mariages de sourdsmuets produisent relativement peu d'enfants. 1,75 à 2 par ménage; la statistique améncaine de M. E. A. Fay donne une moyenne de 2,21 par ménage. II faut rapprocher ce fait de la stérilité relative qu'on rencontre dans la faviille néoropathigne ; il met en évidence le défaut d'énergie embrj'ogénique de ces sujets. D'un autre côté, les mariages qui donnent naissance à des sourdsmuets sont habituellement très fertiles, ainsi qu'on a pu le voir plus haut, (page 44). Gomment concilier ces deux faits en apparence contradictoires? Je mécontente de les signaler.